KoolS­hen, cen’est­pas unees­cro­que­rie

Aus­si sur les écrans. Le rap­peur deNTM­joueun­for­mi­dable ar­na­queur de cé­lé­bri­tés dans « Abusde fai­blesse » .

Le Parisien (Paris) - - Les Sorties au cinéma - A. G.

Drame fran­çais de Catherine Breillat, avec Isa­belle Hup­pert, Kool Shen et Lau­rence Ur­si­no. Du­rée : 1 h 44. YY A près JoeyS­tarr… Kool Shen. Alors que son ex- com­pa­gnon de rap mène une re­mar­quable car­rière de co­mé­dien no­tam­ment grâce à « Po­lisse » et « les Sei­gneurs » , l’autre moi­tié du duo NTM de­vient lui aus­si ac­teur. Kool Shen, 48 ans, de son vrai nom Bru­no Lopes, dé­boule à son tour sur les écrans de­vant la ca­mé­ra de Catherine Breillat dans « Abus de fai­blesse » . Il in­ter­prète Vil­ko, un ar­na­queur de cé­lé­bri­tés ins­pi­ré de Christophe Ro­can­court, qui a no­tam­ment abu­sé des fai­blesses de la réa­li­sa­trice, jouée dans le film par Isa­belle Hup­pert.

La ci­néaste cher­chait « un corps de rap­peur » pour in­car­ner cet homme. Elle a d’abord son­gé à Akhe­na­ton, d’IAM, fi­na­le­ment « trop mi­gnon­net » , avant d’en­ga­ger Kool Shen. « Je ne connais­sais rien de ce cou­rant mu­si­cal mais, ins­tinc­ti­ve­ment, il me sem­blait que s’en dé­ga­geaient l’éner­gie et la vio­lence que je re­cher­chais pour le per­son­nage » , dit la réa­li­sa­trice. Le rap­peur, absent de la scène, ab­sor­bé par sa pas­sion du po­ker, ne s’at­ten­dait pas à cette proposition. « Je ne suis pas al­lé au ren­dez- vous tout de suite, avoue- t- il. Mais plein de gens m’ont dit : Ton po­ker, c’est bien beau. Mais un film avec Isa­belle Hup­pert, il faut y al­ler. »

Le rôle ? « Pas­sion­nant ! Jouer un es­croc, c’est in­té­res­sant. D’au­tant plus que, dans son cas, il a une double per­son­na­li­té. C’est un en­fant par mo­ments, il est sin­cère dans sa my­tho­ma­nie. En re­vanche, le vrai per­son­nage de Ro­can­court est as­sez moyen. Je pen­sais au dé­part qu’il avait un cha­risme à la Ber­nard Ta­pie. Les gens sont fas­ci­nés par ce type qui pro­voque de l’em­pa­thie. Mais il en ra­joute sur son en­fance mal­heu­reuse, ses ar­naques avec les stars aux EtatsU­nis. Catherine Breillat ne vou­lait pas que je lui res­semble, que j’aie sa dé­marche, son phra­sé. »

nSur le tour­nage, il a ressenti le trac puis… la peur

Pour ses dé­buts d’ac­teur, Kool Shen, qui a tra­vaillé avec un coach, a donc eu la chance de don­ner la ré­plique à Isa­belle Hup­pert dans le rôle de Maud, la vic­time. « J’avais le trac, ex­plique le rap­peur. Je n’ai pas pu la ren­con­trer avant de dé­mar­rer le film. Catherine ne vou­lait ab­so­lu­ment pas. Le pre­mier jour de tour­nage, elle se fri­tait avec Isa­belle, j’ai eu peur ! Puis l’adré­na­line l’a em­por­té, comme pour un concert. Et ça s’est bien pas­sé. Isa­belle a été ado­rable avec moi. Au bout de trois jours, elle m’a dit : On di­rait que tu as fait ça toute ta vie !… »

S’il vient de tour­ner ré­cem­ment au Cam­bodge sous la di­rec­tion d’Erick Zon­ca, Kool Shen n’ou­blie pas la mu­sique. « Si on re­fai­sait quelque chose avec Joey, ce se­rait pour mon­ter sur scène. Je viens de par­ti­ci­per à l’al­bum d’un pote, Bus­ta Flex, qui sort bien­tôt. Nous fai­sons un titre en­semble avec aus­si Lord Kos­si­ty. J’ai re­trou­vé des sen­sa­tions et re­con­tac­té des pro­duc­teurs de mu­sique. Et j’ai re­com­men­cé à écrire… »

( LP/ Phi­lippe La­vieille.)

pa­ris, le 5 fé­vrier. Catherine Breillat a choi­si Kool Shen car elle re­cher­chait, pour in­car­ner l’es­croc des stars, « un corps de rap­peur » , la réa­li­sa­trice étant at­ti­rée par « l’éner­gie et la vio­lence » que dé­gage le rap.

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