Le cal­vaire de Ja­son La­my- Chap­puis

8e après le saut, le Ju­ras­sien a fi­na­le­ment ter­mi­né 35e de l’épreuve dont il était le te­nant du titre. En cause, un­mau­vais choix de­ma­té­riel.

Le Parisien (Paris) - - La Une - RUSSKIE GOR­KI ( RUS­SIE) De l’un de nos en­voyés spé­ciaux ÉRIC BRU­NA

Af­fa­lé dans l’aire d’ar­ri­vée, le souffle cou­pé, le porte- dra­peau fran­çais est en berne. Après une épreuve cau­che­mar­desque, Ja­son La­my- Chap­puis vient de fran­chir la ligne en 35e po­si­tion, à 2’ 37’’ 5 de l’Al­le­mand Fren­zel, qui lui suc­cède au pal­ma­rès olym­pique du com­bi­né nor­dique ( pe­tit trem­plin).

Presque trop gros pour être vrai, d’au­tant que le roi dé­chu res­tait à por­tée de trône après le saut ( 8e à 31’’). A se de­man­der s’il n’existe pas une ma­lé­dic­tion du porte- dra­peau en France, tant la ban­nière semble dure à por­ter. Digne dans la dé­faite, la tête de pont des Bleus, mé­con­nais­sable, s’est pin­cé pour y croire. « Ce­la ne re­flète pas ce que je vaux, lâche- til. Il y a quinze jours, en Coupe du monde, je mets 1’ 30 à des gars qui me doublent au­jourd’hui ( NDLR : hier). Je ne sais pas ce qui s’est pas­sé, si c’est la struc­ture, le fart, le ski… Les jambes clai­re­ment étaient un peu moins bonnes mais ce­la ne va­lait pas non plus de me prendre plus de 2’ 30 sur un 10 bornes. »

Etienne Gouy, en­traî­neur de l’équipe de France de com­bi­né nor­dique avoue « un choix ris­qué » de ma­té­riel. En re­pas­sant à la main par­des­sus la struc­ture ( stries des se­melles) faite en ma­chine, les tech­ni­ciens pen­saient amé­lio­rer la glisse du n° 1 tri­co­lore. C’est l’in­verse qui s’est pro­duit. « On en est presque sûrs, souffle Ni­co­las Mi­chaux, di­rec­teur du ski nor­dique. La dif­fé­rence avec les skis d’échauf­fe­ment, pour­tant cen­sés être moins bons, était fla­grante. Ja- son a tout de suite dit qu’il ne les sen­tait pas. » Ré­sul­tat, La­my- Chap­puis, qui n’était dé­jà pas au top de sa forme, a traî­né sa peine dès la fin du pre­mier des quatre tours.

Il a aus­si droit à l’er­reur”

An­nette, sa ma­man

« Ça m’est dé­jà ar­ri­vé de pas­ser au tra­vers sur de grands évé­ne­ments, comme aux Cham­pion­nats du monde de Sap­po­ro en 2007 ( 15e), se for­cet- il à sou­rire. Mais sur les Jeux, sur la course où je suis cham­pion olym­pique en titre, ça fait vrai­ment très mal. C’est quand même dif­fi­cile de ter­mi­ner une course pa­reille, de se faire pas­ser à droite à gauche par des gars qui n’ont pas ton ni­veau. »

Mal­gré le nau­frage, le qua­druple cham­pion du monde n’a ja­mais son­gé à je­ter l’éponge. « On n’a pas le droit d’aban­don­ner, surtout aux Jeux » , glisse Jez, qui ré­fute un quel­conque sur­croît de pres­sion dû à son sta­tut de porte- dra­peau.

La­my- Chap­puis a dé­sor­mais cinq jours pour di­gé­rer son cal­vaire avant l’épreuve en grand trem­plin. « C’est un flyer ( NDLR : un homme vo­lant), pré­voit son co­équi­pier Maxime La­heurte. Il se­ra pré­sent. »

Dans les tri­bunes, Da­niel et An­nette, les pa­rents du Ju­ras­sien, ont vi­bré. Mais pas comme ils l’es­pé­raient. « Ce n’est pas une ma­chine, il a aus­si le droit à l’er­reur, confie An­nette. Il n’a pas be­soin de ga­gner pour qu’on soit fiers, du mo­ment qu’il donne tout ce qu’il peut. Et mar­di, il va mon­trer les dents. »

( AFP/ Pierre- Phi­lippe Mar­cou.)

Russkie Gor­ki ( Rus­sie), hier. Mé­con­nais­sable, Ja­son La­my- Chap­puis a fran­chi la ligne d’ar­ri­vée en 35e po­si­tion, très loin der­rière les pre­miers. « Je ne sais pas ce qui s'est pas­sé, si c'est la struc­ture, le fart, le ski... » a dé­plo­ré le Fran­çais.

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