LaF­ran­ceest- el­le­vrai­ment­sur­le­bon­che­min?

Le Parisien (Paris) - - Sports - OLIVIER FRAN­ÇOIS

C’est un peu comme une éclair­cie entre deux nuages, ou des éclairs dans un ciel d’orage. Contre l’An­gle­terre le week- end der­nier, c’était un coup de fo­lie à trois mi­nutes de la fin conclu par Gaël Fi­ckou. Face à l’Ita­lie, trois ins­pi­ra­tions, une de Pi­ca­moles et deux de Fo­fa­na. Dans les deux cas, la vic­toire a cou­ron­né ces faits d’armes et c’est dé­jà beau­coup en à peine plus d’une se­maine, au­tant que dans toute l’an­née 2013 ( 2 suc­cès en 11 ren­contres). Mais il ne fau­drait pas ou­blier tout le reste : de longues mi­nutes de pas­si­vi­té et l’ab­sence d’un jeu vé­ri­ta­ble­ment construit. Alors, les Bleus sont- ils sur la bonne voie ? Même si le ré­sul­tat est bon, la ma­nière, elle, laisse à dé­si­rer. Hier, contre l’Ita­lie, les Bleus n’ont pas le­vé les doutes qui planent sur leurs ca­pa­ci­tés à pro­duire un jeu co­hé­rent et ef­fi­cace. « On a vu une in­ter­cep­tion et un es­sai de ra­pine de Fo­fa­na, confie Alain Pe­naud, ex- ou­vreur des Bleus. Si­non, on ob­serve une in­ca­pa­ci­té à te­nir le bal­lon. Il n’y a rien de très fluide dans les trans­mis­sions. Il y a quelque chose qui ne fonc­tionne pas dans la construc­tion du jeu. Comme il y a de l’ef­fi­ca­ci­té et de la réus­site, ça peut suf­fire néan­moins pour ga­gner le Tour­noi ou même réa­li­ser le Grand Che­lem, mais on at­tend tou­jours ce­lui qui sau­ra his­ser la qua­li­té du jeu des Bleus au ni­veau des meilleures na­tions du monde. » Pierre Ville­preux, an­cien ar­rière puis sé­lec­tion­neur, est sur la même ligne : « Ce match n’a pas ré­so­lu les pro­blèmes ré­cur­rents du jeu des Tri­co­lores. Ce qui est gê­nant, c’est que l’on a vu plus de co­hé­rence chez les Ita­liens. Il ne faut pas se trom­per, par­fois les bons ré­sul­tats sont de faux amis. On peut al­ler battre les Gal­lois chez eux ( NDLR : le 21 fé­vrier), puis faire le Grand Che­lem, mais ça ne chan­ge­ra pas le fond des choses. » Dans l’en­tou­rage des Bleus, per­sonne ne pa­voise, mais les vi­sages s’éclairent en évo­quant l’ave­nir. « On sait qu’on a gran­di, ex­plique Pa­trice La­gis­quet, l’en­traî­neur ad­joint char­gé des trois­quarts. Tous les pe­tits trucs qui nous man­quaient se mettent en place. L’échéance qui nous at­tend au Pays de Galles peut nous per­mettre de fran­chir un cap, de ga­gner en ma­tu­ri­té. » « Nous sommes dans une vraie pro­gres­sion, confirme Yan­nick Bru, res­pon­sable des avants. C’est une étape de plus. Nous res­tons dans notre dy­na­mique d’en­thou­siasme et d’hu­mi­li­té. » Le pi­lier Tho­mas Do­min­go, qui a par­ti­ci­pé au Grand Che­lem en 2010, trouve des si­mi­li­tudes dans la si­tua­tion ac­tuelle : « Il y a la même flamme. La vic­toire donne confiance et ap­pelle d’autres suc­cès. » Les Gal­lois confir­me­ront ses dires… ou non.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.