Four­cade en route pour le re­cord de Killy

Biathlon. Après son suc­cès en pour­suite lun­di, le Fran­çais Mar­tin Four­cade a ré­ci­di­vé hier sur 20 km. Il pour­rait re­joindre Jean- Claude Killy, sa­cré trois fois en 1968.

Le Parisien (Paris) - - La Une - LAURA ( RUS­SIE) De notre en­voyé spé­cial DA­VID CHAR­PEN­TIER

Après un deuxième titre en biathlon, Mar­tin Four­cade peut pré­tendre à éga­ler le re­cord de mé­dailles d’or de Jean- Claude Killy.

Les su­per­la­tifs com­mencent à man­quer pour qualifier les per­for­mances de Mar­tin Four­cade. Et on se presse de feuille­ter le grand livre du sport fran­çais pour s’ar­rê­ter à la lettre K. K comme Killy. Après son deuxième titre en in­di­vi­duel hier, Mar­tin Four­cade suit les traces du plus grand skieur tri­co­lore de l’his­toire, triple cham­pion olym­pique ( des­cente, sla­lom, sla­lom géant) à Gre­noble en 1968.

Il s’im­misce dans un cercle très fer­mé, dont fait par­tie le maître du biathlon, le Nor­vé­gien Ole- Ei­nar Bjørn­da­len ( 41 ans, 12 mé­dailles aux JO). Ce­lui- ci lui a ren­du un vi­brant hom­mage : « Mar­tin est fan­tas­tique, ex­tra­or­di­naire. Il est si fort et je suis fier pour lui. Parce que c’est l’un des plus grands de l’his­toire. » « C’est un hon­neur d’être com­pa­ré à eux ( NDLR : Killy et Bjørn­da­len) dans la me­sure où je suis un vrai fan de sport et que je sais ce qu’ils re­pré­sentent, a ré­pon­du le Fran­çais. Mais moi, je skie juste pour être heu­reux avec mes co­pains et mes co­équi­piers. » Signe qu’il évo­lue dé­sor­mais dans la stra­to­sphère, se­lon les propres mots de son grand frère Si­mon ( 13e hier soir), il a re­çu d’in­nom­brables marques de sou­tien du monde spor­tif fran­çais.

Jus­qu’où ira- t- il ?

« Après le sprint ( sa­me­di, où il avait ter­mi­né 6e), j’ai re­çu des mes­sages qui m’ont ai­dé à bien re­bon­dir, des mes­sages de sou­tien de per­son­na­li­tés comme Ca­mille La­court, que je re­mer­cie ici. » Ce­pen­dant, les fé­li­ci­ta­tions dont il est le plus fier, ce sont celles en­voyées par le triple cham­pion olym­pique en kayak ( C1), To­ny Es­tan­guet. « To­ny, c’est mon spor­tif pré­fé­ré pour plu­sieurs rai­sons, pré­cise- t- il. Parce qu’il pra­ti­quait un sport un peu confidentiel comme le mien, pour ce qu’il a réus­si à faire dans sa car­rière et parce qu’en plus il est py­ré­néen comme moi. »

Où s’ar­rê­te­ra dé­sor­mais le quin­tuple cham­pion du monde, âgé seule­ment de 25 ans ? « Une fois que la ma­chine est lan­cée, constate son frère, je me fais de gros sou­cis pour la mass start ( dé­part en ligne di­manche) parce qu’il va faire su­per mal. Je n’ai pas en­vie d’être dans ses skis au 1er tour. »

Le sta­dium de Laura et ses 7 000 spec­ta­teurs com­mencent à connaître par coeur la sil­houette élan­cée et le style aé­rien du ca­det de la fra­trie. Ce pu­blic russe qui ne vi­vait hier que pour son hé­ros, Evgeniy Ga­ra­ni­chev ( 3e, mé­daille de bronze), s’est tu quand le Tri­co­lore a fran­chi la ligne d’ar­ri­vée. Mal­gré un échec au tir, pas­sible d’une pé­na­li­té d’une mi­nute, Four­cade a bou­clé son par­cours avec plus de douze se­condes d’avance sur l’Al­le­mand Les­ser, au­teur d’un sans- faute au tir. Il lui reste en­core trois courses ( le dé­part en ligne et deux re­lais) pour com­plé­ter sa col­lec­tion. « Double cham­pion olym­pique, c’est in­croyable. Mes Jeux sont dé­jà réus­sis, mais j’ai en­vie de me battre pour l’équipe, a dé­cla­ré la nou­velle icône du sport fran­çais. Je n’ai pas en­vie de ren­trer tout seul avec plein de mé­dailles et les autres qui font la gueule. »

( EPA/ Maxppp/ Ar­man­do Ba­ba­ni.)

Laura ( Rus­sie), hier. Mar­tin Four­cade est en train de de­ve­nir le tube de l’hi­ver. Il lui reste trois épreuves pour être dé­fi­ni­ti­ve­ment sa­cré roi des JO de Sot­chi.

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