Dans le se­cret du bureau de Ca­ze­neuve

Le Parisien (Paris) - - Economie - BRU­NO MAZURIER

La mi­nistre du Lo­ge­ment, Cé­cile Du­flot, fut la pre­mière, lun­di 3 fé­vrier et elle avait ap­por­té des cho­co­lats. Le len­de­main, ce fut au tour d’Ar­naud Mon­te­bourg, mi­nistre du Re­dres­se­ment pro­duc­tif, puis de JeanYves Le Drian ( Dé­fense), de Ma­ry­lise Le­bran­chu ( Fonc­tion pu­blique) et en­fin de Mi­chel Sapin ( Tra­vail)… De­puis la se­maine der­nière et pen­dant en­core une di­zaine de jours, le mi­nistre du Bud­get, Ber­nard Ca­ze­neuve, re­çoit tous ses col­lègues du gou­ver­ne­ment pour dis­cu­ter « gros sous » . Car le gou­ver­ne­ment a deux mois pour trou­ver où et comment éco­no­mi­ser 50 Mds€ d’ici à 2017. Tra­di­tion­nel­le­ment me­nées au prin­temps, ces « bi­la­té­rales » ont com­men­cé plus tôt cette an­née. « Il n’y a pas de temps à perdre. Nous vou­lons al­ler vite mais surtout plus en pro­fon­deur » , ex­plique- t- on dans l’en­tou­rage du mi­nistre. Et d’ajou­ter : « Ce­la doit per­mettre aus­si aux mi­nistres d’ap­por­ter leurs pro­po­si­tions. Ber­nard Ca­ze­neuve ne va pas al­ler cher­cher ces éco­no­mies avec les dents. Il a une ap­proche plus di­plo­ma­tique, mais non moins ef­fi­cace qu’avant ! » Une ré­fé­rence à son pré­dé­ces­seur, Jé­rôme Ca­hu­zac, qui as­si­mi­lait ces dis­cus­sions à un match de boxe ? Sou­rires…

Tra­vail au long cours

Les réunions ont lieu « à do­mi­cile » , dans le propre bureau de Ca­ze­neuve, au 5e étage de Ber­cy. Ce ma­tin- là, entre l’im­mense baie vi­trée avec vue sur Seine, ta­pis­se­rie mu­rale et dé­co Em­pire, le mi­nistre de l’In­té­rieur, Ma­nuel Valls, fait face au maître des lieux. Au­tour de la table, une di­zaine de conseillers mi­nis­té­riels. Trois heures plus tôt, Ber­nard Ca­ze­neuve avait re­çu Ge­ne­viève Fio­ra­so, la mi­nistre de l’En­sei­gne­ment su­pé­rieur et de la Re­cherche. L’en­tre­tien avait du­ré une heure. Moins long­temps que pré­vu. « Mais n’y voyez pas un signe de désac­cord entre les deux mi­nistres, bien au contraire » , pré­vient- on à Ber­cy. Avec le pre­mier flic de France, la réu­nion dure trois quarts d’heure. A la sor­tie, les deux hommes res­te­ront plus que dis­crets sur sa te­neur. « C’est confi­den­tiel. L’art de gou­ver­ner né­ces­site le se­cret des dis­cus­sions » , tranche Ma­nuel Valls, pré­ci­sant être convain­cu que « des éco­no­mies peuvent être faites en mu­tua­li­sant des vé­hi­cules ou les forces d’hé­li­co­ptères de la gen­dar­me­rie et de la sécurité ci­vile » . Au pas­sage, l’oc­cu­pant de la place Beau­vau ne manque pas de rap­pe­ler « la forte at­tente de sécurité » des Fran­çais. Un sec­teur qui, avec ce­lui de l’Edu­ca­tion et de la Jus­tice, fait par­tie des prio­ri­tés af­fi­chées par l’exé­cu­tif. Les rap­ports entre les deux hommes ? « Il est ferme, sa mis­sion est dif­fi­cile, lâche Ma­nuel Valls à pro­pos de son col­lègue du gou­ver­ne­ment. Mais nous sommes amis et son hu­mour fait le reste… » « On ne construit pas un bud­get en fai­sant du bo­dy­buil­ding po­li­tique, ajoute en écho Ber­nard Ca­ze­neuve. Ces réunions sont très pré­pa­rées, c’est un tra­vail au long cours, mé­ti­cu­leux. »

Pa­ris, le 6 fé­vrier. Ber­nard Ca­ze­neuve a re­çu Ma­nuel Valls pour par­ler ré­duc­tion de bud­get. « Il est ferme, sa mis­sion est dif­fi­cile » , té­moigne le mi­nistre de l’In­té­rieur.

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