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Le Parisien (Paris) - - Les Sorties au cinéma - Pro­pos recueillis par

ais quel genre de fran­gins sont donc Di­dier Bour­don, Ber­nard Cam­pan et Pascal Lé­gi­ti­mus, les réa­li­sa­teurs et in­ter­prètes des « Trois Frères : le Re­tour » ? Avez- vous des frères ? dI­dIer Bour­don. J’en ai un qui a deux ans de plus. C’est la grosse tête. Il a fait Nor­male sup. Je ne l’ai pas beau­coup vu parce qu’il était par monts et par vaux. A ses cô­tés, j’ai un peu ap­pris la sub­ver­sion… pAScAL Lé­GI­tI­muS. J’ai un frère qui a trois ans de moins que moi. A mes 2 ans, j’ai dû al­ler dans un sa­na­to­rium pour des pro­blèmes d’os. Quand je suis re­ve­nu, c’est lui qui était consi­dé­ré comme l’aî­né. Moi, j’étais en dé­ca­lage. J’ai ap­pris à mar­cher tard, à par­ler tard… Je me­con­si­dé­rais sans pro­blème comme le se­cond. Mais, à 15 ans, à la mort de ma mère, j’ai eu un sur­saut de res­pon­sa­bi­li­té, j’ai tout pris à bras- le- corps. Ber­nArd cAm­pAn. J’ai un frère aî­né qui a mal vé­cu ma nais­sance. Il vou­lait me tuer. Sans plai­san­ter. Il y a quelques an­nées, je suis tom­bé sur une pho­to de nous deux, bras des­sus bras des­sous, en Italie, et j’en ai été très sur­pris parce que je n’ai pas le sou­ve­nir de mo­ments cha­leu­reux avec lui. Notre re­la­tion est de­ve­nue plus fra­ter­nelle à par­tir du mo­ment où mon père est mort. J’avais 30 ans. Vous êtes- vous dé­jà com­por­tés en faux frères ? d. B. Il a pu ar­ri­ver qu’on soit ja­loux. La peur que ça marche pour l’un des trois et pas pour les autres… Au dé­but, quand Pascal fai­sait « l’ OEil au beur( re) noir » ( de Serge Mey­nard, 1987), on se di­sait : « Pour­vu que ça nous ar­rive à nous aus­si… » Des ru­meurs de sé­pa­ra­tion ont par­fois cou­ru… d. B. ( Evo­quant sans le ci­ter leurs re­la­tions avec le pro­duc­teur Paul Le­der­man.) Il y avait entre lui et nous des rap­ports qua­si fa­mi­liaux. Le pa­ter­na­lisme, ce n’est ja­mais bon. Il n’y a pas eu de brouille entre nous, mais ça a abî­mé nos re­la­tions. B. c. Il y a eu des dis­putes, des mo­ments d’in­com­pré­hen­sion… p. L. Ça peut aus­si se pro­duire quand l’un d’entre nous veut em­me­ner les autres dans une éner­gie qu’ils n’ont peut- être pas en­vie de suivre. Mais c’est comme ça. Il faut vrai­ment être à l’écoute et pa­tients pour pré­ser­ver notre lon­gé­vi­té. Et quand Ber­nard s’est éloi­gné ? p. L. Sin­cè­re­ment, quand il a fait son film ( NDLR : « Se sou­ve­nir des belles choses » , 2001), j’étais content pour lui. De nous trois, c’était ce­lui qui avait fait le moins de choses. B. c. Je me suis quand même de­man­dé si je pour­rais un jour revenir. Je ne me voyais pas, avec les projets que j’avais, re­faire de la co­mé­die. Et vous, Pascal ? Vous n’avez ja­mais été ten­té de sor­tir dé­fi­ni­ti­ve­ment de la fra­trie ? p. L. Au mo­ment du « Pa­ri » , je me suis de­man­dé ce que j’al­lais faire. J’ai vite mon­té une boîte de pro­duc­tion, je me sen­tais plus à l’aise pour écrire pour d’autres. Ce re­tour, c’est… B. c. Une réu­nion de fa­mille !

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