L’amour réus­sit à Ru­quier

La pièce de Laurent Ru­quier « Je pré­fère qu’on reste amis » fait un ta­bac à Pa­ris. Mi­chèle Ber­nier, amie amou­reuse, yest ir­ré­sis­tible.

Le Parisien (Paris) - - Loisirsetspectacles - THIER­RY DAGUE

Au­diences à la peine contre salles pleines, Laurent Ru­quier vit un dé­but d’an­née com­plè­te­ment schi­zo­phré­nique. Alors que, sur France 2, son « Emis­sion pour tous » ne dé­colle pas, l’ani­ma­teur triomphe chaque soir au Théâtre An­toine, à Pa­ris, avec « Je pré­fère qu’on reste amis » , sa sixième pièce en tant qu’au­teur. Ces trois pro­chaines se­maines, il ne reste que des stra­pon­tins pour cette co­mé­die ro­man­tique qui ma­rie Mi­chèle Ber­nier et Fré­dé­ric Die­fen­thal.

Oui, on a bien dit « co­mé­die ro­man­tique » . Après la farce sa­ti­rique ( « Parce que je la vole bien » ) , la chro­nique cri­mi­nelle ( « Lan­dru » ) et la co­mé­die mu­si­cale ( « Je m’voyais dé­jà » ) , Ru­quier s’es­saie à un nou­veau genre, tout en gar­dant sa marque de fa­brique : un bon mot par ré­plique, qui dé­clenche à coup sûr les rires du pu­blic.

Tout se passe le soir où Clau­dine, alias Mi­chèle Ber­nier, a dé­ci­dé d’avouer ses sen­ti­ments amou­reux à Valentin, son confi­dent de­puis cinq ans, joué par Fré­dé­ric Die­fen­thal. Elle a tou­jours été se­crè­te­ment folle de lui, lui la voit comme sa meilleure pote. Fleu­riste, elle lui donne ren­dez- vous dans sa bou­tique — su­perbe dé­cor avec des di­zai- nes de bou­quets or­nant une im­mense vi­trine — et ne craint qu’une chose, c’est qu’il lui ré­ponde : « Je pré­fère qu’on reste amis. »

nDeux co­mé­diens drôles et justes

Comme on s’en doute, le coming out de la pé­tu­lante quin­qua se­ra le dé­clen­cheur d’une soi­rée « vé­ri­té » où cha­cun va ré­vé­ler ce qu’il cache à l’autre de­puis toutes ces an­nées. Vi­si­ble­ment ins­pi­rés, les deux co­mé­diens sont fran­che­ment drôles et très justes. Dans un rôle écrit sur me­sure, ce­lui de la fille ri­go­lote qu’on ne voit que comme une bonne co­pine, Mi­chèle Ber­nier est ir­ré­sis­tible, ca­pable de jouer au­tant en force que dans la nuance. Ca­pable de chan­ter, aus­si, puisque la pièce est ponc­tuée de chan­sons en lien avec l’ac­tion, de « Comment lui dire » à « Mo­na­mour, mon ami » .

Laurent Ru­quier a mis beau­coup de lui- même dans cette co­mé­die di­ver­tis­sante et ef­fi­cace. Cette phrase tant re­dou­tée, « Je pré­fère qu’on reste amis » , il l’a en­ten­due plus sou­vent qu’il ne l’a dite, avoue- t- il. La pièce a aus­si le mé­rite d’abor­der cer­tains thèmes plu­tôt rares au théâtre — im­pos­sibles à dé­tailler ici sans dé­voi­ler l’in­trigue. Elle ga­gne­rait pour­tant à être rac­cour­cie, surtout dans sa der­nière par­tie, et à évi­ter cer­tains jeux de mots pas très fi­nauds, même si Ru­quier en abuse moins que d’ha­bi­tude. De toute fa­çon, le pu­blic adore. De quoi l’in­ci­ter à « res­ter amis » avec l’ani­ma­teur, y com­pris sur le pe­tit écran ? « Je pré­fère qu’on reste amis » , au Théâtre An­toine, Pa­ris Xe. Du mar­di au sa­me­di, à 21 heures, le sa­me­di, à 16 heures. De 20 € à 65 €. Tél. 01.42.08.77.71.

( Prod/ Gaël Re­bel.)

Clau­dine et Valentin, in­ter­pré­tés par Mi­chèle Ber­nier et Fré­dé­ric Die­fen­thal, sont amis de­puis cinq ans. Lorsque la pre­mière dé­cide d’avouer au se­cond qu’elle est amou­reuse de lui, c’est une soi­rée de grand dé­bal­lage de secrets qui dé­marre.

( LP/ Phi­lippe La­vieille.)

Laurent Ru­quier signe ici sa sixième pièce en tant qu’au­teur.

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