Ce pont aé­rien est vi­tal”

Le Parisien (Paris) - - Politique - FRÉ­DÉ­RIC GERSCHEL

De­nise Brown, du Pro­gramme

ali­men­taire mon­dial ( PAM)

Bref, la si­tua­tion est de­ve­nue plus qu’alar­mante. Au point que l’ONU, via le Pro­gramme ali­men­taire mon­dial ( PAM), son agence char­gée de la lutte contre la faim, vient de mettre en place un vé­ri­table pont aé­rien entre le port de Doua­la si­tué au Ca­me­roun et l’aé­ro­port de Ban­gui. Chaque jour un énorme Boeing 747 char­gé à ras bord de nour­ri­ture at­ter­ri­ra sur la piste de la ca­pi­tale cen­tra­fri­caine, au mi­lieu des tentes de for­tune qui pro­tègent tant bien que mal des di­zaines de mil­liers de ré­fu­giés. L’avion­car­go li­vre­ra au to­tal 1 800 t de riz et de cé­réales.

« C’est le pont aé­rien d’ur­gence le plus im­por­tant de ces der­nières an­nées, plus im­por­tant que la Sy­rie ou les Phi­lip­pines, une opé­ra­tion ex­cep­tion­nelle, dé­taille Alexis Mas­cia­rel­li, le porte- parole du PAM à Ban­gui. Il de­vrait per­mettre d’ache­mi­ner des vivres pour 150 000 per­sonnes pen­dant un mois. Ça ne ré­gle­ra pas tout, mais pour l’ins­tant nous ne pou­vons pas faire plus. »

Une des prio­ri­tés de l’opé­ra­tion fran­çaise San­ga­ris était de sé­cu­ri­ser dès les pre­miers jours le grand axe rou­tier entre le Ca­me­roun et Ban­gui pour per­mettre aux ca­mions d’ap­pro­vi­sion­ner la ca­pi­tale et à l’éco­no­mie de re­dé­mar­rer dou­ce­ment. Or, plus de deux mois après le dé­but de l’in­ter­ven­tion mi­li­taire, cette route est loin d’être pro­té­gée. Des mi­li­ciens et des ban­dits conti­nuent d’y dres­ser des bar­rages de ma­nière épi­so­dique. Du coup, les conduc­teurs de poids lourds re­doutent de tom­ber sur un check­point et d’y lais­ser leur vie. Ce week- end, 23 ca­mions du PAM char­gés de 27 t de vivres sont certes ar­ri­vés à Ban­gui, sous bonne es­corte. Mais ils étaient blo­qués à la fron­tière de­puis le… 6 jan­vier. Grâce au pont aé­rien, d’autres lo­ca­li­tés comme Bos­san­goa, Bam­ba­ri ou Ka­ga- Ban­do­ro pour­ront être des­ser­vies avant la sai­son des pluies qui dé­marre en avril.

« Avec cette spi­rale de vio­lence et l’in­ter­rup­tion des ac­ti­vi­tés éco­no­miques, la Cen­tra­frique risque de plon­ger dans une crise nu­tri­tion­nelle et ali­men­taire en­core plus grave. Ce pont aé­rien est vi­tal pour que nous puis­sions ap­por­ter de la nour­ri­ture aux per­sonnes les plus vul­né­rables par­tout où nous pou­vons nous rendre » , ré­sume De­nise Brown, di­rec­trice ré­gio­nale du PAM pour l’Afrique de l’Ouest.

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