La­my- Chap­puis, l’homme vo­lant attaché à ses ra­cines

Le Parisien (Paris) - - Jeux olympiques D'hiver - SANDRINE LEFÈVRE

e suis fils unique, alors même à 27 ans je reste tou­jours un peu le bé­bé de ma ma­man ! » Ja­son La­myC­hap­puis éclate de rire. De son re­gard bleu, An­nette, elle, veille sur son cham­pion olym­pique de fils, qui dé­fend au­jourd’hui son titre du com­bi­né nor­dique.

« Je ne pense tou­te­fois pas être une ma­man ul­tra pro­tec­trice » , se dé­fend cette Amé­ri­caine qui a ren­con­tré Da­niel, son ma­ri fran­çais, dans une té­lé­ca­bine. C’est pour­tant le coeur un peu ser­ré qu’elle a lais­sé Ja­son prendre son en­vol il y a quelques an­nées. « Avec Ma­rie, sa co­pine, ils ont vé­cu six mois à la mai­son. Quand ils sont par­tis, il y a eu un grand vide. » Le jeune couple ne s’est tou­te­fois ins­tal­lé qu’à 500 mde la mai­son fa­mi­liale de Boisd’ Amont ( Ju­ra). « Parce que les pistes de de­mi- fond sont tout près » , se jus­ti­fie Ja­son. Les pa­rents ont prê­té main- forte. « Pa­pa ai­dait pour tout ce qui était bois, ma­man ai­dait pour la pein­ture et la cou­ture. »

Né dans le Mon­ta­na, Ja­son La­myC­hap­puis a pas­sé ses quatre pre­mières an­nées aux Etats- Unis, pa­trie d’An­nette, avant que la fa­mille dé­cide de s’ins­tal­ler dans le Ju­ra. « On a vou­lu lui trans­mettre un mé­lange des deux cul­tures » , si­gnale An­nette. Le plus sou­vent pos­sible, le trio re­tour­nait en va­cances dans le Mon­ta­na. « Le frère de ma­man a un ranch avec des bi­sons et mille vaches. Je m’amu­sais à ten­ter de les at­tra­per au las­so » , se sou­vient le cham­pion.

Au fil de la conver­sa­tion, on sent que les liens sont ex­trê­me­ment forts. « Mon em­ploi du temps est char­gé, mais on es­saie de gar­der des mo­ments pour se re­trou­ver, on reste unis. » Unis au point de par­ti­ci­per en­semble à dif­fé­rentes cam­pagnes de pu­bli­ci­té. An­nette pour le pro­gramme Mer­ci ma­man de P& G, Da­niel ap­pa­rais­sant avec Ja­son sur des af­fiches Gillette ex­po­sées en grandes sur­faces.

La pe­tite fa­mille est au com­plet à Sot­chi, comme elle l’était à Van­cou­ver quatre ans pour tôt. « Au Ca­na­da, on a vé­cu un mo­ment vrai­ment très fort, on s’est dit que tout était pos­sible et il l’a fait. Ces Jeux de Sot­chi, on les vit à nou­veau en­semble, et puis Ja­son est porte- dra­peau ! » Le re­gard d’An­nette s’illu­mine. « C’est in­croyable. Je res­sens une telle fier­té. »

nA l’âge de 12 ans, la chute qui a tout chan­gé

La ma­man avoue qu’elle n’a ja­mais pous­sé son fils vers les JO. « Il était par­ti pour faire du sport, pas pour faire du haut ni­veau, et puis c’est ar­ri­vé… » A l’âge de 12 ans, Ja­son a pour­tant failli tout pla­quer.

« J’ai fait une chute du trem­plin de 25 m des Rousses. Je suis tom­bé la tête la pre­mière. J’ai eu une telle frousse que j’es­qui­vais les en­traîne- ments. » Le com­por­te­ment du fis­ton n’avait alors pas échap­pé à An­nette. « Un jour, elle m’a dit : Ar­rête d’es­qui­ver ! Tu vas al­ler dire à ton en­traî­neur que tu ne veux plus sau­ter. » Le dé­clic s’est alors pro­duit. Plu­tôt que de tour­ner le dos au saut à ski et au com­bi­né nor­dique, Ja­son est re­mon­té sur le trem­plin. « Ma­man m’a ai­guillé, elle ne m’a pas for­cé à y re­tour­ner. Elle vou­lait que ça vienne de moi. »

« Je ne l’ai ja­mais obli­gé à quoi que ce soit, bien au contraire ! Avec mon époux, on était par­fois là pour le frei­ner » , in­siste An­nette. Dès son plus jeune âge, le garçon était plu­tôt dé­ter­mi­né. « Il a mar­ché à 10 mois et s’est très vite mis à sau­ter par- des­sus les tables basses. A pieds joints, sur un pied, s’amuse la ma­man. Il était éga­le­ment par­ti­cu­liè­re­ment mé­tho­dique. Il avait cin­quante pe­tites voi­tures et, cal­me­ment, il les ga­rait l’une après l’autre. »

« Le cô­té per­fec­tion­niste vient de ma culture fran­çaise, as­sure Ja­son. Des Amé­ri­cains, j’ai cette fa­çon po­si­tive d’abor­der la vie, je suis quel­qu’un qui va tou­jours de l’avant. »

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( Reuters/ Mi­chael Dal­der et DR.)

Ro­sa Khu­tor ( Rus­sie), di­manche. Né dans le Mon­ta­na, Ja­son La­my- Chap­puis a pas­sé les quatre pre­mières an­nées de sa vie aux Etats- Unis, pa­trie de sa ma­man An­nette ( ci- des­sus), avant que la fa­mille ne parte s’ins­tal­ler dans le Ju­ra.

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