EnI­ta­lie, des­pa­tron­sen­vi­sa­gent­la­grè­ve­fis­cale

Le Parisien (Paris) - - Economie - ROME ( ITA­LIE) De notre correspondante FLORA ZANICHELLI

Fis­ca­li­té et bu­reau­cra­tie agacent bon nombre d’en­tre­pre­neurs ita­liens. Ils pré­voient de lan­cer, le 28 mars, deux re­cours en jus­tice contre les lois ita­liennes qui, se­lon eux, en­travent la li­ber­té d’en­tre­prendre. L’un au­près de la Cour consti­tu­tion­nelle ita­lienne, l’autre au­près de la Cour eu­ro­péenne. Les membres du ré­seau bap­ti­sé Oui, sau­vons l’Ita­lie n’hé­si­te­ront pas à al­ler plus loin en or­ga­ni­sant, par exemple, une grève fis­cale. Les sa­la­riés per­ce­vront leur sa­laire brut et pour­ront ain­si voir clai­re­ment le mon­tant des co­ti­sa­tions ver­sées à l’Etat ita­lien. Ce qui n’est pas le cas au­jourd’hui.

Né en mai 2012, en marge d’un fo­rum en­tre­pre­neu­rial, Oui sau­vons l’Ita­lie re­groupe au­jourd’hui 1,5 mil­lion d’en­tre­prises. « Tous les jours, de nou­veaux membres nous re­joignent » , ob­serve Mas­si­mo Co­lom­ban, homme d’af­faires et porte- pa­ro- le du mouvement. A la tête d’une di­zaine de start- up ita­liennes spé­cia­li­sées dans le bio­mé­di­cal et d’une en­tre­prise co­tée en Bourse, Mas­si­mo Co­lom­ban est le pro­to­type de l’en­tre­pre­neur lom­bard.

n La loi de fi­nances de 2014 en ligne de mire

Le mouvement hé­té­ro­clite at­tire aus­si des as­so­cia­tions de cher­cheurs. Nous ac­cueillons « tout ce qui peut per­mettre à l’Ita­lie de re­par­tir, sou­ligne Mas­si­mo Co­lom­ban. Nous ne sommes pas sec­taires. » Le point com­mun à ces adhé­rents? Tous sont prêts à en découdre avec la po­li­tique éco­no­mique ita­lienne qu’ils jugent in­adap­tée. Dans le col­li­ma­teur, entre autres, la len­teur bu­reau­cra­tique et la fis­ca­li­té trop éle­vée. « En Ita­lie, les en­tre­pre­neurs sont taxés à plus de 60%. Le pays est pri­son­nier : la de­mande n’est pas suf­fi­sante, sans comp­ter la si­tua­tion dra­ma­tique des jeunes, dont 40% sont au chô­mage. » Le ré­seau Prin­temps ita­lien des en­tre­prises, en ré­fé­rence au Prin­temps arabes. af­firme quant à lui que « la si­tua­tion de l’en­tre­prise en Ita­lie est une tra­gé­die sans fin. »

La loi de fi­nances de 2014 — dite loi de sta­bi­li­té — du gou­ver­ne­ment d’En­ri­co Let­ta qui pré­voit un dé­grè­ve­ment fis­cal à hau­teur de 14,6 Mds€ sur trois ans, de­vrait cal­mer la co­lère de ces pa­trons. « Ce n’est pas suf­fi­sant, af­firme Mas­si­mo Co­lom­ban. Tous les jours, il y a des en­tre­pre­neurs qui mettent la clé sous la porte, qui ne savent pas com­ment payer leurs em­ployés. La si­tua­tion des en­tre­prises de moins de 10 sa­la­riés, sur­tout, est in­quié­tante. »

Le pré­sident de Con­fin­dus­tria, la con­fé­dé­ra­tion de l’in­dus­trie ita­lienne, s’était mon­tré lui aus­si très cri­tique à l’égard de la loi de sta­bi­li­té, ju­geant, lors d’une confé­rence sur l’Ex­po­si­tion uni­ver­selle de Mi­lan, qu’en Ita­lie, « le monde de l’en­tre­prise tou­chait le fond » .

( DR.)

Por­de­none ( Ita­lie), ven­dre­di. Mas­si­mo Co­lom­ban et d’autres membres du ré­seau Oui, sau­vons l’Ita­lie mi­litent pour l’an­nu­la­tion de lois, es­ti­mant qu’elles en­travent la li­ber­té d’en­tre­prendre.

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