Le Ier, bas­tion de droite pre­nable ?

La gauche croit en ses chances de vic­toire dans le fief de Jean- Fran­çois Le­ga­ret. Plus pe­tit ar­ron­dis­se­ment de la ca­pi­tale avec moins de 18 000 ha­bi­tants, le Ier a pour­tant tou­jours été à droite.

Le Parisien (Paris) - - Paris - PHI­LIPPE BAVEREL

« Entre nous, les pro­messes sont in­utiles » , écrit, dans son pre­mier tract de cam­pagne, Jean- Fran­çois Le­ga­ret. Un peu comme si le maire UMP sor­tant du Ier se sen­tait au- des­sus de la mê­lée. Phrase pa­ra­doxale qui ne manque pas de sur­prendre de la part d’un can­di­dat qui, en 2008, avait pris 43 en­ga­ge­ments de­vant les élec­teurs… et dont se gausse au­jourd’hui Eli­sa­beth Bour­gui­nat, à la tête d’une « liste ci­toyenne d’ou­ver­ture » sou­te­nue par EELV ( Eu­rope Eco­lo­gie- les Verts).

De tous les ar­ron­dis­se­ments dé­te­nus par la droite, le plus fra­gile après le Ve, c’est Ier” Jean- Fran­çois Le­ga­ret, le maire UMP du Ier

Connue dans le Ier pour les ba­tailles qu’elle mène de­puis une di­zaine d’an­nées contre le pha­rao­nique chan­tier des Halles à 1 Md€ ou plus ré­cem­ment contre ce­lui de la Sa­ma­ri­taine, cette in­fa­ti­gable mi­li­tante a dres­sé, point par point, le bi­lan du maire sor­tant. « Une di­zaine d’en­ga­ge­ments seule­ment sur les 43 ont été te­nus » , as­sure- t- elle.

Dans un ar­ron­dis­se­ment où la droite a tou­jours été ma­jo­ri­taire de­puis 1977, an­née de la pre­mière élec­tion mu­ni­ci­pale à Pa­ris, cette femme éner­gique qui pro­met « des trot­toirs ren­dus aux pié­tons, des me­nus bio dans les can­tines et une po­lice de proxi­mi­té plus ef­fi­cace » , es­père réunir sur son nom « 25 % des voix » . Met­tant en avant son « pro­fil plus fé­dé­ra­teur » , Loïg Raoul, le jeune can­di­dat so­cia­liste, ne cache pas non plus son am­bi­tion : « Ar­ri­ver en tête au pre­mier tour. » Avec un ob­jec­tif clai­ron­né haut et fort : « Sor­tir le maire sor­tant pour dé­bun­ké­ri­ser le Ier ! » Dé­non­çant « le manque de vo­lon­ta­risme de M. Le­ga­ret » , re­gret­tant de ne pou­voir évo­quer son bi­lan « car je n’ai pas l’ha­bi­tude de dis­ser­ter sur le vide » , le can­di­dat PS s’en­gage « àré­cu­pé­rer le sous- sol de la Bourse de com­merce ( pro­prié­té de la Ville) pour y ins­tal­ler la mai­son des as­so­cia­tions et à rou­vrir une mai­son de san­té après la fer­me­ture du centre de san­té du Louvre » .

Maire du Ier de­puis 2000, Jean- Fran­çois Le­ga­ret, bien im­plan­té lo­ca­le­ment, n’est pas du genre à jouer les fan­fa­rons : « Rien n’est ac­quis dans un ar­ron­dis­se­ment où la vic­toire se rem­porte à quelques cen­taines de suf­frages. En 2008, il n’y avait que 352 voix d’écart au deuxième tour. » Et de li­vrer ce diag­nos­tic : « De tous les ar­ron­dis­se­ments dé­te­nus par la droite, le plus fra­gile après le Ve, c’est le Ier. » Qua­li­fiant d’ « ir­réa­liste l’idée de pié­ton­ni­ser to­ta­le­ment le Ier » pour­tant dé­fen­due par Na­tha­lie Kos­cius­ko- Mo­ri­zet, chef de file UMP à Pa­ris, l’an­cien ad­joint aux fi­nances de Jean Ti­be­ri à l’Hô­tel de Ville ne peut s’em­pê­cher d’égra­ti­gner le bi­lan de Ber­trand De­la­noë : « Avant 2001, nous avons été de bons ges­tion­naires et de très mau­vais com­mu­ni­quants. De­puis 2001, c’est l’in­verse. »

( Mai­rie de Pa­ris/ Franck Ba­daire.)

La Ca­no­pée des Halles ( Ier), le mois der­nier. Le ré­amé­na­ge­ment de l’an­cien ventre de Pa­ris est l’un des chan­tiers phares de l’ar­ron­dis­se­ment. Il est vi­gou­reu­se­ment com­bat­tu par la can­di­date des Verts.

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