Royale Lorde

Coup de coeur. A 17 ans, la chan­teuse néo- zé­lan­daise, en concert ce soir à Pa­ris, est en train de de­ve­nir une star mon­diale.

Le Parisien (Paris) - - Loisirs Et Spectacles - EM­MA­NUEL MAROLLE

Elle était en­core une in­con­nue il y a quelques mois. Au­jourd’hui, Lorde a le monde de la mu­sique à ses pieds. En une chan­son, « Royals » , un pre­mier al­bum en­tê­tant et des clips fas­ci­nants, la de­moi­selle d’à peine 17 ans est de­ve­nue l’une des sen­sa­tions de la sai­son. A la ma­nière de La­na Del Rey il y a deux ans. Ou comment pas­ser d’un pe­tit buzz bran­ché à un concert ce soir à l’Olym­pia, or­ga­ni­sé par NRJ. Sans ou­blier une double ré­com­pense aux Grammy Awards pour la chan­son et la per­for­mance so­lo de l’an­née, à Los An­geles, le 26 jan­vier der­nier.

Tout ce­la pour une ado­les­cente tou­jours ac­com­pa­gnée de sa ma­man qui veille au grain, an­nule des in­ter­views quand elle sent que sa pro­gé­ni­ture sa­ture et re­fuse de lui faire en­chaî­ner des heures de pro­mo­tion.

Du coup, entre ses re­tours en Nou­velle- Zé­lande pour suivre ses études et son suc­cès ins­tan­ta­né aux Etats- Unis, on a jusque- là peu vu Lorde en France. Si ce n’est lors d’un concert pri­vé et pri­sé au Car­men, pe­tit club pa­ri­sien de Pi­galle, en sep­tembre der­nier. Et là, on se pin­çait pour ac­cep­ter les 17 ans de cette créa­ture po­seuse, sans être agui­cheuse, fas­ci­nante sans être aga­çante. Comme si elle avait dé­jà tout com­pris.

L’avan­tage sans doute d’être bien née pour Lorde, de son vrai nom El­la Ma­ria Lani Ye­lich- O’Con­nor, d’un pa­pa in­gé­nieur et d’une ma­man poé­tesse qui l’ont nour­rie à la mu­sique, la littérature, les cours de chant et d’art dra­ma­tique dès l’âge de 5 ans.

Ses deux pre­miers titres ont conta­mi­né le Web

A l’ado­les­cence, elle est vite re­pé­rée par un pro­duc­teur après avoir ga­gné un concours de chant dans son école, se lance dans l’écri­ture épau­lée par un pro­duc­teur. De cette col­la­bo­ra­tion naî­tra no­tam­ment « Royals » , im­pres­sion­nante chan­son faite de trois fois rien : un rythme mar­tial, des nappes de cla­viers, quelques choeurs et un clip gla­çant sur les rap­ports des ado­les­cents à la cé­lé­bri­té.

Même choc, un peu plus tard, avec « Tennis Court » , mor­ceau vé­né­neux illus­tré par une vi­déo d’un plan fixe de Lorde, qui fi­che­rait presque la frousse à nous re­gar­der comme ça droit dans les yeux. Deux titres qui ont conta­mi­né le Web au fil des mois pour at­teindre r es­pec­ti­ve­ment 187 mil­lions et 27 mil­lions de vues sur You­Tube.

De quoi y voir ef­fec­ti­ve­ment une pe­tite soeur de La­na Del Rey : même phé­no­mène In­ter­net, même étrange- té, même beau­té hors normes et surtout mêmes chan­sons ren­ver­santes. Car, il n’y a pas que deux tubes dans « Pure He­roine » sor­ti à l’au­tomne der­nier, mais des chan­sons simples, en­ro­bées dans une at­mo­sphère élec­tro­nique so­phis­ti­quée, em­me­nées par une voix en­sor­ce­lante. C’est la grande force de Lorde, être une di­va de son temps, une prin­cesse mul­ti­mé­dia qui garde sa part de mys­tère.

Il pa­raît qu’El­la Ma­ria Lani Ye­li­chO’Con­nor a choi­si son pseu­do afin d’illus­trer sa fas­ci­na­tion pour les do­rures des pa­lais et l’aris­to­cra­tie, et juste ajou­té un « e » à Lord pour fé­mi­ni­ser le tout. Sa mu­sique mé­rite dé­jà une cou­ronne royale.

El­la Ma­ria Lani Ye­lich- O’Con­nor, alias Lorde.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.