Les­re­grets­tar­dif­sdel’en­traî­neurCa­ma­ret

Le Parisien (Paris) - - Faits divers - TI­MO­THÉE BOUTRY

usque- là, tout au long de son pro­cès en ap­pel, il avait op­té pour le si­lence. « Du mé­pris » , se­lon l’avo­cat gé­né­ral. Pen­dant une se­maine, l’ex- en­traî­neur de tennis Ré­gis de Ca­ma­ret n’avait rien lâ­ché face à toutes ses an­ciennes pen­sion­naires ve­nues ra­con­ter à la barre les sé­vices écoeu­rants dont elles ex­pli­quaient avoir été vic­times, ado­les­centes, dans les an­nées 1980. Tout au plus avait- il ad­mis des « er­reurs » en étant trop fa­mi­lier avec cer­taines d’entre elles. Mais hier après- mi­di, avant que la cour ne se re­tire pour dé­li­bé­rer, à la sur­prise gé­né­rale, le vieil homme aux che­veux blancs de 71 ans, qui a tou­jours nié, a pris la pa­role, san­glo­tant : « J’ai honte et je de­mande par­don, c’est tout. » Un dé­but de re­con­nais­sance tar­dif qui n’a mal­gré tout pas at­ten­dri les ju­rés de la cour d’as­sises du Var qui ont con­dam­né l’an­cien pa­tron du centre des Marres, à Saint- Tro­pez ( Var), à dix ans de pri­son pour le viol de deux an­ciennes joueuses, les seules dont les faits dé­non­cés n’étaient pas pres­crits. C’est un peu moins que les réquisitions de

Jl’avo­cat gé­né­ral — de douze à quinze ans —, mais c’est plus que les huit an­nées qu’il avait ré­col­tées en pre­mière ins­tance à Lyon ( Rhône), en 2012.

Cette pe­tite prise de conscience, on ne s’y at­ten­dait

pas du tout, ça fait du bien”

Sté­pha­nie, une vic­time

A l’énon­cé du ver­dict, l’an­cien coach est ap­pa­ru son­né dans le box. Ses nom­breuses vic­times, les deux par­ties ci­viles, Ka­rine et Sté­pha­nie, et les autres, se sont lon­gue­ment étreintes. « Dix ans, c’est juste. Ce ver­dict est apai­sant » , a com­men­té Isa­belle De­mon­geot, l’an­cienne no 2 fran­çaise dont la plainte, fi­na­le­ment écar­tée par la pres­crip­tion, avait re­lan­cé les in­ves­ti­ga­tions.

Pour Ka­rine et Sté­pha­nie, ce ver­dict est un soulagement, surtout car il met un point fi­nal à cette his­toire si an­cienne et dou­lou­reuse. « C’est dé­fi­ni­tif » , s’est ain­si ré­jouie Ka­rine. Hier, l’avo­cat gé­né­ral avait d’ailleurs qua­li­fié l’ap­pel in­ter­je­té par Ré­gis de Ca­ma­ret de « sor­dide » car son prix est « la dou­leur des vic­times » qui ont été « re­plon­gées dans le cau­che­mar » .

Les der­niers mots de l’ac­cu­sé ont évi­dem­ment ré­son­né d’une ma­nière par­ti­cu­lière aux oreilles de ses an­ciennes pro­té­gées ba­fouées. « Cette pe­tite prise de conscience, on ne s’y at­ten­dait pas du tout, ça fait du bien » , a in­di­qué Sté­pha­nie. « Je l’ai sen­ti ex­trê­me­ment ému, il avait une voix che­vro­tante, il a de­man­dé par­don et je peux vous dire que c’est un ef­fort co­los­sal » , a sou­li­gné son avo­cat, Me Eric Du­pond- Mo­ret­ti. Pour le cé­lèbre pé­na­liste qui avait de­man­dé aux ju­rés de ju­ger « le moins mal pos­sible » son client, cette prise de pa­role était surtout celle d’un homme pour le­quel « c’est très dif­fi­cile au cré­pus­cule de sa vie de re­con­naître qu’on est un sa­laud » .

Ré­gis de Ca­ma­ret a été con­dam­né à dix ans de pri­son pour le viol de deux an­ciennes joueuses.

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