Hol­lande dé barque dans la Si­li­con Val­ley

Après Wa­shing­ton, le chef de l’Etat se rend au­jourd’hui en Ca­li­for­nie dans la Si­li­con Val­ley, le pa­ra­dis de la haute tech­no­lo­gie.

Le Parisien (Paris) - - Politique - SAN FRAN­CIS­CO ( ÉTATS- UNIS) De notre en­voyé spé­cial ÉRIC HACQUEMAND

Bye- bye Wa­shing­ton, good mor­ning San Fran­cis­co. Après avoir re­çu les hon­neurs de Ba­rack Oba­ma hier à la Mai­sonB­lanche, Fran­çois Hol­lande pour­suit sa vi­site d’Etat aux Etats- Unis. Avec un ar­rêt in­édit : le pré­sident ar­rive ce ma­tin en Ca­li­for­nie pour une vi­site dans la Si­li­con Val­ley. De­puis Fran­çois Mit­ter­rand en 1984, ja­mais un pré­sident fran­çais ne s’était ren­du dans le pa­ra­dis mon­dial des geeks, ces fé­rus de high- tech.

Le pré­sident n’a pour­tant pas l’In­ter­net comme bré­viaire. Certes, Fran­çois Hol­lande a bien un iPad dans son bureau ély­séen. Mais pour lire le jour­nal, il pré­fère le pa­pier. Les dis­cours ? Là en­core, tout à la main, « à l’an­cienne » . Il s’est même re­trou­vé dé­con­te­nan­cé lors­qu’en marge d’un dé­pla­ce­ment, un ba­daud lui a de­man­dé s’il uti­li­sait… Snap­chat ( une ap­pli­ca­tion qui per­met d’échan­ger des vi­déos) : « Euh, Snap­chat ? Non, pas en­core… »

n Il se mé­fie d’In­ter­net

« Fran­çois Hol­lande est fon­da­men­ta­le­ment un homme de l’écrit » , glisse un fi­dèle ami. Il a ain­si fal­lu l’im­plo­rer de re­lan­cer, en jan­vier, son compte Twit­ter, tom­bé en lé­thar­gie de­puis son élec­tion. Ré­sul­tat, en­vi­ron 603 000 fol­lo­wers, loin der­rière Ba­rack Oba­ma ( plus de 41 mil­lions) mais de­vant le Bri­tan­nique David Ca­me­ron ( 586 000). Même si, as­sure l’Ely­sée, « c’est lui qui écrit ses propres tweets » , Hol­lande le re­con­naît bien vo­lon­tiers : il ne va pas spon­ta­né­ment sur Twit­ter. « Je re­garde quand on me montre » , confesse- t- il, Aqui­li­no Mo­relle, son conseiller po­li­tique, et Ch­ris­tian Gra­vel, char­gé de la presse à l’Ely­sée, jouant le rôle d’alerte. « Il y a une forme d’ad­dic­tion à tout ça dont il faut ab­so­lu­ment se pré­mu­nir » , es­time le chef de l’Etat ef­fa­ré par « la vio­lence » et « la pro­pa­ga­tion des ru­meurs » que peut vé­hi­cu­ler la Toile. « Sur In­ter­net, qu’est- ce qui est vrai ? Le pire, ce sont les at­taques pri­vées… » re­grette- t- il, après avoir été confron­té au gayet­gate. D’au­tant plus que, con­trai­re­ment à son pré­dé­ces­seur, le chef de l’Etat ne dis­pose pas d’un spé­cia­liste de la e- ré­pu­ta­tion. Même si Ro­main Pi­ge­nel, un nor­ma­lien for­mé par Ju­lien Dray, est « l’oeil » de Hol­lande sur les ré­seaux so­ciaux.

La Si­li­con Val­ley ac­cueille un pré­sident loin d’être dans la « web- béa­ti­tude » . Cette vi­site est l’oc­ca­sion de « dis­si­per quelques mal­en­ten­dus » , aux dires d’un de ses conseillers. Au pre­mier chef avec Eric Sch­midt, le pré­sident exé­cu­tif de Google, qui se­ra pré­sent au dé­jeu­ner pré­vu éga­le­ment avec les res­pon­sables de Fa­ce­book et Mod­zilla. Au mo­ment où le fisc fran­çais s’ap­prê­te­rait à in­fli­ger un re­dres­se­ment de 1 Md€ à Google. « Fran­çois Hol­lande ne vient pas en ins­pec­teur des im­pôts dans la Si­li­con Val­ley » , a dé­jà dé­mi­né Fleur Pel­le­rin, mi­nistre de l’Eco­no­mie nu­mé­rique. Bien au contraire. En Ca­li­for­nie, Hol­lande veut se pré­sen­ter en « ami » des in­no­va­teurs et des in­ves­tis­seurs. Le chef de l’Etat au­ra d’ailleurs l’oc­ca­sion de ren­con­trer des jeunes créa­teurs de start- up qui ont pré­fé­ré fuir la France. Par­mi eux, d’an­ciens « pi­geons » qui avaient fait re­cu­ler le gou­ver­ne­ment en 2012 pour pro­tes­ter contre « le ma­tra­quage fis­cal » …

n Ba­rack Oba­ma se­ra en Nor­man­die en juin pro­chain pour le 70e an­ni­ver­saire du D- Day, a- t- il lui- même an­non­cé hier en confé­rence de presse.

( AFP/ Alain Jo­card.)

Char­lot­tes­ville ( Etats- Unis), hier. In­vi­té par Ba­rack Oba­ma, Fran­çois Hol­lande a vi­si­té la mai­son de Thomas Jef­fer­son. Au­jourd’hui, il fe­ra un bond tech­no­lo­gique de deux siècles pour ren­con­trer les lea­ders du Web 2.0, un uni­vers qu’il maî­trise a prio­ri beau­coup moins.

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