« Je me­suis sen­ti pié­gé »

Ma­nuel Cruz, au­to­mo­bi­liste

Le Parisien (Paris) - - Le Fait Du Jour - C. C., E. L. M., L. L. F ET L. G.

« En gé­né­ral, je prends les trans­ports en com­mun. Là, je de­vais faire des achats, j’ai donc loué une ca­mion­nette. Mais ça a été une ca­tas­trophe… » Ma­nuel Cruz, 41 ans, ha­bi­tant de Rueil- Mal­mai­son ( Hauts- de- Seine), se sou­vien­dra de ce lun­di noir. Son pé­riple a com­men­cé à 9 heures, à son dé­part de La Dé­fense ( Hauts- de- Seine) puis sur les quais de la Seine, où il s’est re­trou­vé dans les em­bou­teillages jus­qu’à son ar­ri­vée porte de Clichy à 11 heures. « On a été blo­qué pen­dant deux bonnes heures au lieu d’un tra­jet de vingt mi­nutes ha­bi­tuel­le­ment » , in­dique- t- il, à nou­veau à l’ar­rêt de­vant un bar­rage de taxis, porte Maillot, à 13 heures. « Je me suis sen­ti pié­gé » , en­rage- t- il.

« C’était com­plè­te­ment blo­qué »

Alexandre, 43 ans. « Je suis par­ti de Com­piègne ( Oise), où j’ha­bite, à 7 heures. Je de­vais être opé­ra­tion­nel à 10 heures à Clichy ( Hauts- de- Sei- ne). Mais je ne suis ar­ri­vé qu’à 11 h 50, soit après presque cinq heures de tra­jet ! C’était com­plè­te­ment blo­qué. Je ne sa­vais pas pour­quoi les taxis fai­saient grève, je l’ai ap­pris plus tard. Mais c’est scan­da­leux de faire ça. »

« 2 h 30 pour faire 13 km »

Lau­rence, 45 ans. La grève des taxis, dès di­manche, j’étais au cou­rant. Pas de pa­nique donc ! Juste un chan­ge­ment d’iti­né­raire pour évi­ter le pé­riph. Me voi­là au vo­lant de ma voiture à 8 h 20, quit­tant Boulogne ( Hautsde- Seine) pour ga­gner Saint- Ouen ( Seine- Saint- De­nis) en em­prun­tant les quais. Mais à Le­val­lois, plus pos­sible d’avan­cer. Qua­rante- cinq mi­nutes pour fran­chir un sou­ter­rain… A peine 500 m. A 10 heures, j’at­teins pé­ni­ble­ment Clichy et… ses bou­chons. Ré­sul­tat : 2 h 30 pour faire 13 km.

« Le pé­ri­phé­rique fi­gé comme ra­re­ment »

Clément, 23 ans. « Il est 9 h 15 quand je pars de mon do­mi­cile de Mont- martre ( Pa­ris XVIIIe) pour me rendre à Cré­teil ( Val- de- Marne). A 9 h 20, je suis blo­qué sur le bou­le­vard Or­na­no. Le sup­plice ne fait que com­men­cer. A 10 h 20, je m’en­gage en­fin sur le pé­ri­phé­rique, fi­gé comme ra­re­ment. Les chauf­feurs de taxi ont ins­tal­lé un bar­rage fil­trant porte de la Cha­pelle, ne lais­sant pas­ser les vé­hi­cules que sur la voie de gauche. En ar­ri­vant à leur hau­teur, les plus aga­cés glissent aux fau­teurs de trouble quelques mots qui ne res­semblent guère à des en­cou­ra­ge­ments. A 11 h 15, me voi­là au ni­veau de la porte de Pan­tin. La cir­cu­la­tion est un peu plus fluide, et je me sur­prends à voir l’ai­guille cha­touiller le 20. L’es­poir re­naît… mais dis­pa­raît quinze mi­nutes plus tard. A 11 h 30, de nou­veau à l’ar­rêt, je suis per­cu­té par un au­to­mo­bi­liste in­at­ten­tif. Iro­nie du sort, c’est un chauffeur de VTC sans client. Ar­ri­vée à Cré­teil à 12 h 10. Trois heures de tra­jet au lieu de qua­rante mi­nutes. Et un ren­dez- vous chez le car­ros­sier.

( LP/ Ar­naud Du­mon­tier.)

Pé­ri­phé­rique pa­ri­sien, porte Maillot ( Pa­ris XVIIe), hier. A l’un des points de blo­cage mis en place par les taxis, des au­to­mo­bi­listes tentent tant bien que mal de se fau­fi­ler.

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