A Cor­beil, le bras droit de Das­sault est « to­ta­le­ment­se­rein »

Le Parisien (Paris) - - Le fait du jour - MA­RIE D’ORNELLAS COR­BEIL- ES­SONNES ( ES­SONNE)

« Oui. » Contac­té, hier après­mi­di, Serge Das­sault nous confirme en trois pe­tites lettres sa vo­lon­té d’être can­di­dat à Cor­beil ( Es­sonne). Ce n’est donc pas sa le­vée d’im­mu­ni­té par­le­men­taire vo­tée, hier, au Sé­nat qui le sor­ti­ra de la course aux mu­ni­ci­pales dans la ville où il a été maire de 1995 à 2009. Mais le sé­na­teur UMP ne se­ra pas tête de liste. Rôle confié à son ami et suc­ces­seur Jean- Pierre Bech­ter ( UMP), lui- même mis en exa­men pour re­cel d’achats de votes lors des der­niers scru­tins lo­caux…

Les deux hommes ont tou­jours contes­té les sus­pi­cions de fraudes élec­to­rales qui por­te­raient sur 7M€, se­lon les juges. « Une mise en exa­men ne veut pas dire cou­pable et elle ne chan­ge­ra rien aux élec­tions. Les son­dages que nous avons sont très po­si­tifs » , ré­pète Jean- Pierre Bech­ter. C’est donc « une cam­pagne éclair et à l’an­cienne » qu’il veut me­ner avec ses 150 mi­li­tants. « Du trac­tage, du porte- à- porte et pas de réu­nion pu­blique, car ça ne sert à rien, il n’y a que les convain­cus qui viennent » , dé­crit- il. Mais sans Serge Das­sault à ses cô­tés, con­trai­re­ment aux fois pré­cé­dentes. Car les ma­gis­trats lui in­ter­disent d’en­trer en contact avec lui tant que l’in­dus­triel ne se­ra pas à son tour en­ten­du. « Il peut ser­rer les mains au même mo­ment que moi, mais pas au même en­droit. Quand on pour­ra, on le fe­ra en­semble » , pour­suit le maire. Et de mar­te­ler que si le sé­na­teur sou­haite être sur la liste, « il choi­si­ra sa place » . D’au­tant que si la jus­tice main­tient l’im­pos­si­bi­li­té pour les deux amis de se par­ler, le sé­na­teur peut oc­cu­per, comme en 2010, une place non éli­gible et, donc, sans for­cé­ment se cô­toyer.

En at­ten­dant le dé­pôt des listes d’ici au 6 mars, ils en­voient leurs ouailles dé­fendre leur bi­lan. « Les gens ne nous in­ter­pellent pas sur les af­faires ju­di­ciaires, car ils connaissent la mu­sique qui re­vient à chaque mu­ni­ci­pale, dé­ve­loppe le maire ad­joint, Jean- Fran­çois Bayle. Alors, on fait cam­pagne comme tout le monde. » « Bech­ter se re­pré­sente ? Ah, vous me ras­su­rez ! Mer­ci pour cette bonne nou­velle » , l’interrompt une femme sur le mar­ché. Un peu plus loin, Yves pro­met que cette mise en exa­men ne l’in­fluen­ce­ra pas. « Je m’ap­puie sur le bi­lan. Les achats de votes, ça reste à prou­ver. Dans un bis­trot, on en­tend une ver­sion et dans ce­lui d’à cô­té, une autre. »

Eu­la­lie est per­due. « Je ne sais pas si je vais vo­ter à droite ou à gauche. Quand je re­garde les in­fos, entre les his­toires du pré­sident et Cor­beil, je trouve que c’est trop ! Les achats de voix, si c’est vrai, ce n’est pas bien, souffle- t- elle. Mais Bech­ter ou Das­sault, je les admire. Mont­con­seil ( NDLR : un quar­tier sen­sible), ça ne res­semble plus du tout à ce que c’était. »

« Je ne sais plus sur qui comp­ter, glisse Phi­lippe. De­puis deux ans et de­mi, je cherche un lo­ge­ment pour une han­di­ca­pée et le maire ne me ré­pond pas. Ça ne donne pas en­vie de vo­ter pour lui. Mais sa mise en exa­men, ça ne joue­ra pas. »

Un dis­cours qui n’échappe pas à Bru­no Pi­riou ( PC). Sur le mar­ché, le can­di­dat à la tête d’une liste ci­toyenne dé­taille son am­bi­tion : « Créer une nou­velle ère dé­mo­cra­tique et se consa­crer au dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique. Mais Cor­beil est sous l’em­prise de la cor­rup­tion. Le risque de la can­di­da­ture de Bech­ter, c’est de ba­na­li­ser les af­faires ju­di­ciaires, faire qu’on puisse être mis en exa­men et consi­dé­rer que ce n’est pas grave. Or, il touche au suf­frage uni­ver­sel. »

Pour l’op­po­sant, « les deux sur la même liste, ça n’a pas de sens. Comment ils font leur pro­gramme, alors qu’ils ne peuvent être en contact ? C’est prendre les ha­bi­tants pour des im­bé­ciles ! » « Les élec­teurs au­ront, le 23 mars, une oc­ca­sion de contri­buer de fa­çon dé­ci­sive à la fin de ce sys­tème cor­rup­teur » , dé­clare le dé­pu­té PS, proche de Ma­nuel Valls, Car­los Da Sil­va, éga­le­ment can­di­dat.

Jean- Pierre Bech­ter n’en a que faire et s’amuse des mul­tiples listes à gauche. « Plus la droite a des en­nuis ju­di­ciaires, plus la gauche est di­vi­sée à Cor­beil » , se dé­sole une élue de gauche. « Je suis to­ta­le­ment se­rein. Et ils vont se la prendre, la cam­pagne » , as­sure Bech­ter. Reste que, quelques jours plus tôt, trois in­con­nus dis­tri­buaient sur le mar­ché des tracts ac­cu­sant le maire et un de ses proches d’être com­plice et « ins­ti­ga­teur » de la cri­mi­na­li­té sur fond de fraudes élec­to­rales.

Sa mise en exa­men, ça ne joue­ra pas”

Phi­lippe, un élec­teur de Cor­beil

Cor­beil- Es­sonnes, le 20 jan­vier. Jean- Pierre Bech­ter, la tête de liste UMP et maire sor­tant, veut, mal­gré sa mise en exa­men, me­ner une « cam­pagne éclair et à l’an­cienne » .

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