« C’est les va­cances, les gens sont là pour se lâ­cher… »

Char­lotte et Ben­ja­min, ve­nus boire un verre à la Fo­lie douce de Mé­ri­bel

Le Parisien (Paris) - - Le Fait Du Jour - MÉ­RI­BEL (SA­VOIE) De nos en­voyés spé­ciaux FRÉ­DÉ­RIC MOUCHON

De gros flo­cons n’ont pas ces­sé de tom­ber de­puis la ma­ti­née et quelques grappes de clients se dé­hanchent quand même en ce ven­dre­di après-mi­di sur la ter­rasse en­nei­gée de la Fo­lie douce (FD) de Mé­ri­bel, en­traî­nés par le son sur­puis­sant de la mu­sique électronique. Lorsque le temps est au beau fixe, ce sont plu­sieurs cen­taines d’adeptes qui viennent dan­ser sur les tables et pro­fi­ter de l’es­prit « club­bing » de la « ter­rasse d’al­ti­tu- de la plus dé­jan­tée de Mé­ri­bel ». A l’heure du dé­jeu­ner, une clien­tèle in­ter­na­tio­nale de Bri­tan­niques, de Russes, de Belges s’at­tablent au res­tau­rant gas­tro­no­mique, pro­fi­tant d’un spec­tacle de ca­ba­ret dans un dé­cor co­sy et une am­biance lounge. Mais à par­tir de 15 heures, c’est au­tour du bar ex­té­rieur que tout le monde se presse.

Deux DJ aux pla­tines, une chan­teuse live, un écran géant… sous la té­lé­ca­bine de la Sau­lire, la FD at­tire chaque jour des skieurs, jeunes et moins jeunes, avides de faire la fête avant de re­des­cendre en sta­tion. S’il n’y avait pas le pay­sage al­pestre tout au­tour, on se croi­rait sur un dan­ce­floor de Saint-Tro­pez ou d’Ibiza.

« Au­jourd’hui, les gens ne viennent plus dans les sta­tions uni­que­ment pour skier mais aus­si pour s’amu­ser et nous sommes là pour leur of­frir des ani­ma­tions, de la joie et de la bonne hu­meur », clame Luc Re­ver­sade. Créa­teur des Fo­lies douces, il a dé­jà du­pli­qué le concept à 36 ans. « Quand vous avez bien fait des pistes le ma­tin, c’est fan­tas­tique de fi­nir la jour­née ici », ajoute Yann, un mo­ni­teur de ski. Sauf qu’après quelques verres, re­ga­gner la sta­tion à ski s’avère par­fois très pé­rilleux.

« C’est les va­cances et les gens sont là pour se lâ­cher mais, l’an der­nier, nous étions res­tés jus­qu’à la fer­me­ture et ce n’était pas beau à voir, té­moignent Char­lotte et Ben­ja­min. Cer­tains skieurs fai­saient du chasse-neige et beau­coup tom­baient, d’au­tant que la piste n’est pas simple. »

Alexandre, un jeune client russe dé­jà ha­bi­tué des lieux, re­con­naît « faire très at­ten­tion en des­cente » lors­qu’il re­prend ses skis après avoir bu deux ou trois verres de bière. « Quand les re­mon­tées mé­ca­niques ferment, les pis­teurs font la voi­ture ballet et contrôlent que les clients ont bien quit­té les éta­blis­se­ments de mon­tagne, ex­plique An­toine Volland, le di­rec­teur de la Fo­lie douce de Mé­ri­bel. Si l’on s’aper­çoit qu’un de nos clients n’est pas apte à re­des­cendre, nous le rac­com­pa­gnons per­son­nel­le­ment jus­qu’à la té­lé­ca­bine et nous ne le lâ­chons pas tant qu’il n’est pas ren­tré chez lui. Ce n’est ar­ri­vé que trois fois l’hi­ver der­nier. »

16 h 45. La mu­sique s’ar­rête et le bar se vide. Deux an­glaises hi­lares, af­fa­lées dans la neige, tentent de re­chaus­ser leur snow­board et s’es­claffent lors­qu’on leur de­mande si elles ont trop bu.

En équi­libre pré­caire, vi­si­ble­ment gri­sé par le vin chaud et l’al­ti­tude, Thier­ry s’ap­prête à re­prendre son surf, sous l’oeil du­bi­ta­tif de son co­pain qui, lui, est res­té sobre. « En voi­ture, le prin­cipe, c’est que ce­lui qui conduit ne boit pas, confie-t-il dans un sou­rire en­ten­du. Mais à ski, c’est cha­cun pour soi… »

Mé­ri­bel (Sa­voie), le 7 fé­vrier. La jour­née de ski n’est pas en­core ter­mi­née mais, sur la ter­rasse de la Fo­lie douce (FD), les bières des­cendent aus­si vite que les ama­teurs de glisse.

Mé­ri­bel. Casque et ano­rak verts, les pa­trouilleurs as­surent la sé­cu­ri­té des skieurs.

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