AS­tras­bourg, Ro­landRies can­di­dat… « par­de­voir »

Alors­quel’UMPes­pè­re­re­pren­dreS­tras­bourg, Ro­landRies, le­mai­re­sor­tant PS, don­né­ga­gnant­dans­les­son­dages, mè­neu­ne­cam­pa­gne­tran­quille.

Le Parisien (Paris) - - Spécial municipales - STRAS­BOURG ( BAS- RHIN) De nos en­voyés spé­ciaux ROSALIE LU­CAS

Le coup de son­nette est ti­mide. Les pre­miers mots aus­si. « Bonjour… Je suis votre maire et je suis en cam­pagne. » Jeu­di soir, Ro­land Ries s’adonne au tra­di­tion­nel porte- à- porte élec­to­ral pour conser­ver Stras­bourg, sur la­quelle lorgne l’UMP. Le maire so­cia­liste et son écharpe rose semblent à peine oser dé­ran­ger. « Euh… tout va bien ? » lance- t- il dou­ce­ment à une des ha­bi­tantes. « Pas as­sez dy­na­mique » , s’in­quiètent cer­tains élus. « Ries a tou­jours été un homme tran­quille » , rec­ti­fie un proche. « Cha­cun son ca­rac­tère, confie le sé­na­teur. Je suis fon­da­men­ta­le­ment ré­ser­vé et je n’ai pas l’in­ten­tion de chan­ger. »

Le maire de 69 ans est, se­lon des membres mêmes de la ma­jo­ri­té, « par­ti à re­cu­lons » dans cette cam­pagne. Après sa vic­toire en 2008, l’an­cien pro­fes­seur de lettres avait as­su­ré qu’il ne se re­pré­sen­te­rait pas : « Le temps se­ra ve­nu pour d’autres de s’in­ves­tir. » Mais les « autres » n’ont pas su se mettre d’ac­cord. « J’avais pen­sé faire un seul man­dat, mais c’était une er­reur de l’avoir dit car ce­la a at­ti­sé la com­pé­ti­tion au­tour de moi » , jus­ti­fie Ries. De­vant les di­vi­sions du camp so­cia­liste, il se re­pré­sente donc « par de­voir » , comme il l’ex­plique dans une in­ter­view. Une for­mule qui, pour ses op­po­sants, sonne comme un manque d’en­train. « Pour­quoi pen­ser que le de­voir est une mau­vaise chose ? » s’agace Ries.

nL’im­po­pu­la­ri­té de Hol­lande

Pour unir son camp, le maire a dû don­ner des as­su­rances. En cas de vic­toire, Ro­bert Her­mann, son pre­mier ad­joint qui me­na­çait de se pré­sen­ter, au­ra la pré­si­dence de la com­mu­nau­té ur­baine. Jacques Bigot, l’ac­tuel pa­tron de cette der­nière, le poste de sé­na­teur que Ries lais­se­ra va­cant. « Mar­chan­dage » , « dis­tri­bu­tion des postes » , la droite ne s’est pas gê­née pour dé­non­cer ces ar­ran­ge­ments. « Ils sont em­bê­tés qu’on ait réus­si à trou­ver un ac­cord col­lec­tif so­lide, ré­pond l’un des ad­joints, Alain Fon­ta­nel, car au­jourd’hui les di­vi­sions sont chez eux. »

« Que la droite nous bran­disse comme une ville pre­nable, ça me mo­tive » , as­sure Ries, qui connaît très bien son ad­ver­saire, Fa­bienne Kel­ler, pour avoir été son pro­fes­seur au ly­cée. « Elle était brillante » , se sou­vient- il. Mais il de­vient plus mor­dant pour par­ler de celle qu’il a dé­jà af­fron­tée en 2008. « Pé­remp­toire » , « au­to­sa­tis­faite » , « sans pro­gramme » … Ries, pour l’ins­tant fa­vo­ri, se dit se­rein sur l’af­faire du tram­way de Ba­ma­ko : une en­quête est me­née sur l’at­tri­bu­tion par le con­seil mu­ni­ci­pal à des so­cié­tés pri­vées de contrats d’études sur la fai­sa­bi­li­té d’un tram­way dans la ca­pi­tale ma­lienne. Le maire a été en­ten­du en juin par la po­lice. « Il n’a ja­mais été convo­qué par le juge, sou­ligne un proche. Il n’y a rien contre lui. » En re­vanche, Ries ne cache pas son in­quié­tude face aux re­tom­bées de l’im­po­pu­la­ri­té de Fran­çois Hol­lande : « Cer­tains vou­dront sans doute lui adres­ser un mes­sage. » Le sé­na­teur es­père com- pen­ser grâce à son bi­lan et son fa­meux « Schwör­brief » . Cette lettre de ser­ment du Moyen Age est son éten­dard. Après son élec­tion en mars 2008, il y a consi­gné tous ses en­ga­ge­ments. « J’ai à peu près tout bien te­nu » , es­time- t- il en met­tant en avant les 18 000 lo­ge­ments construits. Cette fois, le can­di­dat in­sis­te­ra sur le « dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique et le rayon­ne­ment de Stras­bourg » . Il veut no­tam­ment rap­pro­cher les en­tre­prises des jeunes des quar­tiers.

« Nous sommes dé­jà al­lés frap­per à 1400 portes en une se­maine, rap­porte Fon­ta­nel. Notre ob­jec­tif, ce sont 25 000 portes d’ici au pre­mier tour. » Jeu­di soir, Ries a fait une ré­ponse ré­vé­la­trice à un ha­bi­tant lui de­man­dant un ren­dez- vous à la mai­rie. « Ve­nez me voir après l’élec­tion » , a lâ­ché le can­di­dat « par de­voir » … fi­na­le­ment confiant.

( LP/ Mat­thieu de Mar­ti­gnac.)

Stras­bourg ( Bas- Rhin), jeu­di soir. Ro­land Ries, le maire so­cia­liste sor­tant, s’adonne au tra­di­tion­nel porte- à- porte élec­to­ral.

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