Ro­ger Sif­fer, le caus­tique

Le Parisien (Paris) - - Spécial municipales - VALÉRIE HACOT

nLes élus se bous­culent à la Chouc

boeufs » ( « D’Hälft von de Po­li­ti­ker sin ke Ochse » , en al­sa­cien) af­fiche com­plet jus­qu’en avril. « On dit mer­ci à la cam­pagne mu­ni­ci­pale » , se ré­jouit Hé­lène, à la billet­te­rie. De quoi com­bler Ro­ger Sif­fer, 66 ans, le fon­da­teur de cette ins­ti­tu­tion qui vient de fê­ter ses 30 ans. Che­veux en ba­taille, yeux bleus pé­tillants d’in­tel­li­gence, cet Al­sa­cien est connu de tous les Stras­bour­geois. Et à l’ex­cep­tion de Fa­bienne Kel­ler, les élus se bous­culent à la Chouc. « Ries as­siste au spec­tacle en al­sa­cien. Gross­mann ( conseiller gé­né­ral UMP), qui pour­tant est bi­lingue, va dans la salle fran­çaise, Loos fait les deux. On a même eu la can­di­date FN » , dit Sif­fer en se si­gnant.

Eru­dit, pas­sion­né par l’his­toire de sa ré­gion, fervent dé­fen­seur de l’alsa- cien — lui qui, en­fant, ca­chait son bi­lin­guisme —, ce ti­tu­laire d’une « de­mi- maî­trise » de phi­lo­so­phie re­donne ses lettres de no­blesse à la sa­tire, ca­ba­ret ty­pi­que­ment al­sa­cien. Il veut faire clas­ser ce genre théâ­tral au Pa­tri­moine cultu­rel im­ma­té­riel de l’Unesco. « Le fest- noz bre­ton est clas­sé, nous aus­si sommes éli­gibles » , ar­gu­mente- t- il. Sur scène, avec ses huit co­mé­diens — dont sa femme, son fils au pia­no et sa fille à l’éclai­rage —, Sif­fer ne prend par­ti pour per­sonne. Dans les cou­lisses, en re­vanche, il ne cache pas ses convic­tions de gauche. Ries lui a d’ailleurs à plu­sieurs re­prises pro­po­sé de fi­gu­rer sur sa liste. Il a tou­jours dé­cli­né. Fai­seur de roi ? Ro­ger Sif­fer en ri­gole… avant de se ra­vi­ser : « J’ai­me­rais bien. Mais de roi, hein, pas de reine ! »

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