Par­lez- vous le Web des jeunes ?

Si vous vous sen­tez per­du de­vant un tex­to de votre en­fant, faute de com­prendre ce qu’il veut dire par « wsh » ou « yo­lo » , vous êtes loin d’être seul dans ce cas.

Le Parisien (Paris) - - Société - AY­ME­RIC RENOU

Lire une conver­sa­tion entre deux ados sur un ré­seau so­cial, c’est un peu comme re­gar­der une chaîne cryp­tée sans dé­co­deur. Les pa­rents ont beau es­sayer de res­ter co­ol et de gar­der l’es­prit jeune, un épais brouillard d’in­com­pré­hen­sion les em­pêche de bien cap­ter. Une étude*, pu­bliée au­jourd’hui par Club Pen­guin, le ré­seau so­cial de di­ver­tis­se­ment pour en­fants de Dis­ney, et réa­li­sée par le ca­bi­net d’études l’Ins­ti­tut des ma­mans à l’oc­ca­sion de la Jour­née eu­ro­péenne pour un In­ter­net plus sûr, ré­vèle que ce n’est pas seule­ment le lan­gage nu­mé­rique des ados mais aus­si ce­lui des en­fants de 9 à 12 ans que les plus grands ont bien du mal à dé­chif­frer.

Pa­rents pau­més

Ce n’est pas du chi­nois, mais ce­la y res­semble puisque 72 % des pa­rents re­con­naissent com­prendre moins de la moi­tié des mots uti­li­sés cou­ram­ment par leurs en­fants sur le Web, via les ré­seaux so­ciaux ou par té­lé­phones mo­biles in­ter­po­sés. Plus in­quié­tant, moins d’un mot né­ga­tif sur cinq est cor­rec­te­ment per­çu par les adultes, alors que leur pro­gé­ni­ture est dé­sor­mais ac­cro aux ou­tils nu­mé­riques, 91 % des 6- 8 ans et la qua­si- to­ta­li­té des 9- 12 ans ( 99,6 %) ayant une ac­ti­vi­té sur In­ter­net. Heu­reu­se­ment, 98 % des pa­rents dis­cutent avec leur en­fant de ce qu’il fait sur In­ter­net et 7 sur 10 contrôlent sys­té­ma­ti­que­ment leur ac­ti­vi­té en ligne.

Què­sa­co ?

Ce lan­gage bien à eux est un sa­vant mé­lange d’abré­via­tions, de smi­leys et d’ex­pres­sions gla­nées dans la cour de ré­créa­tion. Neuf pour cent seule­ment des pa­rents savent par exemple que « chil­ler » si­gni­fie « prendre du bon temps » ou que « gb » veut dire « gros Bill » , terme pé­jo­ra­tif pour dé­si­gner quel­qu’un de trop ar­ro­gant. Les rac­cour­cis et abré­via­tions sont lé­gion dans les mes­sages échan­gés sur Fa­ce­book et consorts. Le dé­sor­mais clas­sique « wesh » s’écrit « wsh » , « tfk » sert à de­man­der ra­pi­de­ment « tu fais quoi ? » « mdr » se tra­duit en « mort de rire » et « yo­lo » est le « carpe diem » mo­derne, « you on­ly live once » en an­glais ou « on ne vit qu’une seule fois » en fran­çais.

Le re­gistre de l’in­sulte est tout aus­si fleu­ri que bref, le très em­ployé « fdp » ( « fils de ... » ) n’étant com­pris que par 27 % des pa­rents, ou en­core le verbe « bit­cher » ( dire du mal de quel­qu’un) par 31 % des pa­rents.

Pas de pa­nique

Ne pas com­prendre un mot de ce dia­lecte en constante évo­lu­tion n’a rien de dra­ma­tique. Une bonne dose de vigilance agré­men­tée de beau­coup de dia­logue suf­fisent sou­vent à désa­mor­cer les risques. « La so­lu­tion du lo­gi­ciel de contrôle pa­ren­tal n’est pas suf­fi­sante, conseille So­phie Pen­vern- Cortes, di­rec­trice des études de l’Ins­ti­tut des ma­mans. Il est im­pé­ra­tif de créer une re­la­tion de confiance avec les plus jeunes, sans les es­pion­ner. Il faut leur faire com­prendre, surtout entre 9 et 12 ans, leur res­pon­sa­bi­li­té à em­ployer des mots et des termes qui peuvent pa­raître cho­quants pour d’autres, dans la vraie vie comme sur les plates- formes vir­tuelles. On n’in­sulte pas quel­qu’un dans la rue, on ne le fait pas non plus sur un ré­seau so­cial. » * En­quête en ligne réa­li­sée par l’Ins­ti­tut des ma­mans pour Club Pen­guin au­près d’un échan­tillon re­pré­sen­ta­tif de 500 pa­rents d’en­fants âgés de 6 à 12 ans du 18 au 26 dé­cembre 2013. Plus de 20 000 fian­cés de 24 pays ont ré­pon­du à l’ap­pel du pape Fran­çois pour ve­nir pas­ser la Saint- Valentin avec lui au Va­ti­can le 14 fé­vrier. Cette ren­contre, or­ches­trée par le Conseil pon­ti­fi­cal de la fa­mille, au­ra lieu place SaintPierre et comp­te­ra no­tam­ment 300 amou­reux ve­nus de France. L’un des deux ré­ac­teurs de la cen­trale nucléaire de Fla­man­ville ( Manche), qui a été ar­rê­té sa­me­di à la suite d’un pro­blème de moins de deux se­condes sur le ré­seau, a pu re­dé­mar­rer di­manche soir. Le se­cond était lui tou­jours à l’ar­rêt hier soir. Au­cune date n’a été four­nie pour le re­dé­mar­rage.

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