Pro­mes­sesd’em­bauches: Gat­taz­ré­tro­pé­dale

Aprè­sa­voir re­fu­séde s’en­ga­gerà­créerdes em­ploi­se­né­chan­ged’al­lè­ge­mentsde charges, le pa­tron­des­pa­tron­saé­vo­qué­hier la pos­si­bi­li­té d’ « en­ga­ge­ments chif­frés » .

Le Parisien (Paris) - - Economie - TAN­GUY DE L’ESPINAY

Marche ar­rière toute. Le pré­sident du Me­def, Pierre Gat­taz, a fi­na­le­ment in­di­qué hier ne pas ex­clure « des en­ga­ge­ments chif­frés » des en­tre­prises en ma­tière de créa­tion d’emplois dans le cadre du pacte de res­pon­sa­bi­li­té. Un très net chan­ge­ment de ton pour ce­lui qui, deux jours plus tôt, n’avait pas mâ­ché ses mots en ex­pli­quant que les al­lè­ge­ments de charges pro­mis ne de­vaient pas s’ac­com­pa­gner de « contrainte » sur les en­tre­prises.

Hier, c’est dans l’avion pré­si­den­tiel, quelque part entre Wa­shing­ton et San Fran­cis­co, que le « pa­tron des pa­trons » a cor­ri­gé le tir, avec pré­cau­tion : « Je n’ex­clus pas des en­ga­ge­ments chif­frés qui se­raient des ob­jec­tifs à par­ta­ger sur la base d’es­ti­ma­tions » , a- t- il dit, évi­tant tou­te­fois d’uti­li­ser le mot « contre­par­ties » . « On ne pour­ra pas faire n’im­porte quoi. […] Je ne pour­rai ja­mais prendre un en­ga­ge­ment ju­ri­dique dans un en­vi­ron­ne­ment, in­stable, mon­dia­li­sé et très concur­ren­tiel » , a- t- il fait va­loir, ré­af­fir­mant que ce pacte de res­pon­sa­bi­li­té ne de­vait pas de­ve­nir un « pacte de contrainte » .

Pierre Gat­taz n’a donc pas chan­gé d’avis, mais il nuance. Sa sor­tie très sèche contre le pacte de res­pon­sa­bi­li­té deux jours plus tôt à Wa­shing­ton, où il était pour­tant convié au sein de la dé­lé­ga­tion fran­çaise ac­com­pa­gnant le pré­sident Hol­lande, l’avait pla­cé en po­si­tion dé­li­cate.

Hous­pillé par Jean- Marc Ay­rault, Mi­chel Sapin et Najat Vallaud- Belkacem, ré­pri­man­dé par Bru­no Le Roux et Fran­çois Reb­sa­men, les chefs de file du PS dans les deux Chambres, le pa­tron du Me­def s’était même at­ti­ré les foudres de Jean- Fran­çois Rou­baud, pré­sident de la CGPME, se­lon qui « quand on est en vi­site d’Etat, on est là pour vendre notre

Je n’ex­clus pas des en­ga­ge­ments

chif­frés”

pays, on n’a pas à éta­ler nos dif­fé­rends na­tio­naux » .

Plus pru­dent dans sa ré­ac­tion, le chef de l’Etat avait joué la pru­dence mar­di, ap­pe­lant de­puis Wa­shing­ton les en­tre­prises à prendre des « en­ga­ge­ments » à un « ni­veau ap­pro­prié » . Une porte de sor­tie dans la­quelle Pierre Gat­taz s’est donc en­gouf­fré hier. « Bonne idée » , a- t- il ré­pon­du, avant de mul­ti­plier les signes de bonne vo­lon­té. « Il y au­ra des en­ga­ge­ments de mo­bi­li­sa­tion sur les ap­pren­tis et les emplois à la condi­tion que les choses bougent et que cer­tains ver­rous se dé­bloquent » , a- t- il as­su­ré, ar­bo­rant son fa­meux pin’s pro­met­tant un mil­lion d’emplois nets en cinq ans. Qua­li­fiant le pacte de res­pon­sa­bi­li­té de « chance his­to­rique » pour la France, Pierre Gat­taz a même lan­cé, enthousiaste : « Sup­por­teur de la France, je le dis aux Etats- Unis : France is back. » Mes­sage re­çu cinq sur cinq par Najat Val­laudBel­ka­cem, qui se ré­jouis­sait hier soir que « M. Gat­taz ait re­trou­vé ses es­prits » .

Wa­shing­ton ( Etats- Unis), mar­di soir. Le pré­sident du Me­def ar­rive au dî­ner don­né à la Mai­son- Blanche.

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