ANogent, les­ma­ga­sins ali­men­tai­res­se­fon­trares

Le Parisien (Paris) - - Economie - NOGENT- SUR- MARNE ( VAL- DE- MARNE). E. M.

Em­mi­tou­flée dans son man­teau de four­rure, Huguette longe la Grande- Rue- Charles- de- Gaulle, qui tra­verse Nogent- sur- Marne ( Val- de- Marne). « Là, il y avait un épi­cier, ici, un mar­chand de lé­gumes » , égrène cette ha­bi­tante en poin­tant du doigt les op­ti­ciens et les bou­tiques de vê­te­ments nou­vel­le­ment ins­tal­lés dans cette com­mune de 31 000 ha­bi­tants. « Main­te­nant, on manque de com­merces d’ali­men­ta­tion et de dro­gue­ries » , peste cette élé­gante re­trai­tée.

Peu im­portent les gé­né­ra­tions, les No­gen­tais font le mê­me­cons­tat. « On n’a plus de pois­son­ne­rie et il ne reste qu’un bou­cher dans le centre- ville » , constate le cho­co­la­tier, Lionel. « Heu­reu­se­ment qu’il reste le mar­ché trois fois par se­maine ! » pour­suit Eve­lyne, l’une de ses clientes.

Pour faire face à la dis­pa­ri­tion des com­merces de bouche et pré­ser­ver la di­ver­si­té des bou­tiques dans sa ville, le maire UMP de Nogent- surMarne, Jacques- Jean- Paul Mar­tin, s’avoue à court de moyens. Certes, la loi a ren­du de­puis 2005 les com­munes prio­ri­taires pour l’achat des fonds com­mer­ciaux mis en vente dans des zones dé­fi­nies. Mais ce droit de pré­emp­tion est dans les faits très dif­fi­cile à mettre en oeuvre… car les com­munes manquent d’ar­gent. A Nogent- sur- Marne, mal­gré la dé­fi­ni­tion des pé­ri­mètres prio­ri­taires qui in­cluent no­tam­ment la Grande- Rue- Charles- deGaulle et une por­tion du bou­le­vard de Stras­bourg, au­cun com­merce mis en vente n’a pu être pré­emp­té. A près de 400 000 € pour une sur­face com­mer­ciale de 100 m2, la fac­ture était trop éle­vée.

Ce pro­blème concer­nant la ma­jo­ri­té des com­munes fran­çaises, le pro­jet de loi Pi­nel pré­voit que cel­les­ci puissent dé­lé­guer leur droit de pré­emp­tion à une co­opé­ra­tion in­ter­com­mu­nale. Une idée ef­fi­cace ? « Je doute que les in­ter­com­mu­na­li­tés ac­ceptent ce mar­ché, qui leur coû­te­rait beau­coup ar­gent… » ré­pond l’édile Jacques- Jean- Paul Mar­tin. Même ré­serve concer­nant l’al­lon­ge­ment du droit de pré­emp­tion de deux à trois ans. « Ce­la ne chan­ge­ra rien. Et d’ailleurs, est- ce vrai­ment aux com­munes à ra­che­ter des com­merces ? » lance- t- il avant de s’en­gouf­frer dans l’un des hauts lieux de Nogent- sur- Marne, le Val de Beau­té.

Il y a trois ans, ce res­tau­rant guin­guette a failli être trans­for­mé en lo­ge­ments. Ce n’est que grâce à sa force de per­sua­sion que le maire a réus­si à em­pê­cher ce­la.

On n’a plus de pois­son­ne­rie

et il ne reste qu’un bou­cher”

Lionel, cho­co­la­tier

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