« AvecMo­ni­ca, on m’ap­pe­lait­laBête »

Ega­le­ment­dans­les­salles. Ren­contre avecVin­centCas­sel, hé­ros­du­re­make de « la Belle et la Bête » avecLéaSey­doux.

Le Parisien (Paris) - - Les Sorties au cinéma - PIerre VAVASSeur

Il porte une élé­gante cas­quette en laine. A son cou, une écharpe blanc cas­sé. Il est fin, les pom­mettes taillées à la serpe. Le re­gard vous dé­taille en deux coups de griffe mais trans­porte une vraie dou­ceur. Vincent Cassel, 51 ans, tom­bé du ciel des ban­lieues en 1995 dans le film « la Haine » , de Ma­thieu Kas­so­vitz, est bien cet ani­mal de ci­né­ma à qui le masque de la Bête, dans « la Belle et la Bête » , de Christophe Gans, qui sort au­jourd’hui sur les écrans, va, si l’on peut dire, comme un gant.

En par­lant de masque, une pré­ci­sion s’im­pose. « Lorsque j’ai si­gné le contrat, j’ai dit : Nous sommes bien d’ac­cord ? Je n’en por­te­rai pas. Je ne vou­lais pas être obli­gé de me battre contre cet élé­ment phy­sique. » Ser­vi par le nec plus ul­tra des tech­no­lo­gies éprou­vées, entre autres, dans « Ava­tar » , l’ac­teur a donc joué tête nue dans son cos­tume de monstre. « J’avais juste sur le vi­sage des pe­tits re­pères fluo­res­cents de ma­nière à ca­ler en­suite un masque di­gi­tal. » Sur cette gueule mi- ours mi- loup, les in­for­ma­ti­ciens se sont ain­si ef­for­cés de « re­trans­crire » ses yeux.

nAs­sez do­cile dans la vie

Qu’on lui ait pro­po­sé d’in­car­ner le prince my­thique, vic­time d’une ma­lé­dic­tion et amou­reux de la Belle, cam­pée par Léa Sey­doux, n’a pas sur­pris outre me­sure l’ex- époux de Mo­ni­ca Bel­luc­ci. « Quand nous étions en­semble, on nous ap­pe­lait comme ça : la Belle et la Bête » , sou­rit- il. Et sur le strict plan du ci­né­ma ? « Pen­ser à moi pour faire un prince dé­chu après les rôles que j’ai joués, ça m’ap­pa­raît plu­tôt comme une bonne idée, ça ne fait pas tache. » Et sur un tour­nage, sau­vage, la bête ? « Dé­jà, dans la vie, je suis as­sez do­cile. Pour que ça se passe mal avec moi, il faut vrai­ment le vou­loir. Sur un pla­teau, c’est pa­reil. C’est lu­dique. Je suis content d’être là. » Ce qui lui dé­plaît ? « Quand ça com­mence à ron­ron­ner. Là, j’ai l’im­pres­sion de perdre mon temps. » Dans « la Belle » , la Bête ne ron­ronne pas.

Quand on a dé­bu­té avec « la Haine » , on a une image à tenir, certes. Mais n’en a- t- il pas par- des­sus le poil qu’on lui res­sorte tou­jours la même ré­fé­rence alors que les mor­ceaux de bra­voure ( « Do­ber­mann » , « Sur mes lèvres » , « Mes­rine » 1 et 2…) ne manquent pas dans sa fil­mo­gra­phie ? « Pas du tout ! C’est ex­tra­or­di­naire d’avoir eu une en­trée en ma­tière comme celle- là. » Et d’en­fon­cer le clou : « Pen­dant long­temps on m’a dit que j’étais un ac­teur gé­né­ra­tion­nel et ça m’a tou­jours plu. Parce que j’ai tou­jours es­sayé de tra­vailler avec des gens de mon âge, tou­jours mi­sé sur les gens de ma gé­né­ra­tion. »

Cé­cile, sa soeur, part en tour­née sur les routes de France sous le nom d’Hol­lySiz. « C’est une ac­trice magnifique, mais à tra­vers la mu­sique j’ai l’im­pres­sion qu’elle s’est trou­vée et c’est im­pres­sion­nant d’être témoin de ça » , se ré­jouit- il. Lui est très bran­ché sur la mu­sique brésilienne. Il vient de dé­cou­vrir la trap music, « un truc elec­tro mais en plus tri­bal » . A pro­pos de tri­bu, ses hé­ros s’ap­pellent Mas­troian­ni et Bel­mon­do. Ce même Bé­bel que les Ita­liens aiment à sur­nom­mer la Bête…

( Prod.)

Pour in­car­ner la Bête, Vincent Cassel n’a pas por­té de masque. Le vi­sage de

la créa­ture a été en­tiè­re­ment réa­li­sé en images di­gi­tales.

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