« Des­vio­len­ces­pa­roxys­tiques »

Ma­ry­li­neBal­deck, dé­lé­guée­gé­né­ra­le­del’As­so­cia­tio­neu­ro­péenne contre­les­vio­lences fai­te­saux­fem­me­sau­tra­vail

Le Parisien (Paris) - - Faits divers - L. C.

Le pro­cès de Re­né Schem­bri, le ma­ri de Co­lette, est ex­cep­tion­nel « parce qu’il est ra­ris­sime que des femmes vic­times d’une telle vio­lence soient en­core phy­si­que­ment et psy­chi­que­ment ca­pables d’en té­moi­gner, ou même qu’elles y sur­vivent » , té­moigne Ma­ry­line Bal­deck, de l’As­so­cia­tion eu­ro­péenne contre les vio­lences faites aux femmes au tra­vail ( AVFT), qui ac­com­pagne Co­lette. En France, une femme meurt sous les coups de son conjoint tous les deux jours et de­mi. Ce qui si­dère pour le cas de Co­lette, c’est le nombre d’an­nées qu’au­ra du­ré son em­prise : trente- deux ans. « C’est un dos­sier ty­pique de ce point de vue, avec chan­tage af­fec­tif, au­to­con­trôle, dé­pen­dance éco­no­mique et pri­va­tion de toute in­ter­ac­tion so­ciale, mais avec des vio­lences qui at­teignent un point pa­roxys­tique. » La Com­mis­sion d’in­dem­ni­sa­tion des vic­times d’in­frac­tions ( NDLR : le ma­ri de Co­lette étant in­sol­vable) a d’ailleurs pris une dé­ci­sion rare : non seule­ment elle n’a pas at­ten­du le ver­dict pour in­dem­ni­ser Co­lette, mais elle est pas­sée outre la pres­crip­tion — dix ans en ma­tière de crime —, re­con­nais­sant les trente- deux ans de vio­lences, es­ti­mant que, « du fait de sa re­la­tion, de sa per­son­na­li­té et celle de son ma­ri » , Co­lette ne pou­vait pas y mettre un terme plus tôt. Reste un der­nier com­bat : compte te­nu du fait que les sé­vices in­fli­gés étaient tou­jours sui­vis d’actes sexuels, l’avo­cat de Co­lette de­man­de­ra que soient re­qua­li­fiés une par­tie des faits en « viols pré­cé­dés de tor­tures et actes de bar­ba­rie » . Re­né Schem­bri se­rait alors pas­sible de la per­pé­tui­té.

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