« De telles opé­ra­tions ne doivent plus être fi­nan­cées »

Dé­ve­loppn70mi­nistre Pas­cal Can­fin, éco­lo­giste dé­lé­gué au ement

Le Parisien (Paris) - - Enquête - M.P. Pro­pos re­cueillis par M.P.

ans. C’est l’âge de l’AFD, éta­blis­se­ment pu­blic des­ti­né à fa­vo­ri­ser le dé­ve­lop­pe­ment des pays pauvres. n7 Mds€. Mon­tant des au­to­ri­sa­tions de fi­nan­ce­ment en 2012. n 71 antennes. Pré­sente sur quatre conti­nents, l’AFD dis­pose d’un ré­seau de 71 agences et bu­reaux de re­pré­sen­ta­tion. Elle fi­nance et ac­com­pagne des pro­jets dans plus de 90 pays. n7 sec­teurs d’in­ter­ven­tion prio­ri­taires : san­té, édu­ca­tion et for­ma­tion pro­fes­sion­nelle, agri­cul­ture et sé­cu­ri­té ali­men­taire, cli­mat et dé­ve­lop­pe­ment du­rable.

Le mi­nistre re­proche à l’an­cien gou­ver­ne­ment son manque de vi­gi­lance. Comment ré­agis­sez­vous aux cri­tiques contre l’aide fran­çaise au dé­ve­lop­pe­ment, no­tam­ment au Ca­me­roun et en Ré­pu­blique dé­mo­cra­tique du Con­go ? PAS­CAL CAN­FIN. Les in­ves­tis­se­ments réa­li­sés dans les so­cié­tés So­ca­palm au Ca­me­roun et Fe­ro­nia en Ré­pu­blique dé­mo­cra­tique du Con­go sont des dé­ci­sions prises par l’an­cien gou­ver­ne­ment. Et il est sa­lu­taire que la so­cié­té ci­vile joue tout son rôle de sui­vi. Ces pro­jets dans les­quels la France a mis de l’ar­gent pu­blic étaient contes­tables à l’époque. Ma res­pon­sa­bi­li­té po­li­tique au­jourd’hui consiste à faire en sorte que de telles opé­ra­tions ne soient plus fi­nan­cées. L’aide au dé­ve­lop­pe­ment doit ser­vir en prio­ri­té à pro­mou­voir l’agri­cul­ture fa­mi­liale, pas à fa­vo­ri­ser de l’agro­bu­si­ness d’ex­por­ta­tion qui par­ti­cipe à la dé­fo­res­ta­tion. En 2012, par exemple, nous avons re­fu­sé un pro­jet d’in­ves­tis­se­ment de 20 M$ (14,6 M€) dans un fonds d’agro­bu­si­ness lo­ca­li­sé dans un pa­ra­dis fis­cal d’Amé­rique la­tine. Quels garde-fous sont dé­sor­mais mis en place ? Nous avons re­haus­sé l’en­semble de nos cri­tères so­ciaux et en­vi­ron­ne­men­taux. Nous avons ren­for­cé le bloc de sé­cu­ri­té fi­nan­cière, des­ti­né à pas­ser au crible tous les risques — fraude, cor­rup­tion, blan­chi­ment d’ar­gent, fi­nan­ce­ment du ter­ro­risme — des fonds et des so­cié­tés dans les­quels nous in­ves­tis­sons. Cette ré­no­va­tion de notre po­li­tique a été consa­crée par l’adop­tion, lun­di, en pre­mière lec­ture, par l’As­sem­blée na­tio­nale, de la toute pre­mière loi fran­çaise sur le dé­ve­lop­pe­ment et la so­li­da­ri­té in­ter­na­tio­nale. Plu­sieurs ONG re­grettent l’ab­sence de dis­po­si­tions re­la­tives aux pa­ra­dis fis­caux… A mon ini­tia­tive, l’Agence fran­çaise de dé­ve­lop­pe­ment (AFD) s’est do­tée, en 2013, de la liste des pa­ra­dis fis­caux uti­li­sée par la Banque mon­diale et la Banque eu­ro­péenne d’in­ves­tis­se­ment. Nous res­pec­tons au­jourd’hui les meilleurs stan­dards. La loi en cours de dis­cus­sion peut être l’oc­ca­sion d’al­ler en­core plus loin. l’AFP, que [Fran­çoise Bon­fante] « re­nonce » à sa no­mi­na­tion au sein de la Com­mis­sion des sanctions de l’AMF. « Il ne s’agit pas de re­mettre en cause ses qua­li­tés », mais cette no­mi­na­tion, alors qu’UBS France est au coeur d’un vaste scan­dale d’éva­sion fis­cale pré­su­mée, « est un mau­vais si­gnal », a in­di­qué la même source en fai­sant état d’un sé­vère re­ca­drage à Ber­cy.)

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