L’agres­seu­ra­vai­tré­pan­du­del’eau­deJa­vel sur­le­ma­te­las­desRou­mains

Le Parisien (Paris) - - Faits divers - STÉ­PHANE SELLAMI

Le mys­té­rieux agres­seur à l’acide de res­sor­tis­sants rou­mains à Pa­ris était tou­jours en garde à vue hier soir. Comme nous le ré­vé­lions hier sur notre site In­ter­net, cet homme, âgé d’une qua­ran­taine d’an­nées, do­mi­ci­lié dans le IIIe ar­ron­dis­se­ment de la ca­pi­tale, s’était pré­sen­té lun­di dans les lo­caux du com­mis­sa­riat de son quar­tier.

Convo­qué pour être en­ten­du pour des faits de « dé­gra­da­tions » et de « vio­lences vo­lon­taires » , ce ri­ve­rain du quar­tier de la Ré­pu­blique, qui est dé­crit comme un bo­bo, de­vrait être dé­fé­ré ce ma­tin de­vant un ma­gis­trat du par­quet de Pa­ris.

Au cours de son au­di­tion, cet homme a re­con­nu avoir ré­pan­du, le 16 jan­vier, « un mé­lange d’eau de Ja­vel et de sa­von noir » au­tour d’un ma­te­las où se trou­vait un jeune couple de sans- do­mi­cile- fixe rou­main. « En re­vanche, il conteste f or­mel­le­ment avoir tou­ché ou vi­sé dé­li­bé­ré­ment qui que ce soit et le re­cours à de l’acide comme ce­la a pu être dit » , pré­cise son avo­cate, Me Ma­rie- Cé­cile Na­than.

Hier, les po­li­ciers n’avaient pas pu or­ga­ni­ser de confron­ta­tion avec un homme qui avait pré­ten­du avoir re­çu des gouttes de pro­duit cor­ro­sif sur sa jambe et qui avait en­suite dé­po­sé plainte. Ce­lui- ci, éga­le­ment SDF, est in­trou­vable.

Le jour des faits, vers 21 h 30, un bé­né­vole de l’as­so­cia­tion de lutte contre l’ex­clu­sion et d’aide aux mi­grants Au­tre­monde, Léo Lar­bi, avait vu un homme qui fai­sait de grands gestes tout en tour­nant au­tour du ma­te­las sur le­quel étaient L’avo­cate du sus­pect as­sis un homme et une femme, rue du Temple ( IIIe), de­vant un ma­ga­sin de ba­gages. Le même témoin a en­suite dé­cla­ré avoir consta­té qu’un « liquide noir très cor­ro­sif com­men­çait à ron­ger et à dé­truire le ma­te­las » . Tou­jours se­lon ses dé­cla­ra­tions, une bé­né­vo-

Le geste de mon client n’a ja­mais eu de conno­ta­tion

ra­ciste”

le qui l’ac­com­pa­gnait avait même été « brû­lée au doigt » en re­pre­nant son sac qui au­rait re­çu des gouttes de ce mys­té­rieux pro­duit cor­ro­sif.

Tou­jours se­lon nos in­for­ma­tions, in­ter­ro­gé sur les rai­sons de son geste, l’au­teur pré­su­mé des faits, contra­rié par la pré­sence crois­sante de fa­milles rou­maines en bas de chez lui, au­rait in­di­qué avoir agi de la sorte pour « si­gni­fier à ce couple de ne pas revenir à cet en­droit » . « Cette af­faire a pris une am­pleur qu’elle n’au­rait pas dû prendre, es­time en­core l’avo­cate du sus­pect. Le geste de mon client n’a ja­mais eu de conno­ta­tion ra­ciste ou an­tiRoms. »

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