Ils se ren­con­trèrent sur le Net et eurent beau­coup d’ en­fants

En amour aus­si, In­ter­net est de­ve­nu in­con­tour­nable. Les cé­li­ba­taires s’y ruent en ce jour de Saint- Va­len­tin. Souvent pour le meilleur.

Le Parisien (Paris) - - Le fait du jour - FLO­RA GE­NOUX

Dans ce conte de fées, les « tchats » par écrans in­ter­po­sés ont en­voyé val­din­guer les sé­ré­nades au pied du don­jon. D’ailleurs le prince compte bien prendre plu­sieurs châ­teaux dans sa toile et la prin­cesse n’hé­si­te­ra pas à cli­quer ailleurs, de pré­ten­dant en pré­ten­dant : il était une fois l’his­toire d’amour 2.0. Ar­ri­vés en France il y a une di­zaine d’an­nées, les sites de ren­contre car­tonnent. Un suc­cès qui doit se me­su­rer à l’aune du nombre de cé­li­ba­taires char­geant pho­to et pré­sen­ta­tion sur le Net pour la pre­mière fois au­jourd’hui. « Le jour de la SaintVa­len­tin, le nombre de nou­veaux ins­crits est mul­ti­plié par trois en­vi­ron, as­sure Lu­do­vic Hu­raux, di­ri­geant d’At­trac­tive World, site de ren­contre sé­lec­tif, les meilleurs mois de l’an­née sont jan­vier et fé­vrier, c’est pro­ba­ble­ment lié aux bonnes ré­so­lu­tions. »

Le mas­to­donte des sites de ren- contre Mee­tic comp­ta­bi­li­sait l’an der­nier 38 % d’ins­crip­tions en plus le jour de la fête des amou­reux… et es­time que la moi­tié des 18 mil­lions de cé­li­ba­taires en France surfent sur la Toile pour ren­con­trer le com­pa­gnon d’une soirée, mais aus­si d’une vie. Long­temps ré­pu­tés pour être le ter­rain de chasse pré­fé­ré des ama­teurs d’aven­tures sans len­de­main, les sites de ren­contre sont aus­si à l’ori­gine de belles his­toires qui connaissent le même des­tin que celles nées dans la vie réelle. Avec son lot de sé­pa­ra­tions et de dé­cep­tions, mais aus­si de ma­riages et de bé­bés.

Le ta­bou est tom­bé

Car en ces temps dif­fi­ciles, il faut être en couple ! L’ordre est in­ti­mé de toutes parts, des slo­gans à la gui­mauve cui­si­nés pour la Saint- Va­len­tin aux pu­bli­ci­tés foi­son­nantes des sites de ren­contre… flai­rant le bu­si­ness de ce « mar­ché de l’amour » . « En trois ans, notre chiffre d’af­faires a été mul­ti­plié par six » , confie le fon­da­teur d’At­trac­tive World. Sur Twit­ter, plé­bis­ci­té des ados, la Saint- Va­len­tin fai­sait par­tie des su­jets les plus dis­cu­tés ces deux der­niers jours. « Même pour les plus jeunes, le couple est un rem­part, ils ont vu leurs pa­rents se sé­pa­rer et ils sou­haitent af­fron­ter la vie à deux » , ana­lyse la so­cio­logue Ca­the­rine Le­jealle ( lire ci- des­sous).

Se­lon une étude de E- dar­ling, les cé­li­ba­taires sont 63,3 % à es­ti­mer que la si­tua­tion ac­tuelle ne com­plique pas leur quête de l’amour, « mais qu’au contraire l’hu­meur gé­né­rale in­cite plus vi­ve­ment les gens à re­cher­cher » un par­te­naire. Plus ra­pides, plus nom­breuses, plus ef­fi­caces, les ren­contres en quelques clics dé­routent le ha­sard et écourtent l’at­tente. « Le ta­bou » est tom­bé, sou­lignent les sites de ren­contre contac­tés, qui ont bien com­pris la soif de réel de leurs abon­nés. La plu­part or­ga­nisent ce soir des fêtes, sans cla­vier ni sou­ris.

L’image et l’usage des sites en ligne ont évo­lué. Dé­sor­mais, les ren­contres dé­bouchent aus­si sur une vie de fa­mille.

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