Le site nucléaire al­sa­cien nes era­pas dé­man­te­léa vant2 018

Le Parisien (Paris) - - Spécial municipales - RO­SA­LIE LU­CAS

C’est de­ve­nu LE sym­bole des pro­messes éco­lo­giques de Fran­çois Hol­lande : la fer­me­ture de Fes­sen­heim. Comme la ré­duc­tion de 75 % à 50 % de la part du nucléaire dans la pro­duc­tion d’élec­tri­ci­té, l’ar­rêt de la plus an­cienne cen­trale de France est ins­crit noir sur blanc dans le texte des 60 en­ga­ge­ments de cam­pagne du can­di­dat so­cia­liste.

Après des mois de flot­te­ment et d’hé­si­ta­tion, le gou­ver­ne­ment semble bien dé­ci­dé à y par­ve­nir. Le pré­sident l’a mar­te­lé dans son dis­cours ou­vrant la confé­rence en­vi­ron­ne­men­tale en sep­tembre der­nier : « Je rap­pelle que la cen­trale de Fes­sen­heim se­ra fer­mée d’ici fin 2016. »

Pour respecter ce ca­len­drier, il a fal­lu dis­so­cier la pro­cé­dure de fer­me­ture et celle du dé­man­tè­le­ment. Ce­lui- ci, comme l’a ex­pli­qué le mi­nistre de l’Eco­lo­gie en jan­vier, n’in­ter­vien­drait qu’ « en 2018- 2019 » , le temps no­tam­ment pour l’Au­to­ri­té de sû­re­té nucléaire ( ASN) d’en ap­prou­ver le dos­sier. La dé­ci­sion d’ar­rêt de­vra être ins­crite dans la loi de tran­si­tion éner­gé­tique qui pas­se­ra en Conseil des mi­nistres au prin­temps et de­vrait être adop­tée par le Par­le­ment à la fin de l’an­née. Les éco­lo­gistes as­surent qu’ils sont très confiants sur Fes­sen- heim. « Re­non­cer à cette fer­me­ture avant la fin de son man­dat se­rait une er­reur élec­to­rale » , pré­vient le dé­pu­té éco­lo­giste De­nis Bau­pin.

nQuid des autres vieilles cen­trales ?

En re­vanche, l’in­quié­tude est plus grande pour le reste du vo­let nucléaire qui se­ra éga­le­ment ins­crit dans cette même loi. Les in­for­ma­tions du « Monde » ex­pli­quant que l’Ely­sée en­vi­sa­geait de rem­pla­cer les vieilles cen­trales par des EPR ( ré­ac­teurs de 3e gé­né­ra­tion) ont je­té un froid. Si Ma­ti­gnon a qua­li­fié cette hy­po­thèse de « pures ru­meurs » , le doute est là. « C’est un scé­na­rio évo­qué » , re­con­naît une source gou­ver­ne­men­tale, ex­pli­quant que le pro­lon­ge­ment des vieilles cen­trales coû­te­rait trop cher.

« Tout ce­la est souf­flé par le lob­by du nucléaire » , s’agace- t- on chez Eu­rope Eco­lo­gie- les Verts. « Cer­tains au gou­ver­ne­ment s’amusent à lan­cer des ballons d’es­sai » , grince une élue. « Ce qui est in­té­res­sant, c’est qu’EDF re­con­naisse en­fin que pro­lon­ger les cen­trales au- de­là de qua­rante ans est très coû­teux, sou­ligne Bau­pin. Mais il faut aus­si com­prendre qu’il n’y a rien de plus coû­teux qu’un EPR. » Se­lon ce dé­pu­té rap­por­teur de la com­mis­sion d’en­quête sur le coût de la fi­lière nucléaire, « l’éner­gie re­nou­ve­lable est au­jourd’hui plus ren­table que l’éner­gie nucléaire » .

Les éco­lo­gistes sont donc sur les dents. « Si l’idée de cette loi, c’est de faire une syn­thèse entre ce que veulent les éco­lo­gistes et ce que veut le lob­by nucléaire, ça ne pour­ra pas mar­cher » , pré­vient Em­ma­nuelle Cosse, pa­tronne d’EELV, qui re­fuse « une loi au ra­bais » . De­puis des mois, les éco­los as­surent que la loi sur la tran­si­tion éner­gé­tique est leur cur­seur pour res­ter ou non au gou­ver­ne­ment. Ver­dict au prin­temps.

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