La guerre entre cli­niques et hô­pi­taux re­lan­cée

Alors que les éta­blis­se­ments pri­vés me­nacent de ne pas for­mer les élèves in­fir­miers, ceux du pu­blic ri­postent.

Le Parisien (Paris) - - Economie - DA­NIEL ROSENWEG

L’en­trée « en ré­sis­tance » contre la po­li­tique du gou­ver­ne­ment an­non­cée la se­maine pas­sée par la Fé­dé­ra­tion de l’hos­pi­ta­li­sa­tion pri­vée (FHP) est en train de tour­ner à l’af­fron­te­ment pu­blic-privé. Pour pro­tes­ter contre la dé­ci­sion d’écar­ter les éta­blis­se­ments pri­vés du bé­né­fice du CICE (cré­dit d’im­pôt pour la com­pé­ti­ti­vi­té et l’em­ploi) et celle d’ins­tau­rer un ta­rif de rem­bour­se­ment dé­gres­sif des actes pour ces éta­blis­se­ments, le sec­teur privé a an­non­cé qu’il al­lait stop­per l’ac­cueil des 33 000 in­fir­miers sta­giaires à comp­ter du 1er mars, et ge­ler son plan d’em­bauche de 3 000 sa­la­riés. Pour les étu­diants, c’est l’échec au di­plôme as­su­ré, puis­qu’il est condi­tion­né par un stage. Pour au­tant, s’il re­grette la « prise d’otage » des étu­diants, l’ordre na­tio­nal des in­fir­miers dit com­prendre les « dif­fi­cul­tés de com­mu­ni­ca­tion » des éta­blis­se­ments pri­vés avec le gou­ver­ne­ment.

n Une

ré­ac­tion vio­lente à un ultimatum

De­puis cette « en­trée en ré­sis­tance » du sec­teur privé, une vé­ri­table guerre se joue. Se­lon nos in­for­ma­tions, les agences ré­gio­nales de san­té ont ain­si toutes re­çu du mi­nis­tère de la San­té des consignes pour trou­ver des so­lu­tions de stage à chaque étu­diant qui en se­rait privé. Si of­fi­ciel­le­ment il s’agit de pré­ser­ver les étu­diants d’un échec, il ne fait au­cun doute que c’est aus­si une ré­ponse à l’ultimatum lan­cé par le sec­teur privé. Un sec­teur dont 25 % des éta­blis­se­ments étaient dans le rouge en 2013.

A cô­té du mi­nis­tère, la Fé­dé­ra­tion hospitalière de France (FHF), qui re­pré­sente les 1 200 hô­pi­taux pu­blics, a ré­agi avec une vio­lence in­ha­bi­tuelle, dé­cla­rant que « comme d’ha­bi­tude » le sec­teur pu­blic al­lait « pal­lier les ca­rences du sec­teur com­mer­cial ». Une vraie pierre dans le jar­din du privé. Se fai­sant l’al­liée du mi­nis­tère, la même FHF a adres­sé jeu­di un cour­rier à l’en­semble des éta­blis­se­ments pu­blics pour les in­vi­ter à trou­ver au plus vite des places pour les sta­giaires « otages ». La FHF écrit no­tam­ment : « Dans plu­sieurs ré­gions, les consé­quences com­mencent à se faire sen­tir, puisque de nom­breux étu­diants in­fir­miers se trouvent sans ter­rain de stage. » La fé­dé­ra­tion in­vite donc les di­rec­teurs d’hô­pi­taux, CHU, CHR… « à ou­vrir au plus vite le maxi­mum de stages ».

La FHP, qui es­père faire plier le mi­nis­tère au mo­ment où des dé­ci­sions vont se prendre et « pré­fé­re­rait ne pas mettre [sa] me­nace à exé­cu­tion », conti­nue elle aus­si de faire mon­ter la pres­sion. Elle a adres­sé à ses 1 100 adhé­rents un « en­ga­ge­ment » à suivre le mot d’ordre. Hier, a-t-elle rap­por­té, 800 éta­blis­se­ments avaient dé­jà si­gné le texte.

In­ter­ro­gé, le mi­nis­tère n’a pas sou­hai­té prendre po­si­tion sur les do­léances des éta­blis­se­ments « en ré­sis­tance ».

(Photopqr/ « Le Pro­grès ».)

Le sec­teur privé hos­pi­ta­lier pro­teste contre son im­po­si­tion fis­cale et de nou­veaux ta­rifs de rem­bour­se­ment des actes de san­té.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.