« Les­re­ven­di­ca­tionsn’ont­pa­sé­téen­ten­dues »

Lionel, ar­ti­san taxiàPa­ris, quiaen­chaî­né­deux­nuits­de­grève

Le Parisien (Paris) - - Economie - ERWAN BENEZET

Ar­ti­san taxi de­puis cinq ans à Pa­ris, Lionel a vu son chiffre d’af­faires bais­ser d’un tiers cette der­nière an­née. La faute, se­lon lui, aux VTC qui agissent en de­hors du cadre lé­gal. « C’est simple, jus­qu’à il y a quelques mois, entre 5 h 30 et 9 h 30, on était as­su­ré de tour­ner sans dis­con­ti­nuer. Là, on passe de plus en plus de temps à at­tendre une course. Et après 10 heures, les taxis s’ac­cu­mulent aux bornes d’ap­pel. Sans client ! » Au lieu des six jour­nées de onze heures qu’il fai­sait au­pa­ra­vant, Lionel a le plus sou­vent en­chaî­né les se­maines sans pause pour ten­ter de joindre les deux bouts. D’où sa dé­ter­mi­na­tion : « La pre­mière nuit, j’ai pas­sé vingt- quatre heures dans ma voiture. On était par­ti la veille à 6 heures du ma­tin de Rois­sy. On a re­joint le pé­ri­phé­rique pa­ri­sien où j’ai pas­sé qua­torze heures à l’ar­rêt au mi­lieu de la chaus­sée, au ni­veau de la porte de Cli­gnan­court. Je suis ren­tré chez moi au pe­tit ma­tin, un peu avant que les forces de l’ordre ne de­mandent le dé­ga­ge­ment des voies. » Re­tour à la mai-

La nuit risque d’être une nou­velle fois bien fraîche”

son pour s’oc­cu­per un peu de sa fille en bas âge, quelques heures de re­pos et Lionel s’ap­prête à re­prendre le vo­lant. « Cette fois- ci, on nous em­pêche de ren­trer sur le pé­riph, re­prend- il. Pa­reil avec l’au­to­route A 1. Alors je pense que je re­join­drai des col­lègues qui tournent au­tour de la place de la Con­corde. »

Fort de l’ex­pé­rience de la nuit d’avant, il compte cette fois- ci prendre quelques pré­cau­tions sup­plé­men­taires. « Je pren­drai une bou­teille d’eau, un sand­wich et surtout une bonne cou­ver­ture. La nuit risque d’être une nou­velle fois bien fraîche. »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.