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Le Parisien (Paris) - - Faits divers - JÉ­RÔME SAGE

ès que j’ar­rive à avoir l’au­to­ri­sa­tion d’ac­cé­der à la tombe de Mi­chael Jack­son, je pré­pare mon voyage. Je vais mettre de l’ar­gent de cô­té ! » De Mon­tar­gis ( Loi­ret), My­riam Wal­ter, 55 ans, ré­agit avec joie à la nou­velle qui clôt « deux ans de com­bat » : faire re­con­naître le « pré­ju­dice d’af­fec­tion » su­bi par 29 fans du Roi de la pop lors de la mort du chan­teur. Cinq d’entre eux viennent d’avoir gain de cause de­vant le tri­bu­nal de grande ins­tance d’Or­léans ( Loi­ret). Ils de­man­daient aus­si 1 € sym­bo­lique de dé­dom­ma­ge­ment.

« Ces per­sonnes, ex­plique Me Em­ma­nuel Lu­dot, conseil de ces nom­breux plai­gnants, ont pu joindre à leur dos­sier des cer­ti­fi­cats mé­di­caux, des pres­crip­tions mé­di­ca­men­teuses, des té­moi­gnages de proches » prou­vant les dra­ma­tiques consé­quences pour elles du dé­cès brutal de leur idole.

La tren­taine de plai­gnants, ori­gi­naires d’Or­léans, du Pas- de- Ca­lais, du sud de la France, de Gi­ronde, de Bel­gique, de Suisse et d’ailleurs, pour­sui­vaient au ci­vil le doc­teur Con­rad Mur­ray, con­dam­né aux Etats- Unis à quatre ans de pri­son pour ho­mi­cide in­vo­lon­taire. Le mé­de­cin avait four­ni au chan­teur du Pro­po­fol, un anes­thé­siant qui avait cau­sé sa mort le 25 juin 2009.

« J’ai pleu­ré ce jour- là, bien sûr. Mi­chael Jack­son était pla­né­taire, un homme ex­cep­tion­nel » , se sou­vient My­riam, por­te­dra­peau du mou­ve­ment, à la tête de l’as­so­cia­tion Mi­chael Jack­son Com­mu­ni­ty, qui compte 1 900 membres. Elle ne fait pas par­tie des cinq plai- gnants qui ont vu leur cas re­con­nu par le tri­bu­nal, mais elle confirme « qu’il y a des gens qui ont eu beau­coup de mal à se re­mettre du dé­part de Mi­chael. Moi, je me suis ra­bat­tue sur cette ac­tion en jus­tice pour tenir » .

L’avo­cat s’est ain­si ré­joui hier « d’être al­lé jus­qu’au bout de la pro­cé­dure mal­gré les ri­ca­ne­ments […] C’est la pre­mière fois au monde, à ma connais­sance, qu’est re­con­nue la no­tion de pré­ju­dice af­fec­tif en lien avec la mort d’une pop star » . Une pre­mière d’au­tant plus re­mar­quable, se­lon Me Lu­dot, que « le lien n’était pas à double sens, les fans ai­mant Mi­chael Jack­son mais ce­lui- ci ne les connais­sant pas per­son­nel­le­ment » .

Il y a des gens qui ont eu beau­coup de mal à se re­mettre du dé­part de Mi­chael”

My­riam Wal­ter, de l’as­so­cia­tion

Mi­chael Jack­son Com­mu­ni­ty

Les fans dé­vas­tés par la mort du chan­teur es­pèrent, entre autres, pou­voir se rendre dans la der­nière de­meure du chan­teur, en Ca­li­for­nie. « D’ici une quin­zaine de jours, notre avo­cat va écrire au maire de Los An­geles et à la mère de Mi­chael Jack­son » pour de­man­der l’ac­cès au sanc­tuaire et pou­voir ain­si se re­cueillir près du grand sar­co­phage de pierre où re­pose la ve­dette. Car la tombe du chan­teur est soi­gneu­se­ment pro­té­gée, sous les vi­traux go­thiques d’un mau­so­lée, au ci­me­tière pri­vé Fo­rest Lawn de Glen­dale, près de Los An­geles. Non loin de Walt Dis­ney, Hum­phrey Bo­gart ou Eli­za­beth Tay­lor, la confi­dente de la star. Un lieu pai­sible, jusque- là ré­ser­vé aux proches de Mi­chael Jack­son, qui pour­rait bien­tôt ac­cueillir une poi­gnée de fans fran­çais qui ont ga­gné le droit de se sen­tir proches de lui.

Los An­geles ( Etats- Unis) le 29 juin 2009. La dis­pa­ri­tion de Mi­chael Jack­son a plon­gé ses fans dans une pro­fonde dé­tresse. Cinq d’entre eux ont ob­te­nu ré­pa­ra­tion en France grâce à la condam­na­tion pro­non­cée par le tri­bu­nal de grande ins­tance d’Or­léans.

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