On ne parle pas as­sez des 30 000 bles­sés pro­vo­qués chaque an­née”

Le Parisien (Paris) - - Société - FRÉ­DÉ­RIC MOUCHON

Ma­nuel Valls, mi­nistre de l'In­té­rieur une soi­rée trop ar­ro­sée. Elle se re­trouve en fau­teuil rou­lant. Lui, en état d’ivresse ce soir- là, est de­puis ron­gé par le re­mords.

Ces deux courts- mé­trages se­ront dif­fu­sés à par­tir d’au­jourd’hui dans les ci­né­mas MK2, cer­taines salles in­dé­pen­dantes et sur In­ter­net ( http:// www. you­tube. com/ se­cu­ri­te­rou­tiere ain­si que sur notre site Le­pa­ri­sien. fr). Alors que la Sécurité routière nous avait ha­bi­tués à des cam­pagnes vi­suelles et des vi­déos chocs mon­trant les quelques ins­tants qui pré­cèdent la col­li­sion, elle pri­vi­lé­gie cette fois à des­sein le re­gistre de l’émo­tion.

« Des études com­man­dées par la Sécurité routière montrent que cer­taines ca­té­go­ries de conduc­teurs, no- tam­ment les jeunes, sont peu sen­sibles à cer­tains mes­sages comme la peur de mou­rir sur la route, note l’ins­ti­tu­tion pu­blique. Ces mêmes études montrent que le plus puis­sant le­vier de chan­ge­ment de com­por­te­ment est en fait l’émo­tion res­sen­tie de­vant cer­taines si­tua­tions. » « Les cam­pagnes crash, qui ont un ef­fet choc, sont in­dis­pen­sables car il faut conti­nuel­le­ment rap­pe­ler que la route tue chaque jour neuf per­sonnes, sou­ligne le mi­nistre de l’In­té­rieur, Ma­nuel Valls. Mais on ne parle pas as­sez des 30 000 bles­sés pro­vo­qués chaque an­née par les ac­ci­dents de la route, des han­di­ca­pés à vie et de tous ceux qui ont per­du un être cher. »

Bou­le­ver­sée par ces deux courts­mé­trages, la pré­si­dente de la Ligue contre la vio­lence routière, Chan­tal Per­ri­chon, es­time qu’il y a chaque an­née en France « au­tant de per­sonnes lour­de­ment han­di­ca­pées après un ac­ci­dent de voiture que de tués sur les routes » . « Des cen­taines d’en­fants de­viennent or­phe­lins de père ou de mère et l’on ne parle ja­mais de tous ces drames qui font suite à l’ac­ci­dent : com­bien de per- sonnes mettent fin à leur jour car elles n’ont pas la force de sur­vivre à la mort d’un de leur proche et com­bien se re­trouvent au chô­mage car le trau­ma­tisme est trop grand et qu’elles n’ont plus le cou­rage d’al­ler tra­vailler. »

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