L’Ita­lieà­nou­veauen­crise po­li­tique

Le­Pre­mier mi­nistre, En­ri­co Let­ta, jette l’éponge moins d’un ana­près sa no­mi­na­tion, pous­sé de­hors… par son­pro­pre­par­ti.

Le Parisien (Paris) - - Politique - ROME ( ITA­LIE) de notre cor­res­pon­dante FLO­RA ZANICHELLI

C’est un nou­veau coup de ton­nerre qui a se­coué la po­li­tique ita­lienne hier. A la suite d’une réu­nion d’ur­gence entre les di­ri­geants du Par­ti dé­mo­crate ( PD), la gauche ita­lienne au pou­voir, une mo­tion de dé­fiance a été vo­tée à l’en­contre du chef du gou­ver­ne­ment ita­lien, le dé­mo­crate En­ri­co Let­ta. En cause, sa po­li­tique ju­gée in­ef­fi­cace pour re­mettre sur les rails une Ita­lie en grave crise éco­no­mique.

Dé­si­gné par le pré­sident de la Ré­pu­blique Gior­gio Na­po­li­ta­no en avril 2013 après des élec­tions lé­gis­la­tives n’ayant pas per­mis de dé­ga­ger une nette ma­jo­ri­té par­le­men­taire, En­ri­co Let­ta avait dû com­po­ser avec un gou­ver­ne­ment de grande coa­li­tion com­pre­nant des mi­nistres is­sus du Peuple de la li­ber­té ( PdL, droite) de Sil­vio Ber­lus­co­ni. Sa pré­si­dence s’était en­suite ré­gu­liè­re­ment heur­tée aux ré­sis­tances d’autres forces po­li­tiques, comme le Mou­ve­ment 5 étoiles du po­pu­liste Beppe Grillo. Il a aus­si su­bi di­vers scan­dales im­pli­quant, no­tam­ment, des membres de son gou­ver­ne­ment.

nMat­teo Ren­zi, l’homme qui monte

La no­mi­na­tion à la tête du Par­ti dé­mo­crate, en dé­cembre, du jeune et am­bi­tieux maire de Flo­rence, Mat­teo Ren­zi, 39 ans, avait ache­vé de le fra­gi­li­ser. Fort du vote de 2 mil­lions de mi­li­tants, Mat­teo Ren­zi avait alors en­tre­pris, tout en as­su­rant Let­ta de son sou­tien, de pro­po­ser pa­ral­lè­le­ment une feuille de route pour le pays, al­lant jus­qu’à ren­con­trer Sil­vio Ber­lus­co­ni pour dis­cu­ter de la ré­forme de la loi élec­to­rale, sur­nom­mée Por­cel­lum ( « co­chon­ne­rie » ) . Confron­té à l’im­pa­tience du nou- veau se­cré­taire gé­né­ral, En­ri­co Let­ta avait aus­si échoué à ré­pondre aux exi­gences des Ita­liens, du­re­ment tou­chés par la crise. Hier, la pro­po­si­tion de Ren­zi, sou­mise aux di­ri­geants du PD pour un « chan­ge­ment de gou­ver­ne­ment afin d’ou­vrir une nou­velle phase » , a été vo­tée à 136 voix contre 16 par les chefs de file du PD. Un ré­sul­tat sans ap­pel.

Au­jourd’hui à 11h30, Let­ta se ren­dra donc au siège de la pré­si­dence de la Ré­pu­blique pour re­mettre sa dé­mis­sion entre les mains du chef de l’Etat. Ce der­nier consul­te­ra en­suite les forces po­li­tiques en pré­sence afin de dé­si­gner un nou­veau Pre­mier mi­nistre. Même si beau­coup pa­rient sur la no­mi­na­tion de Mat­teo Ren­zi, nul n’ose en­core avan­cer un scé­na­rio po­li­tique pour les pro­chains jours. Le pré­sident pour­rait ren­con­trer cer­taines dif­fi­cul­tés à ac­cor­der les six forces po­li­tiques pré­sentes au Par­le­ment. Un beau dé­fi pour Mat­teo Ren­zi, qui cla­mait il y a peu vou­loir sor­tir l’Ita­lie de son ma­rasme po­li­tique.

En­ri­co Let­ta de­vrait re­mettre sa dé­mis­sion au­jourd’hui. A droite, Mat­teo Ren­zi, le chef du Par­ti dé­mo­crate, à l’ori­gine de la mo­tion de dé­fiance à l’en­contre du Pre­mier mi­nistre.

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