L’ar­mée fran­çaise se ren­force en Cen­tra­frique

Alors que la vio­lence règne tou­jours à Ban­gui, Pa­ris a an­non­cé hier l’en­voi de 400 sol­dats sup­plé­men­taires, ce qui por­te­ra à 2 000 le nombre de mi­li­taires fran­çais.

Le Parisien (Paris) - - Politique - AVA DJAMSHIDI

En Cen­tra­frique, les pro­messes de la France semblent dif­fi­ciles à te­nir. D’abord, concer­nant la du­rée de l’opé­ra­tion San­ga­ris, qui ne se­ra sû­re­ment pas aus­si « ra­pide » que les au­to­ri­tés avaient pu le dire au mo­ment de son dé­clen­che­ment, le 5 dé­cembre der­nier. Mais, en termes d’ef­fec­tifs aus­si, Pa­ris va re­voir sa co­pie. Il y a trois se­maines, Jean-Yves Le Drian, mi­nistre de la Dé­fense, avait as­su­ré qu’il n’était pas pré­vu « dans l’état ac­tuel des choses » d’aug­men­ter le nombre de sol­dats fran­çais dé­ployés sur place. Ce nombre se­ra pour­tant bel et bien re­vu à la hausse, à en croire le com­mu­ni­qué de l’Ely­sée dif­fu­sé hier après-mi­di dans la fou­lée du con­seil de dé­fense res­treint réuni au­tour de Fran­çois Hollande.

Em­pê­trée en plein bour­bier, la France va donc en­voyer 400 sol­dats sup­plé­men­taires, ce qui por­te­ra « tem­po­rai­re­ment à 2 000 » ses ef­fec­tifs. Dans les faits, cette dé­ci­sion d’en­voyer des ren­forts ne de­vrait pas chan­ger grand-chose.

« Ce­la ne va pas mo­di­fier le rap­port des forces sur le ter­rain, il n’y a pas de réel chan­ge­ment de volume des ef­fec­tifs », re­lève une source of­fi­cielle. Car les mi­li­taires de San­ga­ris sont dé­jà entre 1 800 à 1 900 hommes en Cen­tra­frique, no­tam­ment en rai­son du jeu des re­lèves. « De toute fa­çon, on ne peut pas mettre un type à chaque car­re­four », ajoute cette source.

Le mi­nis­tère de la Dé­fense as­sure pour sa part « s’adap­ter » aux condi­tions du ter­rain. « Nous fai­sons évo­luer notre stra­té­gie vers une mis­sion de sé­cu­ri­té ci­vile », as­sure un proche de Le Drian. De­puis que les re­belles de la Sé­lé­ka, une coa­li­tion mu­sul­mane, ont quit­té la ca­pi­tale, ce sont en ef­fet les mi­lices chré­tiennes an­ti­ba­la­kas qui mul­ti­plient les exac­tions contre des ci­vils mu­sul­mans. « Au- jourd’hui, on fait face à une cri­mi­na­li­té ex­trême qui se fonde sur des cri­tères eth­niques », sou­ligne-t-on au mi­nis­tère de la Dé­fense. En ré­ponse, cin­quante gen­darmes fran­çais se­ront en­voyés en Cen­tra­frique. Ces der­niers par­ti­ci­pe­ront en­suite à l’opé­ra­tion mi­li­taire de l’Union eu­ro­péenne, qui pour­rait se dé­ployer d’ici à la fin du mois.

n Ren­forts

de l’Union eu­ro­péenne à la fin du mois

Hier, la chef de la di­plo­ma­tie eu­ro­péenne, Ca­the­rine Ash­ton, a in­di­qué que l’Union eu­ro­péenne en­vi­sa­geait fi­na­le­ment de dé­pê­cher sur place un mil­lier de sol­dats. En at­ten­dant, s’il est peu pro­bable que les ren­forts fran­çais changent la donne, cette an­nonce té­moigne de la vo­lon­té de ré­pondre fa­vo­ra­ble­ment à la de­mande du se­cré­taire gé­né­ral de l’ONU. Lun­di, Ban Ki-moon avait ré­cla­mé à Pa­ris de dé­ployer da­van­tage de troupes pour mettre un terme aux vio­lences in­ter­com­mu­nau­taires qui se pour­suivent. Car, sur le ter­rain, la si­tua­tion semble lar­ge­ment échap­per au contrôle des forces en­ga­gées dans le pays. Hier, treize ca­davres non iden­ti­fiés ont été dé­cou­verts dans une ci­terne vide si­tuée dans un camp de Ban­gui où sont can­ton­nés des com­bat­tants is­sus de la Sé­lé­ka.

Ban­gui (Cen­tra­frique), le 9 fé­vrier. Un sol­dat fran­çais patrouille alors qu’une di­zaine de per­sonnes viennent d’être tuées dans le centre-ville se­lon des témoins.

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