« Il vou­lait mon­trer qu’il était le pa­tron »

Mar­cel, son père

Le Parisien (Paris) - - Jeux Olympiques D'hiver - LAU­RA É. B.

Dans les tri­bunes, sur le par­cours et à la té­lé­vi­sion de­puis… Cha­mo­nix. Mar­cel, Si­mon et Brice, le père et les deux frères du deuxième cham­pion olym­pique fran­çais de bi­ath­lon de l’his­toire après Vincent Jay à Van­cou­ver 2010, ont vé­cu cha­cun à leur ma­nière la consé­cra­tion de Mar­tin. « On ne s’est pas dit grand­chose, on s’est juste ser­ré dans les bras, souffle Si­mon, qui a ter­mi­né 18e de l’épreuve. On s’est dit qu’on s’ai­mait très fort. » Il y a quatre ans, la fa­mille Four­cade n’avait pas pu sa­vou­rer l’ar­gent de Mar­tin sur la mass- start, la mé­daille étant alors pro­mise à Si­mon, l’aî­né de quatre ans, en tête des bi­lans mon­diaux.

Si­mon veut pro­fi­ter de la spi­rale

« Il y a vrai­ment énor­mé­ment de fier­té, con­trai­re­ment à Van­cou­ver, concède le grand frère, qui a ou­vert la voie dans les pal­ma­rès in­ter­na­tio­naux. Il y a quatre ans, les sen­ti- ments étaient mi­ti­gés. Là, c’est du pur bon­heur pour notre fa­mille. »

A com­men­cer par Mar­cel, au plus près de l’ac­tion dans le stade Lau­ra. « Je n’ai plus de voix, c’est in­des­crip­tible, lance- t- il. J’ai l’im­pres­sion d’être en lé­vi­ta­tion ou en or­bite sur un sa­tel­lite ! Il n’y avait pas de dé­cep­tion après le sprint. On sa­vait qu’il avait un ob­jec­tif et qu’il vou­lait plus que tout l’at­teindre. Il était bien dans les jambes et dans la tête. Il vou­lait mon­trer qu’il était le pa­tron et il a fait THE course. »

A 3 500 km de là, Brice a sui­vi les ex­ploits de son frère sur un té­lé­vi­seur, entre deux cours… de mo­ni­to­rat de ski al­pin. « On l’a vu être plu­sieurs fois cham­pion du monde, mais l’émo­tion est vrai­ment dif­fé­rente, confie - t- il. Là, c’est vrai­ment l’ob­jec­tif ul­time. C’est hy­per in­tense… Du coup, j’étais en re­tard au cours ! Mais en même temps, on ne se rend pas vrai­ment compte. Je réa­li­se­rai quand je le ver­rai avec la mé­daille au­tour du cou ( NDLR : la cé­ré­mo­nie of­fi­cielle au­ra lieu au­jourd’hui). Tout le monde veut l’or, mais lui, je crois qu’il vou­lait l’or en­core plus que tout le monde. »

Si­mon en­tend bien pro­fi­ter de la spi­rale vic­to­rieuse de son fran­gin. « La ma­chine est lan­cée, il y a beau­coup moins de pres­sion, ex­pli­quet- il. On va tous conti­nuer à tra­vailler, il reste de très belles choses à faire. »

( Do­cu­ment France 3.)

Lau­ra ( Rus­sie), hier. Mar­cel était au stade pour as­sis­ter au sacre de son fils. « J’ai l’im­pres­sion d’être en lé­vi­ta­tion » , a- t- il dé­cla­ré après la course.

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