LesF­ran­çais­veulent man­ger­lo­cal

Sept consom­ma­teurs sur dix pri­vi­lé­gient les pro­duc­teurs près de chez eux, se­lon une étude que nous ré­vé­lons. Re­por­tage.

Le Parisien (Paris) - - Société - FLO­RA GE­NOUX

Les sacs de fruits et lé­gumes sont prêts à être sai­sis au vol avant d’at­tra­per le train. « C’est plus ra­pide que dans un su­per­mar­ché » , s’amuse Aï­cha, 32 ans. Comme des di­zaines de clients, elle se presse chaque mar­di après- mi­di au stand de Serge Pin­gre­non, agri­cul­teur dans l’Oise qui vend de­vant la gare de BoisCo­lombes ( Hauts- de- Seine)* sa pro­duc­tion. Alors qu’une é t ude confirme l’in­té­rêt des consom­ma­teurs pour man­ger lo­cal ( lire en­ca­dré), Catherine, 60 ans, s’en­thou­siasme : « Je suis contente de faire tra­vailler un pe­tit pro­duc­teur. Il n’y a pas d’in­ter­mé­diaires, je sais à qui je donne mon ar­gent » , pour­suit cette aide à do­mi­cile qui, avec ces 10 € dé­bour­sés, pla­ni­fie dé­jà ses re­pas jus­qu’à la fin de la se­maine. « La grande sur­face, j’y vais pour le lait, les oeufs, les pâtes, le riz, énu­mère- t- elle. J’ai­me­rais pou­voir ache­ter en­core plus des pro­duits lo­caux, mais je ne vais pas prendre ma voiture pour faire des di­zaines de ki­lo­mètres ! »

En coup de vent, Alexan­dra at­trape des poi­reaux, une sa­lade et du chou. « Et les pommes de terre, elles sont trai­tées ? » s’en­quiert- elle. « Je suis très in­quiète de l’im­pact des pes­ti­cides sur ma san­té. Je re­garde beau­coup les éti­quettes et je n’achète plus ce qui vient de trop loin » , ex­plique cette quin­qua qui ne se dé­fi­nit pour­tant pas comme une éco­lo for­ce­née. « Les clients me posent beau­coup plus de ques­tions sur les pes­ti­cides qu’il y a cinq ans » , ad­met Serge qui leur ré­pond « trai­ter très peu ses lé­gumes » . « Du coup, il faut que je leur ex­plique pour­quoi les ca­rottes ne sont pas par­faites, con­trai­re­ment à celles du su­per­mar­ché » , pour­suit- il en mon­trant du doigt un lé­gume dans le­quel une mouche a pon­du. « Il suf­fit juste de cou­per cette par­tie. »

Apol­line, elle, ne se sou­cie guère des lé­gumes im­par­faits. La fillette de 3 ans pointe fiè­re­ment dans un sans- faute bet­te­raves, pommes et pommes de terre. « On vit en ville, mais je veux que mes en­fants mangent sai­ne­ment et qu’ils sachent d’où vient leur nour­ri­ture » , confie sa ma­man, Sté­pha­nie, 37 ans. « Ve­nir ici, c’est aus­si une fa­çon de lui faire ap­pré­cier le tra­vail des gens. » Avec ces 150 pa­niers en moyenne ven­dus aux gares d’As­nières et de BoisCo­lombes, Serge as­sure fi­nan­cer en grande par­tie les trois postes d’ou­vriers qu’il em­ploie à temps com­plet. * Ré­seau mis en place par SNCF Tran­si­lien dans 33 gares. In­for­ma­tions sur www. tran­si­lien. com/ sta­tic/ pa­nier- frai­cheur.

Il faut que je leur ex­plique pour­quoi les ca­rottes ne sont

pas par­faites”

Serge Pin­gre­non, agri­cul­teur dans l’Oise

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