Quatre exemples à suivre pour La­ville­nie

Ces Fran­çais ont dé­te­nu un re­cord du monde, su­prême ob­jec­tif du per­chiste ce soir à Do­netsk

Le Parisien (Paris) - - Sports - SAN­DRINE LE­FÈVRE

n Alain

Ce soir à Do­netsk (Ukraine), le per­chiste Re­naud La­ville­nie pour­rait s’at­ta­quer une fois en­core au re­cord du monde de Ser­gueï Bub­ka (6,16 m). En cas d’ex­ploit, il re­join­drait le cercle très fer­mé des Fran­çais qui ont dé­te­nu une marque mon­diale, à l’image de nos quatre témoins du jour : Alain Ber­nard, Bru­no Ma­rie-Rose, Fran­çois Pervis et Thier­ry Vi­gne­ron.

Ber­nard, na­ta­tion (re­cords du monde 50 m et 100 m nage libre en 2008)

ob­ses­sion. Je me fo­ca­li­sais sur­tout sur mon re­cord per­son­nel, à ce plai­sir que tu as d’al­ler tou­jours plus vite. Et un jour, c’est la marque mon­diale qui tombe ! Ce mo­ment est ex­tra­or­di­naire. Ça te pa­raît énorme et, en même temps, tu te dois de res­ter mo­deste. Mais, à tout ja­mais, je se­rai dans la chro­no­lo­gie du re­cord du monde du 50 m et du 100 m. C’est quelque chose d’as­sez dingue. »

n Bru­no

Ma­rie-Rose, ath­lé­tisme (re­cords du monde 200 m en salle en 1987, 4 x 100 m en 1990)

« Le seul qui sa­vait que nous pou­vions amé­lio­rer le re­cord du monde du re­lais 4 x 100 m, c’était notre en­traî­neur, Jo Maï­set­ti, mais il s’était bien gar­dé de nous le dire. Nous, nous ne pen­sions qu’à battre les An­glais ! A chaque re­cord, j’ai mis du temps pour réa­li­ser. Le soir de mon re­cord du 200 m (NDLR : à Lié­vin), nous avons dî­né dans un res­tau­rant. La ser­veuse avait vu les images à la té­lé­vi­sion et nous en par­lait des étoiles dans les yeux. Elle ne s’est même aper­çue que c’était moi qui étais en face d’elle ! Ça m’a ai­dé à re­la­ti­vi­ser les choses. Et puis, un jour, tes re­cords sont bat­tus. Il y a le dis­cours de façade, ce­lui que j’ai sû­re­ment pro­non­cé : Les re­cords sont faits pour être bat­tus. En réa­li­té, ça te fait tout drôle, car c’est une page qui se tourne. »

n Fran­çois

Pervis, cyclisme (re­cords du monde 200 m lan­cé et ki­lo­mètre en 2013)

« J’avais an­non­cé la cou­leur quelques se­maines avant, je m’étais pro­gram­mé men­ta­le­ment et je sa­vais que j’al­lais bé­né­fi­cier de condi­tions idéales. Pour le 200 m, comme c’était en cham­pion­nat, il a fal­lu le pas­sage de mes ad­ver­saires. Ton chro­no est là, tu de­viens spec­ta­teur et tu prends cher en termes d’émo­tions. Pour le re­cord du ki­lo­mètre, j’ai sur­tout pen­sé au fait qu’il te­nait de­puis douze ans. Peut-être qu’on met­tra au­tant d’an­nées pour me le prendre. En at­ten­dant, c’est moi qui suis sur les ta­blettes. »

n Thier­ry

Vi­gne­ron, ath­lé­tisme (re­cord du monde perche à 5 re­prises entre 1980 et 1984)

«A l’époque, quand tu bat­tais le re­cord de France, tu bat­tais aus­si le re­cord du monde. Ton ad­ver­saire, c’était l’un de tes co­pains d’entraînement. Tu guet­tais pour sa­voir le­quel se­rait le plus apte à prendre le re­cord, tu évi­tais de mon­trer tes fai­blesses du mo­ment… Per­son­nel­le­ment, je ne pen­sais pas au re­cord du monde mais au mien et, sur­tout, j e met­tais un point d’hon­neur à être de­vant les autres. Mais quand tu bats la marque pla­né­taire, tu ex­ploses, tu fais un peu n’im­porte quoi ! C’est un jour énorme qui concré­tise tous les ef­forts que tu as faits. »

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