Pa­ris au creux de la vague

A la veille du mee­ting du Stade Fran­çais Cour­be­voie

Le Parisien (Paris) - - Sports Ile- De- France - CHRISTOPHE LE­MAIRE ( AVEC FRÉ­DÉ­RIC VAN DE PONSEELE)

La na­ta­tion fran­ci­lienne a beau re­pré­sen­ter un peu plus d’un sixième des 300 000 li­cen­ciés du pays, elle ne surfe plus sur le haut de la vague. Ex­pli­ca­tions, au mo­ment où la sai­son en grand bas­sin fait une halte à Cour­be­voie entre de­main et di­manche.

Plus de stars. Aux JO de Londres, seuls trois Fran­çais sur vingt- neuf étaient li­cen­ciés dans la ré­gion : Amau­ry Le­veaux ( La­gar­dère Pa­ris Ra­cing), My­lène La­zare et An­tho­ny Pan­nier ( Sar­celles). La re­lève im­mé­diate en équipe de France re­pose sur le pa­pillon­neur Jor­dan Coel­ho ( 21 ans ; Etampes) ou sur Isa­belle Mab­boux ( 21 ans ; ACBB). « Il y a des cycles, et de­puis quelques an­nées, c’en est un mau­vais » , es­time JeanLio­nel Rey, leur en­traî­neur à l’In­sep. Ni­co­las Scherer, responsable ré­gio­nal au­près de la Fé­dé­ra­tion fran­çaise l’ex­plique no­tam­ment­par le fait que « la ré­gion est l’une des moins bien lo­ties en ma­tière d’équi­pe­ments » . « Nos pis­cines sont très vieillis­santes et ce­la a un im­pact sur la dis­po­ni­bi­li­té des lignes d’eau pour les jeunes, pré­cise- t- il. Mais nous tra­vaillons de­puis quatre ans pour les ac­com­pa- gner vers le haut ni­veau. L’ob­jec­tif est d’en me­su­rer l’im­pact aux JO de 2016 et d’es­pé­rer ob­te­nir des ré­sul­tats si­gni­fi­ca­tifs en 2020. »

Des clubs sans moyens. Pre­mière struc­ture de la ré­gion mais seule­ment 15e au clas­se­ment na­tio­nal éta­bli l’an pas­sé par la Fé­dé­ra­tion fran­çaise, l ’ AAS Sar­celles Na­ta­tion 95 dis­pose d’un bud­get annuel de 400 000 €. Soit douze fois in­fé­rieur à ce­lui de Mar­seille ( 5 M€), le meilleur club fran­çais. « Nous nous en sor­tons très bien, es­time néan­moins Guy Can­za­no, pré­sident sar­cel­lois de­puis 1966. Nous fai­sons même ex­cep­tion avec près de 900 li­cen­ciés, des ins­tal­la­tions mo­dernes et de bons ré­sul­tats même s’ils sont un peu tron­qués. » Car les meilleurs nageurs de Sar­celles s’en­traînent à Nar­bonne sous la hou­lette de Phi­lippe Lu­cas. Avec Laure Ma­nau­dou, ce der­nier avait fait les beaux jours du CN Me­lun- Val- de- Seine dans les an­nées 2000. « Ce que le club a vé­cu re­lève de l’ex­cep­tion­nel, ex­plique son nou­veau pré­sident, You­ri Soyer. De par la taille de la ville, Me­lun n’avait pas vo­ca­tion à mon­ter si haut. Au­jourd’hui, le club se di­rige vers une po­li­tique de masse. Et si de­main, on tombe sur la perle rare, tant mieux. Mais nous n’irons pas la re­cru­ter ailleurs. » Un constat qui vaut pour les autres clubs de la ré­gion, dont le pou­voir d’at­trac­tion reste très limité.

Pas de maître à bord. Si le CS Clichy 92 a do­mi­né avec Me­lun la na­ta­tion fran­çaise dans les an­nées 2000, c’est grâce au ré­seau et à l’im­pli­ca­tion de son pré­sident, Gé­rard Du­rand. Sous son im­pul­sion, le club des Hauts- deSeine a rem­por­té cinq fois les in­ter­clubs, avec le sou­tien de quelques spon­sors gé­né­reux ( L’Oréal) et le ren­fort des meilleurs nageurs du mo­ment ( Bous­quet, Pop­chan­ka, Si­cot ou Le Pa­ran­thoën). De­puis le dé­cès sou­dain de Gé­rard Du­rand en 2006, le club est tom­bé dans l’ou­bli. « Il y a de très bons nageurs et de très bons en­traî­neurs dans la ré­gion, ga­ran­tit Ni­co­las Scherer, mais il manque peut- être un lea­der. »

( LP./ Fré­dé­ric Du­git)

Jor­dan Coel­ho, na­geur d’Etampes et cham­pion de France en titre en grand bas­sin sur 200 mpa­pillon, est l’un des meilleurs es­poirs de la na­ta­tion fran­ci­lienne, qui peine à exis­ter.

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