« Le­mé­de­ci­nen­tien­dra tou­jours­compte »

DrJean- Ma­rieFa­roud­ja, mem­bre­duCNOM

Le Parisien (Paris) - - Société - Pro­pos recueillis par C. M.

Des af­fiches pré­sen­tant les di­rec­tives an­ti­ci­pées ornent dé­sor­mais les ca­bi­nets mé­di­caux. Le Conseil na­tio­nal de l’ordre des mé­de­cins ( CNOM) les a ré­cem­ment dis­tri­buées aux 270 000 pra­ti­ciens. Le but, se­lon le doc­teur Fa­roud­ja, pré­sident de la sec­tion éthique et dé­on­to­lo­gique du CNOM : faire connaître ce droit. Que pen­sez- vous de ce re­gain d’in­té­rêt pour les di­rec­tives an­ti­ci­pées ? At­ten­tion, il ne faut pas confondre. Les ré­di­ger ne veut pas dire ré­cla­mer une eu­tha­na­sie qui, de toute fa­çon, n’est pas pré­vue par la loi. Ce­la ne veut pas dire que tous les gens qui au­ront fait cette dé­marche se pro­noncent fa­vo­ra­ble­ment pour la li­mi­ta­tion ou l’ar­rêt des trai­te­ments. Cer­tains de­mandent à ce que tout soit fait pour les main­te­nir en vie ! De plus, les di­rec­tives an­ti­ci­pées que l’on au­ra faites à 20 ans, par­fois très ca­té­go­riques du genre « Vous dé­bran­chez tout » , ne se­ront pas for­cé­ment les mêmes lors­qu’on se rap­pro­che­ra de la mort. C’est une ques­tion dé­li­cate qui touche à l’in­time. Tout le monde rê­ve­rait de rendre son der­nier souffle comme dans « la Mam­ma » , la chan­son d’Az­na­vour, en­tou- ré de ses en­fants qui vous tien­draient la main et qui re­mon­te­raient votre oreiller. C’est pour cette rai­son que l’ordre sou­haite qu’elles ne soient qu’in­di­ca­tives ? Le mé­de­cin doit prendre la dé­ci­sion in fine après une ré­flexion col­lé­giale. Tou­te­fois, il vaut mieux que ces di­rec­tives an­ti­ci­pées existent. Même s’il n’est pas obli­gé de les suivre, le mé­de­cin en tien­dra tou­jours compte ! Je pense d’ailleurs que le pro­blème de fond concer­nant Vincent Lam­bert est l’ab­sence de di­rec­tives an­ti­ci­pées. Nous in­ci­tons donc les gens à les ré­di­ger avec leur mé­de­cin trai­tant. Pas pour qu’il les dicte mais pour ré­pondre aux ques­tions de son pa­tient. Il fau­drait aus­si que ce do­cu­ment soit fa­ci­le­ment consul­table par le corps mé­di­cal. Qu’il soit par exemple no­ta­rié ou pré­sent sur la carte Vi­tale. Dans quel état d’es­prit êtes- vous quelques heures avant l’ar­rêt du Conseil d’Etat ? Nous at­ten­dons ce que nous di­ront les sages car les consé­quences de leur dé­ci­sion se­ront énormes. Elle fe­ra ju­ris­pru­dence. C’est un cas dif­fi­cile, les ar­gu­ments de cha­cun se dé­fendent. Je plains sin­cè­re­ment ceux qui ont à tran­cher.

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