Di­rec­tives an­ti­ci­pées, mode d’em­ploi

Le Parisien (Paris) - - Société - CHRISTINE MATEUS

Doit- on me main­te­nir en vie si un ac­ci­dent me plonge dans un co­ma ir­ré­ver­sible ? Ré­di­ger ses consignes pour le jour où l’on ne se­rait plus en me­sure de les ex­pri­mer : c’est ce que per­mettent les di­rec­tives an­ti­ci­pées, mises en place en 2005 par la loi Leo­net­ti re­la­tive aux droits des ma­lades et à la fin de vie. Elles re­pré­sentent donc la dé­ci­sion ul­time, « l’ar­rêt ou la li­mi­ta­tion d’un trai­te­ment inu­tile ou dis­pro­por­tion­né, ou la pro­lon­ga­tion ar­ti­fi­cielle de la vie » .

Un texte dont vous êtes l’au­teur. Vous seul pou­vez écrire vos di­rec­tives an­ti­ci­pées, qui se­ront da­tées et si­gnées. Outre vos vo­lon­tés, vos nom, pré­noms et lieu de nais­sance doivent clai­re­ment ap­pa­raître sur le do­cu­ment. Si vous n’êtes pas en me­sure de l’écrire et de le si­gner vous­même, vous pou­vez faire ap­pel à deux té­moins qui at­tes­te­ront par écrit que le do­cu­ment ex­prime bien votre dé­ci­sion. Désignez des per­sonnes de confiance. Il est re­com­man­dé de trou­ver par­mi vos proches deux per­sonnes de confiance, au moins, pour faire va­loir au corps mé­di­cal vos di­rec­tives an­ti­ci­pées. Ces der­nières, après avoir pré­ci­sé leur identité sur le do­cu­ment, de­vront y écrire en toutes lettres « Ac­cepte le man­dat qui m’est confié » avant de le si­gner.

Des consignes mais pas une obligation. Les di­rec­tives an­ti­ci­pées re­pré­sentent les sou­haits du pa­tient mais ne contraignent pas les pra­ti­ciens, qui doivent sim­ple­ment en tenir compte. Elles ne sont donc pas op­po­sables mais seule­ment in­di­ca­tives. « Le mé­de­cin n’est pas te­nu de s’y confor­mer si d’autres élé­ments ve­naient mo­di­fier son ap­pré­cia­tion » , pré­cise la do­cu­men­ta­tion du mi­nis­tère de la San­té.

Un do­cu­ment va­lable trois ans. Les di­rec­tives an­ti­ci­pées sont à re­nou­ve­ler « par simple dé­ci­sion de confir- ma­tion si­gnée par leur au­teur sur le do­cu­ment » , ex­plique le dé­cret du 6 fé­vrier 2006. Elles sont mo­di­fiables et ré­vo­cables à tout mo­ment par la per­sonne — obli­ga­toi­re­ment ma­jeure — qui les a ré­di­gées. Celle- ci doit en conser­ver un exemplaire et peut en adres­ser une co­pie à un proche ou à son mé­de­cin trai­tant. Et si, en­tre­temps, vous tom­biez dans un état dit d’in­cons­cience ( ma­la­die d’Alz­hei­mer…) et qu’il vous était im­pos­sible d’ef­fec­tuer le re­nou­vel­le­ment, « ces di­rec­tives de­meurent va­lides » , sou­ligne le dé­cret.

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