Le sort de Vincent Lam­bert fixé au­jourd’hui

C’est au­jourd’hui que le Conseil d’Etat sta­tue sur la si­tua­tion de ce jeune té­tra­plé­gique. Une af­faire qui pousse cha­cun à se dé­ter­mi­ner sur sa propre fin de vie, voire à si­gner des di­rec­tives an­ti­ci­pées.

Le Parisien (Paris) - - La Une - CHRISTINE MATEUS

Le sort de Vincent Lam­bert se­ra scel­lé ce ma­tin de­vant le Conseil d’Etat. Il s’agit du der­nier vo­let dans cette af­faire qui bou­le­verse la France. L’épouse de ce té­tra­plé­gique en état de conscience mi­ni­male de­puis un ac­ci­dent de la route il y a cinq ans, un ne­veu ain­si que le CHU de Reims ( Marne) où il est hos­pi­ta­li­sé s’op­posent à son main­tien ar­ti­fi­ciel en vie. Les pa­rents de cet homme âgé de 38 ans, ca­tho­liques tra­di­tio­na­listes, sou­haitent, eux, que la plus haute ju­ri­dic­tion ad­mi­nis­tra­tive or­donne la pour­suite des trai­te­ments ad­mi­nis­trés à ce pa­tient de­ve­nu un sym­bole. Dans l’im­pos­si­bi­li­té de com­mu­ni­quer sa vo­lon­té, et n’ayant pas ré­di­gé de « di­rec­tives an­ti­ci­pées » pré­ci­sant ses sou­haits quant à sa fin de vie, Vincent Lam­bert est en­core, du moins jus­qu’à au­jourd’hui, à la mer­ci de cette dis­corde.

nUne dis­po­si­tion peu connue

Une si­tua­tion qui re­lance le dé­bat sur la fin de vie et sur les di­rec­tives an­ti­ci­pées, une dis­po­si­tion jusque- là peu connue. A tel point que l’As­so­cia­tion pour le droit à mou­rir dans la di­gni­té ( ADMD) est ain­si sub­mer­gée par une cen­taine d’ap­pels par jour. « C’est de la fo­lie, les bé­né­voles n’ar­rêtent pas de ré­pondre à des de­mandes de ren­sei­gne­ments, on nous en­voie aus­si en masse des di­rec­tives an­ti­ci­pées. Nous fai­sons éga­le­ment face à un af­flux in­édit de nou­velles adhé­sions » , té­moigne Jean- Luc Ro­mé­ro, pré­sident de cette as­so­cia­tion mi­li­tante, fon­dée en 1980, qui compte plus de 52 000 adhé­rents. C’est d’ailleurs le seul or­ga­nisme à gé­rer un fi­chier na­tio­nal des di­rec­tives an­ti­ci­pées qui en compte au­jourd’hui 40 000.

L’as­so­cia­tion date très pré­ci­sé­ment le dé­but de ce dé­fer­le­ment. Soit le 16 jan­vier, jour du ju­ge­ment du tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif de Châ­lons- en- Cham­pagne ( Marne) qui avait dé­ci­dé de stop­per le pro­ces­sus de fin de vie lan­cé par les mé­de­cins qui ac­com­pagnent Vincent Lam­bert. « Les gens ne veulent pas se re­trou­ver dans la même si­tua­tion. Ce qui se passe au­tour de lui a en- traî­né une ré­flexion de fond. Lorsque le cas de Chan­tal Sé­bire avait été mis en lu­mière, nous avions re­çu plus d’ap­pels qu’à l’ac­cou­tu­mée mais ils étaient moins nom­breux et ce­la n’avait pas du­ré. Ces per­sonnes étaient surtout dans l’émo­tion et se de­man­daient comment ai­der cette femme » , ana­lyse Jean- Luc Ro­mé­ro. Chan­tal Sé­bire, 52 ans, at­teinte d’une tu­meur rare, avait ré­cla­mé une aide ac­tive à mou­rir. Elle lui se­ra re­fu­sée et se sui­ci­de­ra en mars 2008 après une in­ges­tion mas­sive de bar­bi­tu­riques.

Au­jourd’hui, il n’existe pas de sup­port ré­gle­men­taire pour pré­ci­ser ses di­rec­tives an­ti­ci­pées ( lire ci- des­sous). Cha­cun peut les ré­di­ger sur une feuille blanche ou uti­li­ser les for­mu­laires types dis­po­nibles sur le site In­ter­net de l’ADMD, de l’as­su­rance ma­la­die et sur ce­lui de la So­cié­té fran­çaise d’ac­com­pa­gne­ment des soins pal­lia­tifs. Se­lon une étude de l’Ins­ti­tut na­tio­nal dé­mo­gra­phique ( Ined) de dé­cembre 2012, seuls 2,5 % des pa­tients en fin de vie avaient fait cette dé­marche.

( Pho­to pqr/ « l’Union de Reims » . )

Reims ( Marne). Ce ma­tin se dé­roule le der­nier vo­let du cas de Vincent Lam­bert, en état de conscience mi­ni­male de­puis un ac­ci­dent de la route il y a cinq ans.

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