La me­nace du zé­ro poin­té

Après l’échec de Pin­tu­rault en su­per-com­bi­né

Le Parisien (Paris) - - Jeux Olympiques D'hiver - RO­SA KHU­TOR DA­VID CHAR­PEN­TIER

Les jo­kers sont grillés et le ski fran­çais voit re­ve­nir pla­ner comme un vau­tour le syn­drome de Van­cou­ver. Aux der­niers JO en 2010, l’al­pin n’avait ra­me­né au­cune mé­daille. L’en­trée en lice, hier, du grand es­poir Alexis Pin­tu­rault en su­per-com­bi­né de­vait com­men­cer à gar­nir le pa­nier. C’est ra­té. Ner­veux, le co­lea­der de la dis­ci­pline en Coupe du monde a réa­li­sé une des­cente cor­recte, mais il a en­four­ché en sla­lom. Ra­geant, d’au­tant que l e po­dium était à sa por­tée. Le Suisse Vi­let­ta, nou­veau cham­pion olym­pique, avait ter­mi­né à la 11e place de la des­cente.

Pour l’ins­tant, en quatre courses (des­cente et su­per-com­bi­né), hommes et femmes confon­dus, la 16e place de Da­vid Pois­son en des­cente reste le seul fait d’arme des Fran­çais aux Jeux de Sot­chi, avec la 17e place d’Adrien Théaux, hier, en su­per-com­bi­né. Seul concur­rent à fi­nir l’épreuve par­mi les trois en­ga­gés tri­co­lores.

Les ath­lètes ne sont pas dans la psy­chose”

Fabien Sa­guez, di­rec­teur

tech­nique na­tio­nal

« On avait clai­re­ment co­ché, comme le font toutes les na­tions, quelques épreuves où on avait des chances de réus­sir. Le com­bi­né hommes était clai­re­ment une de ces épreuves, a ad­mis, hier, Mi­chel Vion, le pré­sident de la Fé­dé­ra­tion fran­çaise de ski (FFS). Mais on est pas­sés au tra­vers. »

Ner­vo­si­té, pres­sion, les ex­pli­ca­tions sont sans doute lé­gion. Mais le mot d’ordre, pour le mo­ment, c’est « re­mo­bi­li­sa­tion ». « A au­cun mo­ment, on ne pense à Van­cou­ver », as­sure Mi­chel Vion. « Les ath­lètes ne sont pas dans la psy­chose », com­plète Fabien Sa­guez, di­rec­teur tech­nique na­tio­nal.

Pas­sé le constat d’échec, cham­pions et en­traî­neurs fran­çais ne veulent pas se lais­ser abattre. Alexis Pin­tu­rault, dé­bar­ras­sé du cos­tume un peu trop grand de « sau­veur de la na­tion », est ap­pa­ru vo­lon­taire, hier, prêt à « di­gé­rer » son échec. Le skieur de Cour­che­vel laisse même en­tendre à de­mi-mot qu’il a peut-être beau­coup ap­pris de sa pre­mière dé­con­ve­nue olym­pique. « Beau­coup ar­rivent à briller parce qu’on les at­tend moins. Briller quand on est énor­mé­ment at­ten­du, c’est plus com­pli­qué. Main­te­nant, je le sais », ré­sume le Fran­çais.

Au pied du mur, le ski tri­co­lore n’a dé­sor­mais plus le choix. Il doit s’en re­mettre aux spé­cia­listes. Alexis Pin­tu­rault et Jean-Bap­tiste Grange s’at­taquent au géant, le 19 fé­vrier, et au sla­lom, le 22.

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