Gat­taz trouble la fête

Le Parisien (Paris) - - Politique - E. H.

Fran­çois Hol­lande avait tout pour être sa­tis­fait. Une cé­ré­mo­nie gran­diose hier à la Mai­sonB­lanche, une Mi­chelle Oba­ma en robe rouge pour l’ac­cueillir, un Ba­rack Oba­ma le re­mer­ciant pour son « lea­der­ship » et louant son « cou­rage » et sa « dé­ter­mi­na­tion » sur la scène in­ter­na­tio­nale… De quoi sa­vou­rer l’ins­tant. C’était sans comp­ter sur Pierre Gat­taz qui a je­té un froid. In­vi­té par le chef de l’Etat à l’ac­com­pa­gner du­rant ces trois jours, le pré­sident du Me­def n’a pu s’em­pê­cher, même à plus de 6 000 km de Pa­ris, de s’en prendre au « pacte de res­pon­sa­bi­li­té » . Soit la baisse de charges contre des em­bauches, le pi­vot de la po­li­tique présidentielle pour 2014. « Quand j’en­tends par­ler de contre­par­ties dans

ce pacte, j’en­tends aus­si des gens qui me disent : On va vous contraindre, on va vous obli­ger, si vous n’y ar­ri­vez pas vous al­lez être pu­nis, on va vous

mettre des pé­na­li­tés. Il faut ar­rê­ter ce dis­cours qui est in­sup­por­table » , a cri­ti­qué le pa­tron des pa­trons. Et de haus­ser le ton : « On n’est pas dans une cour d’école… Il n’y a pas de contre­par­ties. »

n Mon­te­bourg pris de cours

Un vrai pa­vé lan­cé, lun­di soir, de­puis un hô­tel de luxe de Wa­shing­ton, juste après avoir ren­con­tré des en­tre­pre­neurs ex­pa­triés aux EtatsU­nis. « On ne com­prend pas… » souffle, sur­pris, Ar­naud Mon­te­bourg, le mi­nistre du Re­dres­se­ment pro­duc­tif qui a pour­tant de­vi­sé avec lui pen­dant une pe­tite heure à l’al­ler dans l’avion pré­si­den­tiel. A Pa­ris, Jean- Marc Ay­rault a été contraint de mon­ter au front : « Je pense que le dé­ca­lage ho­raire par­fois peut cau­ser des pro­blèmes » , a es­ti­mé le Pre­mier mi­nistre, qui « sou­haite qu’à son re­tour M. Gat­taz ren­contre le plus vite pos­sible les or­ga­ni­sa­tions syn­di­cales, comme c’était pré­vu » . Le mi­nistre de l’Em­ploi, Mi­chel Sapin, a en­fon­cé le clou, ap­pe­lant « cha­cun à se com­por­ter de ma­nière responsable, y com­pris, et j’al­lais dire surtout, à l’étran­ger » . Alors même que Ba­rack Oba­ma a sa­lué « les ré­formes struc­tu­relles qui per­mettent à la France d’être plus com­pé­ti­tive » , Fran­çois Hol­lande est contraint de ré­pondre au pa­tron du Me­def en l’in­ci­tant à « prendre des en­ga­ge­ments à un ni­veau ap­pro­prié » . Un re­ca­drage qui n’a pas em­pê­ché Pierre Gat­taz d’être par­mi la tren­taine d’in­vi­tés fran­çais au dî­ner d’Etat of­fert hier soir à la Mai­son- Blanche.

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