Trè­schers­con­cours !

C’est en ce­mo­ment­quedes di­zaines de mil­liers de­ly­céens et d’étu­diants s’ins­crivent aux concours. Mieux vaut alors pré­voir un­bud­get consé­quent

Le Parisien (Paris) - - Société - CHRISTEL BRIGAUDEAU

Il a si­gné sans dis­cu­ter, mais l’ad­di­tion lui reste en tra­vers de la gorge. Ce mois- ci, Geof­froy a dé­pen­sé 1 675 € pour ins­crire sa fille aux concours des écoles de com­merce qu’elle pas­se­ra au prin­temps, à l’is­sue de sa deuxième an­née de classe pré­pa­ra­toire éco­no­mique. Cette étu­diante, qui pos­tule à 18 éta­blis­se­ments, n’est pas un cas à part. Dans tous les do­maines d’études, à tous ni­veaux, ils sont des di­zaines de mil­liers de jeunes à mul­ti­plier ain­si leurs chances aux concours… et leurs pa­rents à mettre la main au por­te­feuille. A en croire les es­ti­ma­tions des spé­cia­listes, les jeunes qui rêvent de ma­na­ge­ment pré­sen­te­ront « une di­zaine d’écoles » cette an­née, pour un coût d’ins­crip­tion es­ti­mé entre 1 200 et 1 500 €.

Beau­coup de fa­milles voient dans ces cur­sus un moyen d’échap­per à la « rou­lette russe » de l’uni­ver­si­té, où se forment plus de la moi­tié des ba­che­liers en France, mais où l’échec est très pré­sent. Se­lon les chiffres du mi­nis­tère de l’En­sei­gne­ment su­pé­rieur, « seul 1 étu­diant sur 2 passe di­rec­te­ment en deuxième an­née de li­cence » et un quart aban­donne car­ré­ment les études après un échec à la fac. Ils sont donc nom­breux à s’orien­ter vers les écoles.

nLes frais s’ac­cu­mulent

Pas d’ar­gent ? Pas de choix ! L’adage ne concerne pas que les élites éco­no­miques. Les as­pi­rants aux ins­ti­tuts d’études po­li­tiques, les élèves des écoles d’art, d’in­gé­nieurs, d’in­for­ma­tique, de jour­na­lisme ou en­core de ki­né­si­thé­ra­pie connaissent les mêmes pres­sions fi­nan­cières. D’au­tant que, au bud­get des ins­crip­tions, s’ajou­te­ront ce prin­temps les billets de train, les fac­tures d’hô­tel et autres frais en­ga­gés pour le né­ces­saire tour de France des oraux, deuxième pas­sage obli­gé des forts en thème ad­mis­sibles dans plu­sieurs éta­blis­se­ments. Une fois les jeunes re­çus dans une école vien­dra le mo­ment de pa­ra­pher un troi­sième chèque : ce­lui des frais de sco­la­ri­té. Soit 9 000 € par an, en moyenne, dans le pri­vé.

Pour adou­cir ce coup de poi­gnard à un sys­tème mé­ri­to­cra­tique dé­jà plus mort que vif, beau­coup de con­seils d’ad­mi­nis­tra­tion ont vo­té la gra­tui­té des épreuves pour les can­di­dats bour­siers. « Cette an­née, nous en au­rons 27 % dans notre concours, dé­taille Jacques Cha­niol, le dé­lé­gué gé­né­ral d’Ecri­come, une banque d’épreuves qui re­groupe 4 grandes écoles de com­merce. Cette gra­tui­té re­pré­sente des sommes im­por­tantes, de l’ordre d’ 1 M€ pour nous. Elle per­met aux élèves les plus mo­destes de se pré­sen­ter à tous les concours. »

Ceux qui ne bé­né­fi­cient ni d’aides d’Etat ni de pa­rents for­tu­nés doivent, eux, faire des choix. « C’est de toute fa­çon inu­tile de tout pas­ser, plaide Jacques Cha­niol. Ce se­rait s’ache­ter une fausse as­su­rance contre l’échec. » Fausse, peut- être, mais tellement ras­su­rante.

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