Un dî­ner d’etat, quelle af­faire !

Fran­çois Hol­lande et Ba­rack Oba­ma­se­ront ce soir àla Mai­son- Blanche pour un­dî­ner d’ap­pa­rat. Pré­pa­rer le plan de table, avec un­pré­sident cé­li­ba­taire, aé­té un­casse- tête…

Le Parisien (Paris) - - Politique - WA­SHING­TON ( ÉTATS- UNIS) De notre en­voyé spé­cial ERIC HACQUEMAND

De­vine qui vient dî­ner ce soir ? Fran­çois Hol­lande et plus de 300 autres in­vi­tés… C’est l’un des prin­ci­paux temps forts de la vi­site d’Etat du pré­sident fran­çais ar­ri­vé hier aux Etats- Unis pour un dé­pla­ce­ment de trois jours : la somp­tueuse ré­cep­tion que Mi­chelle et Ba­rack Oba­ma offrent au « Fren­chy » à la Mai­son- Blanche. La crème du pro­to­cole amé­ri­cain, qui fait dé­jà cou­ler beau­coup d’encre. Ce dî­ner po­li­ti­co­mon­dain, en­tiè­re­ment pla­cé sous la di­rec­tion de Mi­chelle Oba­ma, a une sa­veur par­ti­cu­lière. D’abord parce que la presse amé­ri­caine bruisse de ru­meurs sur les ten­sions que tra­ver­se­rait son couple pré­si­den­tiel ( lire

en­ca­dré). C’est en­suite le pre­mier en l’hon­neur de Hol­lande, et le pre­mier dî­ner de ce rang de­puis la ré­élec­tion de Ba­rack Oba­ma fin 2012. Le pré­sident amé­ri­cain a en ef­fet mis la pé­dale douce sur ces agapes : à près de 400 $ la bou­teille de ca­ber­net sau­vi­gnon, pas ques­tion de les mul­ti­plier, même si la re­prise éco­no­mique est au ren­dez- vous. Néan­moins, au me­nu ce soir, du ca­viar amé­ri­cain, une sa­lade d’hi­ver, ca­rottes et ra­dis ve­nant du po­ta­ger de Mi­chelle Oba­ma, des côtes de boeuf et un des­sert ha­waiien au cho­co­lat. « Ce n’était pas fa­cile, ad­met Bill, pâ­tis­sier de la Mai­son Blanche, car Mme Oba­ma vou­lait un des­sert rap­pe­lant l’ami­tié fran­coa­mé­ri­caine et les Fran­çais de la cui­sine de chez nous » . Au fi­nal, un re­pas de syn­thèse, ar­ro­sé de vin ca­li­for­nien, qui va for­cé­ment plaire à Francois Hol­lande.

Une tren­taine d’in­vi­tés fran­çais au­tour du pré­sident

Les convives ont été triés sur le vo­let. Surtout les Fran­çais : seuls une pe­tite tren­taine de chan­ceux, comme Pierre Gat­taz, pa­tron du Me­def, et Anne Lau­ver­geon, ex- pa­tronne d’Are­va dé­sor­mais char­gée d’une mis­sion sur l’in­no­va­tion, et les huit mi­nistres qui suivent le pré­sident sont at­ten­dus ce soir sur la pe­louse sud de la Mai­son- Blanche, sous une tente amé­na­gée. Des pa­trons, des do­na­teurs proches du couple pré­si­den­tiel et même des stars, comme Brad­ley Cooper, sont an­non­cés.

Le pro­to­cole amé­ri­cain a eu quelques sueurs froides. Et pas seule­ment par crainte de ne pas être à la hau­teur des stan­dards gas­tro­no­miques fran­çais… Se­lon le « New York Times » , « les re­bon­dis­se­ments » de la vie sen­ti­men­tale du pré­sident fran­çais ont ren­du le pro­to­cole « ner­veux » . Il a ain­si fal­lu dé­truire et ré­im­pri­mer les in­vi­ta­tions. Sur les nou­velles en l’hon­neur de son « Ex­cel­lence » Francois Hol­lande, le nom de Va­lé­rie Trier­wei­ler a dis­pa­ru… Le pro­to­cole s’est même de­man­dé si une autre femme, Ju­lie Gayet en l’oc­cur­rence, pren­drait la place de Trier­wei­ler. Conclu­sion : « She will not…

( NDLR : Elle ne le fe­ra pas) » . Du coup, ce soir, le pré­sident cé­li­ba­taire se­ra seul pour ac­cueillir, au cô­té du couple Oba­ma, tous les in­vi­tés. Certes, ce n’est pas la pre­mière fois que la Mai­son- Blanche doit s’adap­ter aux af­faires de coeur des Fran­çais. En no- vembre 2007, Ni­co­las Sar­ko­zy, sé­pa­ré de Cé­ci­lia, s’était pré­sen­té seul au dî­ner d’Etat of­fert par George W. Bush. Mais, ce soir, quelle Fran­çaise s’as­sié­ra à la table d’Oba­ma ? Au sein de la dé­lé­ga­tion fran­çaise, le sus­pense est tor­ride. Ni­cole Bricq ? « Son an­glais n’est pas ter­rible » , glisse- t- on à l’Ely­sée, même si la mi­nistre du Com­merce ex­té­rieur est la plus haut pla­cée dans l’ordre pro­to­co­laire. Il y a aus­si Ge­ne­viève Fio­ra­so ( Re­cherche). « Fran­che­ment, une autre femme, quelle qu’elle soit, ça fait plan B… » sou­pire un conseiller mi­nis­té­riel. Aux der­nières nou­velles, l’an­glo­phone Fleur Pel­le­rin ( Eco­no­mie nu­mé­rique) tien­drait la corde. Un vrai casse- tête di­plo­ma­tique… D’au­tant que le pro­to­cole veut qu’après les toasts en hom­mage à l’ « ami­tié fran­co- amé­ri­caine » vienne le spec­tacle mu­si­cal.

Ma­ry J. Blige va chan­ter

Après avoir pen­sé un mo­ment à La­dy Ga­ga, c’est fi­na­le­ment la chan­teuse Ma­ry J. Blige, ten­dance R’n’B, qui a été re­te­nue pour mettre le feu au dan­ce­floor pen­dant une ving­taine de mi­nutes. En sus­ci­tant quand même des in­ter­ro­ga­tions. « De­vrai­ton dan­ser si l’in­vi­té d’hon­neur, au sta­tut ro­man­tique com­pli­qué, n’a per­sonne comme ca­va­lière ? » se de­mande le « New York Times » . Fran­çois Hol­lande, de sur­croît, n’est pas ré­pu­té pour son jeu de jambes : lors du dî­ner d’Etat en Afrique du Sud en oc­tobre der­nier, il avait en­voyé Laurent Fa­bius re­pré­sen­ter la France sur la piste de danse. Wal­ter Scheib, l’an­cien chef de pro­to­cole de la Mai­sonB­lanche, voit d’ici les com­men­taires : « Si Fran­çois Hol­lande de­mande à Mi­chelle Oba­ma de dan­ser avec lui, ça va faire la une de tous les ta­bloïds : Un Fran­çais ren­verse la pre­mière dame ! »

( AFP/ Jewel Sa­mad.) ( AFP/ Man­del Ngan.)

Base mi­li­taire d'Andrews, hier soir. Fran­çois Hol­lande et Ba­rack Oba­ma s’ap­prêtent à mon­ter dans l’avion pré­si­den­tiel Air Force One. La Mai­son- Blanche, hier. Le plan de table du dî­ner qui a lieu ce soir en l’hon­neur de Fran­çois Hol­lande a été dé­voi­lé aux mé­dias.

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