« On a vou­lu chan­ger beau­coup de choses, peut- être trop »

Top 14/ Ra­cing-mé­tro - Bayonne Ja­cky Lo­ren­zet­ti, pré­sident du club fran­ci­lien

Le Parisien (Paris) - - Sports - Pro­pos re­cueillis par OLI­VIER FRAN­ÇOIS

Le Ra­cing est loin d’être un roi, pour le mo­ment, mais il sait dé­jà qu’il au­ra son châ­teau. Dans trois ans tout au plus, l’Are­na 92, ma­jes­tueuse en­ceinte de 32 000 à 40 000 places (dont la pre­mière pierre a été po­sée lun­di à Nan­terre), ver­ra le jour. En at­ten­dant, mal­gré les stars qu’il a re­cru­tées, le club fran­ci­lien connaît toutes les peines du monde à briller sur les pe­louses du Top 14. Hui­tième du clas­se­ment, il n’a pas le droit à l’er­reur ce soir à Co­lombes contre Bayonne s’il veut res­ter en course pour la phase fi­nale. Une pos­si­bi­li­té en­vi­sa­gée par son pré­sident Ja­cky Lo­ren­zet­ti, qui se montre par ailleurs in­ci­sif sur les dos­siers qui agitent le rug­by fran­çais. Comment ju­gez-vous votre équipe ? JA­CKY LO­REN­ZET­TI. Elle n’est pas en­core de­bout. Elle rampe. Il y a une éclair­cie, elle sort la tête de l’eau, puis elle re­plonge. On se cherche en­core. Comment l’ex­pli­quez-vous ? Il manque de la co­hé­sion. On a vou­lu chan­ger beau­coup de choses d’un coup, peut-être trop (NDLR : ar­ri­vée des en­traî­neurs Tra­vers et La­bit, près de la moi­tié de l’ef­fec­tif re­nou­ve­lée). Avez-vous en­vi­sa­gé de ne pas par­ti­ci­per à la phase fi­nale ? Si c’est le cas, il n’y au­ra pas de ré­vo­lu­tion. Les en­traî­neurs et les joueurs res­te­ront. On a dé­jà com­pris qu’on s’est un peu pré­ci­pi­tés. Ce­la dit, nous ne sommes pas beau­coup moins bien que Tou­louse ou en­core Tou­lon. Quels sont vos rap­ports avec Alain Af­fle­lou, le pré­sident de Bayonne, avec le­quel vous vous étiez dis­pu­té à pro­pos du trans­fert du Gal­lois Mike Phillips ? La page est tour­née. On n’en parle plus. Phillips est ici, et nous sommes contents. Je res­pecte beau­coup les Bayon­nais et je les crains, car ils au­ront moins de pres­sion que nous sur ce match. Que pen­sez-vous de la po­lé­mique sur la mise au re­pos ce week-end des in­ter­na­tio­naux ti­tu­laires lors des deux der­niers matchs du Tour­noi ? La conven­tion si­gnée en dé­cembre entre la Fé­dé­ra­tion et la Ligue me choque, car ce n’était pas pré­vu au dé­part. Si j’avais été concer­né, j’au­rais été sur la même ligne que Jean-Re­né Bouscatel (pré­sident de Tou­louse) et Mou­rad Boud­jel­lal (pré­sident de Tou­lon), en lais­sant mes en­traî­neurs choi­sir. Mais, après, sur le fond, je pense qu’ils ont tort. C’est-à-dire ? Le cham­pion­nat n’est pas faus­sé par les dou­blons. Je suis pour qu’il y ait en­core plus de matchs, plus d’équipes. Je suis pour un Top 16. Et qu’on ne parle pas d’équi­té spor­tive entre les grands clubs et les autres. On a un cham­pion­nat à deux phases. Il suf­fit d’être dans les six pre­miers, et tout est re­mis à zé­ro. Si on re­garde les dix der­nières an­nées, Tou­louse a at­teint les de­mi-fi­nales dix fois ! Cler­mont, sept fois de suite sur les sept der­nières sai­sons. Et le ca­len­drier était le même, avec des dou­blons. Mais le Top 14 se trouve af­fai­bli par l’ab­sence des in­ter­na­tio­naux. Il n’a ja­mais été aus­si pas­sion­nant

avec neuf

Le Top 14 n’a ja­mais été aus­si pas­sion­nant ”

équipes pou­vant se qualifier ! Tous les matchs sont in­dé­cis. C’est for­mi­dable. Et on peut par­ler des joueurs. Ils tra­vaillent vingt heures par se­maine. On leur donne un mois de va­cances d’af­fi­lée ; Ça va, non ? Et, puis, quand on re­crute des in­ter­na­tio­naux, on sait qu’ils vont être ab­sents à ces pé­riodes-là. Vous pa­rais­sez sa­tis­fait de la si­tua­tion… Ces pro­blèmes prouvent que le rug­by est en pleine pé­riode de crois­sance, et c’est un signe de bonne san­té. Mais il y a des choses qui ne vont pas, quand même. Les clubs de­vraient être in­dem­ni­sés de l’ab­sence de leurs in­ter­na­tio­naux. Un match de Top 14 le même jour qu’une ren­contre du XV de France, ce n’est pas bien non plus pour la pro­mo­tion du rug­by. La vé­ri­table so­lu­tion, ce se­rait que l’IRB (NDLR : la Fé­dé­ra­tion in­ter­na­tio­nale) or­ga­nise toutes les com­pé­ti­tions in­ter­na­tio­nales des hé­mi­sphères Nord et Sud du­rant les quatre mois d’été et que le cham­pion­nat se dis­pute du­rant les huit autres, en conti­nu. Ce soir, 18 h 30, stade Yves-Du-Ma­noir de Co­lombes. Ar­bitre : M. Mar­chat. Ra­cing-Mé­tro : Fall - Plan­té, Cha­van­cy, Du­mou­lin, An­dreu - (o) Dam­bielle, (m) Ma­che­naud - Bat­tut, Cronje, Lau­ret - Van der Merwe, Kru­ger - Du­cal­con, Szarzewski (cap.), Bru­gnaut. En­tr. : Tra­vers et La­bit. Bayonne : Sped­ding - Vaka, Ro­ko­co­ko, Lo­vo­ba­la­vu, Fus­ter - (o) Brett, (m) Bélie - Pu­ri­cel­li, Fo­nua, Chi­sholm (cap.) - Faao­so, Bou­ta­ty - Mul­ler, Rou­mieu, Van Rens­burg. En­tr. : Lan­ta.

(Lp/o.cor­san.)

Ja­cky Lo­ren­zet­ti, le pré­sident du Ra­cing-Mé­tro.

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