As­su­ran­ce­chô­mage: la « pro­vo­ca­tion » duMe­def

Le­pa­tro­nat apré­sen­té hier des­pro­po­si­tions chocs de ré­for­mede l’in­dem­ni­sa­tion des­de­man­deursd’em­ploi. Des pistes fraî­che­ment ac­cueillies par la CGT, FOet la CFDT.

Le Parisien (Paris) - - Economie - CA­THE­RINE GASTÉ

L’aga­ce­ment contre le Me­def est en­core mon­té d’un cran hier. Après les dé­cla­ra­tions fra­cas­santes de Pierre Gat­taz aux Etats- Unis sur le pacte de res­pon­sa­bi­li­té ( ce der­nier avait ex­clu toute contre­par­tie de la part des en­tre­prises avant de ré­tro­pé­da­ler), la bombe a été en­voyée cette fois par les né­go­cia­teurs du pa­tro­nat lors de l’ou­ver­ture de la troi­sème séance de dis­cus­sions sur l’as­su­rance chô­mage. Contre toute at­tente, les syn­di­cats ont dé­cou­vert hier ma­tin sur la table des né­go­cia­tions un texte « ex­plo­sif » .

Au pro­gramme, un tour de vis dras­tique sur les in­dem­ni­tés des chô­meurs avec le re­tour de la mo­du­la­tion des al­lo­ca­tions « en fonc­tion de la conjonc­ture » ( aban­don­née il y a près de dix ans), la sup­pres­sion pure et simple du ré­gime des in­ter­mit­tents du spec­tacle et une re­fonte du sys­tème de co­ti­sa­tion des contrac­tuels de la fonc­tion pu­blique.

nCon­traste avec les dis­cus­sions pré­pa­ra­toires

A peine lues en diagonale, les pro­po­si­tions pa­tro­nales ont été re­çues comme au­tant de « pro­vo­ca­tions » par les syn­di­cats. La CGT a dé­chi­ré, de rage, le texte en deux de­vant les ca­mé­ras de té­lé­vi­sion. « Nous n’ac­cep­te­rons au­cun re­cul » , s’est em­por­té Eric Aubin, le né­go­cia­teur de la CGT, avant d’ap­pe­ler « les sa­la­riés, les pré­caires, les de­man­deurs d’em­ploi, les in­té­ri­maires, les in­ter­mit­tents, à se pré­pa­rer à un rap­port de force » .

FO a ac­cu­sé quant à lui le pa­tro­nat de vou­loir faire du « buzz » . La re­pré­sen­tante de la CFDT, Vé­ro­nique Des­cacq, a fer­mé la porte à toute né­go­cia­tion ne fai­sant « pas par­tie de la né­go­cia­tion » . Ni les syn­di­cats ni sur­tout le gou­ver­ne­ment ne s’at­ten­daient à une telle of­fen­sive. Avant même l’ou­ver­ture de cette séance, le Pre­mier mi­nistre Jean- Marc Ay­rault a ac­cu­sé le pa­tro­nat de jouer au « casse- cou » .

« Quel be­soin d’en­voyer ce brû­lot ? Ce sont un peu des pom­piers py­ro­manes. S’ils vou­laient flin­guer leurs idées, il ne fau­drait pas s’y prendre au­tre­ment » , tacle un conseiller de l’Ely­sée. Et ce proche de Fran­çois Hollande d’expliquer : « Qu’ils re­prennent les idées de l’ins­ti­tut de l’en­tre­prise, c’est leur droit. Ce qui ne va pas, c’est le ton, c’est du gau­chisme pa­tro­nal ! » Car, au fil des nom­breuses dis­cus­sions pré­pa­ra­toires comme lors des deux pre­mières séances de né­go­cia­tions, le pa­tro­nat s’était bien gar­dé d’an­non­cer la cou­leur, jouant plu­tôt le consen­sus. Et de lais­ser croire qu’il avait re­non­cé aux re­ven­di­ca­tions qui fâchent pour te­nir compte du contexte dif­fi­cile pour les mil­lions de chô­meurs. Comme d’en fi­nir avec les in­ter­mit­tents. Un dos­sier que plus d’un, en cou­lisses, avait sou­hai­té ne pas voir rou­vrir à l’ap­proche des mu­ni­ci­pales.

« C’était ins­crit dans le pro­gramme de cam­pagne de Pierre Gat­taz lors de son élec­tion. Il ne fait qu’ap­pli­quer ce qu’il dit » , ré­torque un proche du pa­tron des pa­trons.

( AFP/ Tho­mas Sam­son.)

Siège du Me­def, Pa­ris, le 17 jan­vier. Eric Aubin, se­cré­taire gé­né­ral de la CGT lors d’une des séances de né­go­cia­tions sur l’as­su­rance chô­mage.

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