Le­ser­gent­vic­time de­sa­mants­dia­bo­liques

L’af­faire du­mi­li­taire tué à coupsde pioche dans la Mar­neest en voie d’être élu­ci­dée. La fem­mede la vic­time et so­na­mant­se­ront pré­sen­tés au juge ce­ma­tin.

Le Parisien (Paris) - - Faits divers - JEAN- MARC DUCOS

El l e n’igno­rait rien des projets cri­mi­nels v i s a n t s on époux, qu’elle avait aban­don­né à l’au­tomne pour son amant. So­phie Thé­ve­net, 24 ans, et Sébastien Chan­treau, 27 ans, se­ront pré­sen­tés ce ma­tin au pôle de l’ins­truc­tion du tri­bu­nal de Reims ( Marne) en vue de leur mise en exa­men pour l’as­sas­si­nat de Ju­lien Thé­ve­net. Ce jeune ser­gent mé­ca­ni­cien de l’ar­mée de l’air a été re­trou­vé mort le 26 jan­vier dans le ga­rage de son do­mi­cile de l’im­passe Jean- Mou­lin à Som­meSuippe ( Marne), le corps trans­per­cé de sept coups de pioche, dont l’un a tra­ver­sé de part en part la vic­time qui s’ap­prê­tait à prendre sa voiture.

Ju­lien Thé­ve­net avait épou­sé So­phie le 6 juillet der­nier à la mai­rie de Somme- Suippe. « Un couple or­di­naire comme tant d’autres » , ra­conte Ch­ris­tian Bos­sus, le maire du vil­lage, qui avoue ne pas se sou­ve­nir de la cé­ré­mo­nie. En fait, ce ma­riage était « sans doute la der­nière chance de leur couple » , re­late une proche qui se sou­vient d' « une cé­lé­bra­tion sans cha­leur ni en­thou­siasme » . Leur re­la­tion était « cas­sée » , conti­nue cette amie de la fa­mille, au­jourd’hui « à peine éton­née » d’avoir vu « Ju­lien et So­phie se sé­pa­rer à la fin de l’été » .

nElle fré­quen­tait des sites de ren­contres

Le jeune couple était ins­tal­lé de­puis deux ans dans cette com­mune où ils avaient ache­té une mai­son. Ju­lien tra­vaillait comme mé­ca­ni­cien sur la base aé­rienne 113 de Saint- Di­zier et consa­crait de longues heures à en­tre­te­nir les avions Ra­fale. So­phie, elle, ac­ca­pa­rée par ses deux jeunes en­fants de 2 et 5 ans, ne ca­chait pas son en­nui à des voi­sins.

Cette rou­tine a conduit So­phie à fré­quen­ter as­si­dû­ment des sites In­ter­net de ren­contres. C’est là qu’elle a suc­com­bé aux pro­messes de Sébastien Chan­treau. Un homme pour le­quel elle a « pla­qué son ma­ri du jour au len­de­main » , ra­conte, en­core éber­luée, la même proche du couple. Ju­lien, lui, « a te­nu le cap en s’ac­cro­chant à son tra­vail et à son de­voir de mi­li­taire » , se­lon les mots de cette in­time des jeunes ma­riés. Mais, ces der­niers temps, Ju­lien ne ca­chait plus sa souf­france et son amer­tume à ses com­pa­gnons d’armes.

Le 26 jan­vier, So­phie Thé­ve­net, dans une sa­vante mise en scène, a fait mine de dé­cou­vrir que sa mai­son était ou­verte et a de­man­dé à un voi­sin de s’as­su­rer que tout al­lait bien à l’in­té­rieur. C’est lui qui a d’ailleurs dé­cou­vert le ca­davre de Ju­lien. So­phie ve­nait re­cher­cher des af­faires per­son­nelles, se­lon son té­moi­gnage ini­tial, lors­qu’elle est ar­ri­vée ce lun­di ma­tin. Il s’agis­sait d’ac­cré­di­ter l’hy­po­thèse d’un cam­brio­lage qui avait mal tour­né car les pièces et les meubles avaient été fouillés. Mais ce scé­na­rio a été bien vite écarté par les gen­darmes de la sec­tion de re­cherches de Reims. Au­cune trace d’ef­frac­tion re­le­vée. Une fouille trop mal me­née pour être cré­dible. Et surtout, Ju­lien, mi­li­taire rom­pu au com­bat, a été sur­pris par son agres­seur. Sans par­ler des re­le­vés té­lé­pho­niques de So­phie et de son amant Sébastien, qui ne pou­vaient pas être aux en­droits où ils pré­ten­daient être à l’heure du crime.

( « L’Union de Reims » / Franck Bren­ner et DR.)

Somme- Suippe ( Marne), le 27 jan­vier. Le mi­li­taire Ju­lien Thé­ve­net sé­pa­ré de son épouse So­phie de­puis la fin de l’été, a été re­trou­vé trans­per­cé de sept coups de pioche dans le ga­rage de son do­mi­cile.

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