Etre­maire, quel­bon­heur !

Se­lo­nun­son­da­geCSA, une très large ma­jo­ri­téde maires se dit heu­reuse dans l’exer­cice de ses fonc­tions, mal­gré les sa­cri­fices per­son­nels que ce­la im­plique.

Le Parisien (Paris) - - Politique - VINCENT MONGAILLARD

On en­tend sou­vent les maires dire qu’ils croulent sous le tra­vail et les exi­gences de leurs ad­mi­nis­trés, qu’ils manquent d’ar­gent et de re­con­nais­sance, qu’ils n’en peuvent plus de la pa­pe­ras­se­rie et des normes eu­ro­péennes, bref qu’ils sont prêts à je­ter l’éponge. Tout ce­la ne les em­pêche pas d’être heu­reux, en tout cas pour la très grande ma­jo­ri­té d’entre eux ! Se­lon un son­dage CSA pour l’Ob­ser­va­toire du bon­heur* ren­du pu­blic au­jourd’hui, 80 % des maires et ad­joints de l’Hexa­gone dé­clarent que l’exer­cice de la po­li­tique les rend heu­reux. « Ce sont des mé­tiers qui sont de vrais choix, où l’on est ac­teur. Il y a une vraie ex­ci­ta­tion à être dans l’ac­tion, à pou­voir agir, cette illu­sion de re­la­tive li­ber­té » , dé­crypte Mi­chèle Gal­ly, pro­fes­seur à l’uni­ver­si­té de Pro­vence et membre du co­mi­té de pi­lo­tage de l’ob­ser­va­toire

nLes femmes af­fichent un plus large sou­rire

« Le mo­teur prin­ci­pal d’un élu, c’est d’être utile et de rendre ser­vice » , vante Va­nik Ber­be­rian, pré­sident de l’As­so­cia­tion des maires ru­raux de France. Les femmes ar­bo­rant l’écharpe tri­co­lore af­fichent un plus large sou­rire que leurs ho­mo­logues mas­cu­lins. Elles sont 31 % à se dire « très heu­reuses » contre 19 % chez les hommes. Le bon­heur est aus­si moins dans le pré que dans la ville : 18 % des élus lo­caux des vil­lages de moins de 2 000 âmes sont « très heu­reux » contre 34 % des com­munes de plus de 30 000 ha­bi­tants. Les sym­pa­thi­sants UMP ont éga­le­ment da­van­tage la joie au coeur que leurs ca­ma­rades so­cia­listes ( 32 % contre 23 %).

Par­mi les mo­tifs de sa­tis­fac­tion, les « pa­trons » des mai­ries, élus préférés des Fran­çais, évoquent en pre­mier lieu les ren­contres avec les ad­mi­nis­trés ( 62 %), la ca­pa­ci­té à agir sur le cours des choses ( 56 %) et les dé­bats au conseil mu­ni­ci­pal ( 30 %). A l’in­verse, au cha­pitre des griefs fi­gurent en tête le manque de moyens ( 57 %) sui­vi par le manque de temps avec ses proches ( 48 %) et les ri­va­li­tés au sein du monde po­li­tique ( 34 %). Heu­reux, les élus sont aus­si contents d’eux ! A 95 %, ils sont sa­tis­faits du tra­vail qu’ils mènent au­près de leurs conci­toyens. La ré­ci­pro­ci­té est loin d’être as­su­rée. In­ter­ro­gés éga­le­ment, les ad­mi­nis­trés sont, pour à peine plus de la moi­tié ( 54 %), sa­tis­faits du « bou­lot » de leur maire. « Plus on im­plique les ci­toyens dans la vie de la ci­té, plus on les rend heu­reux. Par­ti­ci­per pro­cure du plai­sir, ça ras­sure. Les gens ont be­soin de rompre avec l’im­pres­sion qu’on dé­cide pour eux » , ana­lyse l’uni­ver­si­taire Mi­chèle Gal­ly. * Créé par Co­ca- Co­la France afin d’étu­dier ce qui nous rend heu­reux, l’Ob­ser­va­toire du bon­heur réunit des cher­cheurs et des uni­ver­si­taires. Son­dage CSA réa­li­sé du 17 au 30 jan­vier 2014 au­près d’un échan­tillon de 402 élus mu­ni­ci­paux ( maires ou ad­joints).

( LP/ Hum­ber­to De Oli­vei­ra.)

Du­gny ( Seine- Saint- De­nis), lun­di. An­dré Veys­sière ( UMP) est un « maire à l’an­cienne » . Sur­nom­mé Dé­dé par ses ad­mi­nis­trés, il connaît et tu­toie ( presque) tout les ha­bi­tants de sa ville.

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