Al­lez- vous­con­dam­ner­ce­thomme?

Té­lé­film. « In­time Convic­tion » ( Arte, 20 h 50), un­po­lar joué­parTor­re­ton, es­taus­siun­pro­cès in­ter­ac­tif­sur­leWeb.

Le Parisien (Paris) - - Loisirs et Spectacles - SYL­VAIN MERLE

Sur quelle base condam­ner, alors qu’au­cune preuve n’in­culpe ni ne dis­culpe un ac­cu­sé ? Les faits sont là, trou­blants, le fais­ceau d’in­dices converge vers lui, mais faute de preuves for­melles, seule de­meure l’in­time convic­tion… A la place du ju­ré d’as­sises, le condam­ne­riez- vous ? Trou­blante ex­pé­rience que pro­pose « In­time Convic­tion » , pro­jet in­édit de fic­tion- réa­li­té, à che­val entre té­lé­vi­sion et In­ter­net, ima­gi­né par le pro­duc­teur De­nis Pon­cet et réa­li­sé par Ré­my Bur­kel.

La fic­tion d’abord, ce soir à 20 h 50 sur Arte, avec un po­lar qui met en place tous les élé­ments. Le mé­de­cin lé­giste Paul Villers ( Phi­lippe Tor­re­ton) re­trouve son épouse Manon ( Ma­rie Bäu­mer) morte d’une balle dans la tête, un Ma­gnum près d’elle. Un sui­cide se­lon les pre­mières consta­ta­tions de la gen­dar­me­rie. En dé­cou­vrant une vi­déo tour­née la veille, dans la­quelle elle semble joyeuse, les pa­rents de Manon, qui dou­taient du sui­cide, portent plainte contre X.

Le dos­sier est rou­vert par la ca­pi­taine de po­lice Ju­dith Le­brun ( Ca­mille Ja­py) qui pointe de nom­breuses in­co­hé­rences. Le couple bat­tait de l’aile. Dé­crite comme cy­clo­thy­mique par Villers, son épouse avait un amant. Peu à peu, l’en­quê­trice se per­suade que le brillant lé­giste a tué sa femme et ma­quillé ce crime. Il est mis en exa­men sans preuve ni aveux.

Vient en­suite le pro­cès, à dé­cou­vrir sur In­ter­net* de­puis lun­di. En trente- cinq courtes vi­déos dis­til­lées du­rant trois se­maines, on as­sis­te­ra au ju­ge­ment de Paul Villers, à la dé­li­bé­ra­tion du ju­ry et au ver­dict. « Des mo­ments d’ex­trême ten­sion, se sou­vient De­nis Pon­cet. Ce n’était qu’une fic­tion, mais je me suis fait prendre au piège comme tout le monde. »

Tour­né au pa­lais de jus­tice de Tours, le pro­cès s’est te­nu dans les condi­tions du réel. Pen­dant une se­maine, six à sept heures par jour, Phi­lippe Tor­re­ton s’est as­sis sur le banc des ac­cu­sés face à de vrais ma­gis­trats, dé­fen­du par une avo­cate en exer­cice de­vant un ju­ry com­po­sé d’ano­nymes. « Le soir, je ren­trais chez moi ner­veux, pa­ni­qué, par­fois

( à dr.). ras­su­ré se­lon les témoignages » , ra­conte Tor­re­ton. Au terme de cinq jours d’au­dience, en leur âme et conscience, les neufs ju­rés sont par­ve­nus à un ver­dict. Se­ra- t- il le même que ce­lui des in­ter­nautes qui peuvent, à tout mo­ment, don­ner leur sen­ti­ment : cou­pable ou non ?

* http:/ in­ti­me­con­vic­tion. arte. tv/ fr

Après avoir re­gar­dé le po­lar de ce soir dans le­quel un lé­giste est ac­cu­sé du meurtre de sa femme, les té­lé­spec­ta­teurs pour­ront suivre son pro­cès sur le site Web d’Arte

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